Auteur : Sextylo

Je me réveille pas très frais. J’ai passé la soirée d’hier à malmener mon foie. Après ma douche, je m’habille malgré le fait qu’on soit dimanche et que je n’aie pas très envie de sortir. En sortant de la salle de bain, mon estomac se serre. Non pas à cause de l’alcool qui doit y rester mais à cause de la surprise. Il y a un homme dans mon appart. Je suis pourtant rentré seul hier soir, pas de doute là-dessus. L’intrus est dans mon salon, comme ça l’air de rien. Il se retourne tranquillement et là mon estomac se resserre encore plus : il s’agit de moi.



J’essaie de me ressaisir et m’approche de mon double. Il me montre quelque chose sur le cadre de la porte de mon salon. C’est une sorte de boîtier avec un bouton rotatif, un peu comme une minuterie. Je lui demande si c’est lui qui a monté ce truc. Il rigole un peu et me dit que non, ce n’est pas nous.



Nous comparons nos montres. La sienne avance bien de cinq minutes.



Il tourne le bouton. Quelque chose d’indescriptible se passe. C’est comme si tout d’un coup l’atmosphère se chargeait, comme avant un gros orage. Le cadre de la porte n’a pas vraiment changé et pourtant on jurerait que le salon est différent. Je m’approche des meubles pour essayer de déceler un changement subtil, mais je ne vois rien d’anormal. Tout d’un coup la porte de la salle de bain s’ouvre derrière moi. Quel con ! J’ai franchi le seuil sans même faire exprès, je suis dans le passé ! Je garde mon calme et me retourne. Je me vois en train de tirer une tronche d’ahuri.



Je lui montre le boîtier. Le bouton est revenu sur sa position de départ. Il y a douze crans, on peut donc retourner une heure dans le passé.



C’est drôle d’avoir une impression de déjà-vu qui n’est pas qu’une impression.



Cette fois c’est ma montre qui est en avance.



Je tourne le bouton tout en pensant qu’en fait, ce n’était pas moi qui l’avais tourné mais mon double du futur. De nouveau, une étrange atmosphère envahit l’appartement. Je fais un pas en arrière et regarde attentivement mon moi-passé en train de marcher vers le seuil. Il disparaît d’un coup. Le bouton revient à sa position de départ et la sensation d’un orage imminent a disparu. Je traverse précautionneusement le cadre de la porte sans quitter le présent.



Je m’assois un moment pour faire le point. Une machine à voyager dans le temps, le passé du moins, est apparue comme ça, dans mon salon. Je ne sais pas comment ni pourquoi. Peut-être que mon immeuble abritera dans plusieurs années (ou siècles) un laboratoire secret et que l’inventeur de cette machine l’a envoyé dans le passé par erreur ou pour qu’elle échappe à des personnes malintentionnées. Peut-être que cette machine est d’origine extra-terrestre et qu’elle est apparue ici par euh… c’est ça oui, elle a glissé sur un trou noir et a traversé instantanément une dimension perpendiculaire !

Arrête de te triturer le cerveau pour rien, il n’y a pas plus d’explication plausible. Ce truc est là et il permet de revenir dans le passé c’est tout ce qui compte pour le moment. Le problème c’est qu’on ne peut revenir que d’une heure, je ne pourrai donc pas revenir suffisamment loin pour empêcher ma copine de partir… À quoi elle pourrait me servir alors, à gagner aux jeux ?



Super ! Cette machine me sert à me créer un frère jumeau pendant quelques minutes. Je devrais peut-être faire une photo avec lui pour faire croire à tout le monde que, quand je fais une connerie, c’est en fait la faute de mon jumeau.



Mon double lit dans mes pensées plus facilement que dans un livre, puisqu’il n’a même pas besoin de lire. Il a eu les mêmes pensées plus tôt.



Qu’est-ce que c’est que ce sourire de pervers ? À quoi vais-je penser ? À un truc salace me connaissant. Inviter une fille et me dédoubler pour pouvoir la prendre par tous les trous ? Ou lui demander de se dédoubler elle ? Ça peut être pas mal mais vas-y pour lui expliquer ça sans la faire paniquer…

Mon moi-futur s’approche de moi, le sourire toujours scotché aux lèvres. Je commence à comprendre. Il veut tester l’homosexualité avec lui-même… C’est vrai que ce n’est pas une mauvaise idée, j’ai déjà fantasmé plusieurs fois sur des plans cul gays sans avoir le courage de passer à l’acte. Là au moins, il n’y aura pas de risque de fuite ni de transmission de maladies.


Mon double s’installe à genoux devant moi. Je défais ma ceinture et il s’occupe du reste. Mon pantalon par terre, une bosse commence à prendre forme dans mon caleçon. Il caresse doucement mon sexe à travers le tissu, puis retire le sous-vêtement. Ça y est, je me vois en train de m’auto-fellationner. Le rêve de beaucoup de mecs et sans la contorsion. Je découvre, avant de l’avoir fait, que je me débrouille très bien. J’alterne masturbation et caresse des boules. Je me lèche délicatement le gland puis viens titiller le frein. Je me mordille gentiment puis j’enfonce ma bite le plus possible au fond de ma gorge…


J’ai chaud, je relève mon t-shirt. J’en profite pour me caresser le torse et me tordre un peu les tétons, chose que je fais rarement mais que j’ai soudain très envie de faire. Mon double s’applique et accélère le rythme. Ma respiration s’accélère, je ne vais pas tarder à jouir. À l’instant où je pense ça, les mouvements de sa fellation ralentissent. Ils sont plus amples et plus appuyés. Le point de non-retour s’éloigne. Il me maintient à quelques pas du sommet de mon excitation. Je profite de cet état exquis, où plus rien d’autre n’a d’importance, puis je recommence à en vouloir plus. Mon bassin réclame une accélération qui ne se fait pas attendre. Une main me serre les boules, des doigts me pincent les tétons à me faire mal, une main me branle à toute vitesse et une bouche me suce le gland en donnant des coups de langue.

J’explose.

Je sens ma jouissance se répandre de mon ventre jusqu’au bout de ma queue qui se met à cracher un flot de sperme. Une deuxième saccade suit dans un second élan de jouissance. Au quatrième pic, je commence à reprendre conscience. Je réalise que la bouche de mon double est remplie et qu’il est en train d’avaler. J’ai l’impression d’être en coton.


Je comate un moment sur mon canapé pendant que mon double fait un tour à la salle de bain. Lorsqu’il revient, il me presse de me rhabiller car le moment sera bientôt venu pour moi de retourner dans le passé. Il me pousse presque en dehors du salon alors que je suis encore en train de me reboutonner. Pendant une seconde il me fait penser à ma mère… quelle impression bizarre. Il tourne lui-même le bouton et cette fois le changement dans le salon est évident. Je me vois, quoiqu’un peu flou, dans la même position pensive qu’au moment où mon double est arrivé.



Une appréhension enivrante s’empare de mon ventre. Aurais-je le pouvoir de modifier l’univers ou l’espace temps ? Je sens mon double qui s’impatiente. Qu’arriverait-il si je n’y allais pas ? Est-ce que l’on serait condamné à vivre ensemble ? Allait-il disparaître ? Le monde allait-il imploser ? Un léger sifflement se fait entendre. Il provient du boîtier. Nous nous regardons alors que le sifflement s’accentue. Tout à coup, le bouton revient à sa position initiale, le canapé redevient dans le désordre d’il y a trente secondes et mon double se recroqueville en hurlant. Une sueur froide parcourt mon échine, j’accours vers lui. Au moment où je le touche, il se met à rire et à se foutre de ma gueule. Il n’a même pas besoin de me regarder pour savoir que je suis blême.



Je me relève et m’approche du bouton. J’ai un peu perdu la notion du temps avec tout ça, je ne sais pas de combien je dois revenir, mais je n’ai plus du tout envie de ne pas le faire. Mon double se lève à son tour et regarde ma montre puis la sienne. C’est vrai que ça reste le meilleur moyen de revenir au bon moment. Il met la main sur l’appareil, et avant de me renvoyer dans le passé dit :



Et il m’embrasse. Ce baiser est inattendu mais agréable. Il me débarrasse un peu de la nervosité de cette sale blague. Je m’imagine dire adieu à ma fiancée d’une autre planète avant de partir dans l’espace-temps à des centaines d’années lumières. Nos langues s’effleurent, puis s’enroulent. En ouvrant à nouveau les yeux, j’ai vraiment l’impression d’avoir embrassé le miroir de la salle de bain. En moins froid et lisse.


Je retrouve mon double assis sur le canapé. Je l’appelle toujours mon double, même si fondamentalement, c’est moi le double à cet instant. Il ne m’a pas entendu arriver, il est toujours en train de penser. À quoi déjà ? Ah oui, à l’attrait financier de cet appareil.



Tout en parlant, je repense à cette discussion, lorsque nos rôles étaient inversés. Mon double savait que je pensais à cette histoire de photo tandis que lui, moi maintenant, je pense à ce qui va se passer dans quelques minutes…



Mon moi-passé prend un air un peu blasé.



Ah oui, la fameuse question de savoir si l’on peut modifier nos réponses, et donc le passé. Voyons voir, j’avais répondu un truc comme :



Et là il me demande si j’ai déjà essayé de modifier mes réponses. Voyons voir, il faut que je me rappelle exactement ma réponse avant de la dire et dire autre chose. Comme je suis en train d’essayer, la réponse est et était… oui…



J’avais répondu « oui » ou « en quelque sorte » ? C’est zarb…



J’avais dis « marrant » donc il faut que je dise un autre adjectif.



Ça a marché ? J’ai dis autre chose ? Pas sûr… finalement mon double avait peut-être déjà dit « drôle » tout à l’heure… Bon allez, arrêtons de se prendre la tête pour ça, pensons plutôt à autre chose.



Il ne va pas tarder à y penser lui aussi, et cette fois ce sera moi dans le rôle de la suceuse. Je me demande si je serai aussi doué que mon double l’a été. En tout cas, je me réjouis de goûter à ma propre bite. Je m’approche. Ça y est il pense à la même chose. Il défait sa ceinture et moi les boutons de son jean. Je le tire. Il commence à bander. Ça fait drôle de pouvoir se caresser la bite depuis un autre angle. Je connaissais déjà son odeur mais je ne l’ai jamais vu de si près…

Mmmmh ce goût de chair et de sexe. C’est à peu près comme ça que j’imaginais le goût d’une bite, la mienne en tout cas. Je ne sais pas si je prendrais autant de plaisir à sucer un autre mec mais là en tout cas, je me régale. En plus, je sais exactement ce que j’aime quand on me suce, je peux donc me donner beaucoup de plaisir facilement. Effectivement, mon double apprécie… Il commence à se peloter les tétons, c’est pourtant moi qui suis dans le rôle de la femme en ce moment. C’est excitant de l’entendre prendre son pied… Pas trop vite, faisons durer le plaisir… Ouais comme ça, retiens-toi encore un p’tit moment… Maintenant ? Ok mon gars prépare toi à décoller !


Woaw, cette éjaculation était chargée. J’avais déjà goûté mon sperme mais là c’est différent. Je sens sa pression et sa chaleur… D’habitude quand je me branle, je stope le mouvement dès que je commence à jouir, là j’arrête de le masturber seulement après son troisième spasme. Je crois qu’il apprécie… enfin… je le sais.





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n° 13533Natacha Torride21/10/09
Le colis
critères:   nonéro
6366 caractères
Auteur : Natacha Torride

* Le colis postal *


Un colis. Un destinataire. Un cadeau…



C’est un colis. Une écorce de carton qui protège un cadeau. Je le tiens serré contre mon ventre. Je l’ai préparé avec soin. La file est longue à La Poste.


C’est un colis.


Dedans, rien qui puisse intéresser un chapardeur éventuel. Des livres, mes livres. Je veux dire mes livres pour un être d’exception. Des éditions de nouvelles en compilations collectives. Trois, quatre, cinq livres.


Avant de scotcher l’ensemble et d’écrire sur le large du carton le nom et l’adresse, j’ai hésité à glisser une tablette de chocolat et des grains de café et des mots griffonnés sur du papier bleu au corps épais. Un beau bleu avec une belle encre, déliée, outremer. Mais j’ai abandonné l’intention, le mieux étant de rester sobre, d’éviter les débordements affectueux.


J’avais songé à ajouter des oranges. Le fruit est goûteux et il eût tenu la distance. J’ai renoncé. Après tout, le destinataire n’est pas prisonnier.


Encore que.


Il est dans le colis. Au cœur des pages. C’est de Lui qu’il s’agit quand j’écris.


La file n’en finit pas d’être longue. Une dame dont l’âge est consommé s’impatiente. Une voix dans mon dos répond à un téléphone qui a vibré. Une petite fille sautille et invente une marelle invisible.


Dans mes bras un colis. Pour un envoi simple. Et si ça le touche, Lui, ce sera déjà ça.


Une main. Sur mon épaule. Une voix. Celle du téléphone. C’est mon épaule qui vibre maintenant.


Un colis. Une main. Me retourner. Changer de route ? Et le colis, je l’envoie ?



* Le cadeau *



Ce n’est qu’un texte. Pourtant, ça pourrait être votre histoire…


Soudain, une inconnue vous offre des livres…



Elle avait promis. De là à penser qu’elle tiendrait parole…


Cette fille est givrée. Elle organise ma vie en mots. En fait toute une histoire. Elle distille les phrases et me caresse de sa plume, prend soin de m’effleurer dans le sens du poil.


Poil de pinceau colore ce noir qui oblige mes jours sans embellir mes nuits.


Et je me vois et je me perds et je m’accroche à cette possibilité de renaître comme se verse un peu de soleil dans l’eau froide.


J’ai reçu un colis. Dedans il y a des livres et Elle parle de moi. Des livres. Rien d’autre. Quelques nouvelles qui ont volé jusqu’à ici, la porte à côté…


Elle a écrit un roman mais elle le garde en otage. Faudra-t-il pour le lire aller le chercher ?


J’ai reçu un colis.


J’imagine une fille folle qui patiente à La Poste. J’imagine des vieux, des hommes, des femmes, des enfants joyeux. Qui patientent à La Poste. Comme ma folle est jolie, j’imagine un homme, derrière, qui l’aborde en posant sa main sur son épaule. Peu importe cet inconnu. Il ne la détournera pas, je le sais. Les volumes de ma vie sont entre mes doigts.


Moi, c’est demain que je l’attends.


C’est pour demain.


Ou après.


Se rejoindre.


À l’embouchure.


À la jointure des chemins.


Je suis devant.


Je suis l’avenir.



* Je suis dans son colis mateur *


Au clair de La Lune… Prête-moi ta plume…



Aidez-moi.


Les mots me disent, me font et me dessinent. Ils colorent. Qu’on laisse ma vie noire, j’ai choisi un cargo et sa soute et ma route. Sortez-moi des livres. Dites-lui que je n’ai pas les yeux d’un vert qu’elle pense anglais. Elle organise le printemps quand j’accepte l’automne. Dites-lui que nous n’avons plus vingt ans. Elle gribouille et je lis une vie qui étrangement ressemble à la mienne.


Elle invente mon érotisme.


Je me souviens. J’ai dit. Ne fais pas de moi une histoire érotique.


Plus tard elle a répondu qu’au final, la personne qui écrit a le pouvoir. Et la responsabilité. Depuis ma vie verbale est érotique.


Prosine, es-tu autre chose qu’une écri-mateuse qui hisse haut le mât des mots et des arpèges de mes jours et de mes nuits ?


Page cent deux du second volume, Prosine dégrafe ma chemise, dénoue la ceinture de mes jeans, l’enroule autour de son menu poignet…


Page cent trois, Prosine est nue sous sa jupe, je viens de le découvrir…


Page cent quatre…



* Une histoire en colis maçon *



C’est une histoire en colimaçon.


Concevez un escalier aux courbes harmonieuses. Pas une échelle pour gravir quatre à quatre les marches qui vous mènent à l’étage…


Mais n’ouvrez pas la porte d’une chambre sombre dans laquelle se niche le secret d’une jouissance maladroite, trop rapide, n’ouvrez pas, ne grimpez pas comme ça.


Non, lui, c’est un escalier qui tourne et vous fait tourner la tête, il fleure bon un mélange d’encaustique et de poussière. Il retient à chaque palier les parfums de Prosine et Verlaine. Une odeur d’encaustique, de poussière et de parfums mêlés.


En bas, d’anciennes fenêtres à l’isolation incertaine laissent s’immiscer des filets d’air frais. En haut, on ne sait pas. Pas encore. L’ascension autorise une lente construction. Autour du colimaçon, pour abriter Verlaine, Prosine pose les façades ouvertes sur le monde d’une belle maison. Pour abriter Verlaine. Avec des baies vitrées que le soleil chauffe.


Chaque seuil est un épisode, un volet, un sourire. Un livre…


… Nous avions interrompu notre lecture à la page cent quatre du second volume.


Rappelez-vous…


Page cent quatre, cent cinq et cent six, Prosine appuie son visage contre l’épaule de Verlaine. Elle s’enivre du musc d’une essence composée, puissante, excessive, mais elle s’en fiche, elle désire suspendre ce moment, le vivre en continu, surtout ne pas bouger, elle risquerait de l’effrayer.


Page cent quatre, cent cinq et cent six, Verlaine embrasse et caresse cette folle qui l’assomme de mots, de bavardages écrits, de babillages.


On s’habille, on se déshabille. On se déshabille ?


Il faut bien en haut d’un escalier parvenir à ses fins,

non ?


Dans le colis il y avait un livre qui racontait une scène de ce genre… Tout ça parce que Prosine s’est entichée d’un garçon qui se fait appeler Verlaine… J’vous jure…


Il glisse sa main dans l’intime du bustier noir, fait sauter les laçages sans plus de façons, aspire et suce la peau de ce cou qui a su garder sa jeunesse. Il se souviendra de la saveur sucrée. Elle gardera la trace des dents et des lèvres animales de cet homme, toujours.


Elle l’avait prévenu dans le volume précédent : si nous nous rencontrons, je ne promets pas de rester sage comme dans certains rêves éthérés de jeune fille, oh non, je ne promets pas…


Page cent sept, parce qu’il ne saurait être question d’une histoire d’attirance physique sans tendresse ni reconnaissance d’âme, leurs mains l’une dans l’autre, doigts croisés, leurs mains se tiennent fort…





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n° 13534Umberto25/10/09
Mathilde : Les vacances d'hiver
critères:   h fhh froid hsoumis fmast cunnilingu sandwich hdanus hgode -fhh -hsoumisah
24891 caractères      
Auteur : Umberto      Série : Mathilde - 02

Le manteau neigeux dissimule notre chemin. La météorologie nationale n’avait pas prédit cette invasion de la neige. Selon eux, rien ne devait tomber avant la semaine prochaine. Les températures devaient même remonter à huit degrés Celsius. Avec un tel temps, nous aurions pu rejoindre l’auberge.


Nous profitons de ces vacances de février pour visiter cette belle région du Massif Central. Cela faisait longtemps que je souhaitais faire partager à Mathilde ma passion pour cette région. Pas très habituée des ballades en pleine nature, il m’a fallu de longs mois pour la persuader. Après lui avoir bien détaillé notre itinéraire, elle fut rassurée. Devenue impatiente de partir, elle faisait partager son enthousiasme à son entourage. Lors d’une conversation avec une collègue de travail, celle-ci demanda à Mathilde si elle pouvait faire un bout du voyage avec nous. Je n’étais pas très ravi de devoir partager ma Mathilde, je voulais que ce moment soit le nôtre. Devant l’insistance de Mathilde, j’ai fini par me résigner. Peu de temps avant de partir, j’ai demandé à Mathilde de me décrire cette personne.



Mathilde me connaît suffisamment bien. Cela fait maintenant six mois que je partage sa vie. Elle sait me présenter les choses pour que j’aille dans son sens. Ma réponse fut rapidement expédiée. J’étais d’accord et jubilais à l’idée de partir avec cette jeune femme.


Maintenant, cela fait des heures que nous marchons dans la neige. Notre progression est difficile. Nos pieds s’enfoncent jusqu’à la moitié des bottes. Je ne suis pas le plus à plaindre, Mathilde et Léa peinent plus que moi. Je dois régulièrement m’arrêter pour les attendre. Leur cheminement dans cette neige se ralentit à mesure que le temps s’écoule. Si, nous ne trouvons pas rapidement de quoi nous abriter, cela va être problématique.


Tous les repères visuels ont disparu. Nous ne pouvons voir que des arbres débordant de neige. Les deux filles commencent à souffrir de la fatigue et du froid. Léa vient de s’écrouler, je me précipite pour la relever. Elle est épuisée et grelotte. Je confie son sac à dos à Mathilde pour pouvoir prendre Léa dans mes bras. J’ai présumé de mes forces, je dois la poser. En temps normal, j’aurais pu la porter sur plusieurs kilomètres, mais moi aussi je suis affaibli. D’un coup, j’ai une poussée de sueurs froides. Je viens de comprendre que le moment est critique. Sans lieu pour nous abriter, nous risquons l’hypothermie. La panique me gagne. Les filles me voient en train d’angoisser et commencent à sangloter.


Je regarde devant nous, aucun abri n’est visible. Dans un mouvement désespéré, je me retourne. Une cabane se trouve à une centaine de mètres sur notre droite. Immédiatement, je soulève Léa et demande à Mathilde de vite me suivre.


Nous entrons. C’est une cabane de chasseur, quelques trophées subsistent sur les murs. Sur la gauche, je vois une grande cheminée avec un tas de bois et des vieux journaux posés juste à côté. Une vieille armoire aux portes cassées est juste en face. Une table en bois avec ses quatre chaises trône au centre de la pièce.


J’installe Léa sur une chaise devant la cheminée. Je fais du feu. Les flammes crépitent. Une chaleur salvatrice envahit la pièce. J’aide Léa à ôter son manteau et ses bottes. Je frotte son corps vigoureusement. Ses vêtements sont totalement trempés.



Les filles sont assises sur une chaise devant la cheminée. Elles sont emmitouflées dans leur duvet. Le claquement de leurs dents témoigne encore de la quantité du froid accumulée par leur corps. Pendant qu’elles essaient de se réchauffer, je prépare le repas. Ce ne sera pas extraordinaire, mais nous n’aurons pas faim. Avant de passer à table, Mathilde souhaite faire un brin de toilette. Je vais à l’extérieur chercher de la neige fraîchement tombée. Je mets la neige dans une vieille marmite et la pose sur le feu.



Je m’installe à la table et commence à manger. J’ai préparé trois sandwichs au pâté de foie. Les bouchées se succèdent. Je ne savoure pas cet encas. Je repense à notre voyage et au concours de circonstances qui nous ont conduits ici. Une heure encore à l’extérieur nous aurait été fatidique. Je me sens responsable de Mathilde et Léa. Au final, c’est moi qui suis à l’origine de ce voyage. Donc, il m’appartient d’assurer la sécurité de ces deux personnes.


Léa fait tomber son duvet. Elle porte un mini slip blanc qui cache intégralement ses fesses. Le soutien-gorge est assorti au bas. Elle sort de son sac à dos une trousse de toilette et commence à se nettoyer au savon.



Léa sourit, et me fait signe de faire demi-tour. Je m’exécute et m’installe à côté de la porte d’entrée.



Pendant que Léa se rhabille, Mathilde se lave rapidement, s’habille, et vient nous rejoindre à la table.


La porte vient de s’ouvrir, un homme entre.



Le repas se termine rapidement. J’installe les sacs de couchage près du feu. Chacun se retourne en sous-vêtements et plonge dans son sac. Il ne faut pas cinq minutes à Léa pour s’endormir. Mathilde et moi restons à discuter. Elle me dit qu’elle a eu très peur pour Léa et que s’il lui était arrivé quelque chose, elle s’en serait voulu toute sa vie. Je l’embrasse très affectueusement. Nous nous retournons chacun de son côté, le sommeil nous envahit peu à peu.


La porte vient de s’ouvrir brusquement, un vent glacé inonde la pièce. Des silhouettes humaines franchissent le seuil de la porte. La porte se referme. La lumière est insuffisante pour que je puisse distinguer ces personnes. Quelqu’un vient près de moi, il remet plusieurs bûches dans le feu. Le feu s’intensifie, la lumière investit la pièce.


Deux hommes sont présents dans la pièce. Ils sont vêtus d’une salopette de chasseur verte. Je distingue leurs silhouettes imposantes coiffées de leur casquette. L’un est très grand avec de très larges épaules. L’autre est plus petit avec une petite bedaine. Maintenant, je peux distinguer leur visage. Le grand a la trentaine avec un visage carré. Il est dépourvu de cheveux et a une cicatrice qui lui traverse la joue droite. Le plus rond semble plus vieux. Il le visage arrondi avec une moustache grisonnante.



Le grand s’approche de moi, et vient mettre sa main sur ma bouche en la serrant très fort. Ma bouche est aplatie par sa main, je ne respire que par le nez.



Je lui fais signe par l’affirmative. Son imposante ossature m’inspire du respect. Il me fixe du regard. Les battements de mon cœur résonnent dans mes tympans. J’ai chaud. Une goutte de sueur s’écoule de mon front. Il esquisse un petit sourire narquois et me relâche.



Les deux hommes sont assis à la table. Ils discutent entre eux. Leurs voix portent loin, je peux entendre ce qu’ils disent. Ce sont des chasseurs qui sont venus sur ce domaine privé pour braconner des proies. Selon eux, la journée a été exceptionnelle. Trois cerfs et un Lynx et un Bouquetin des Alpes constituent leur butin.



Le grand vient vers moi. Il attrape mon sac et fouille à l’intérieur. Ne trouvant pas immédiatement, il retourne tout le contenu du sac. Toutes mes affaires sont éparpillées sur le sol.



Se retournant vers moi, le grand me lance :



Je m’approche de lui. Il est assis à table à côté de l’autre chasseur. À mesure que je me dirige vers lui, je sens son regard peser sur moi. Je suis à ses côtés, je le regarde encore une fois droit dans les yeux. Il a deux grands yeux d’un bleu très clair. Son regard profond me trouble. Je suis partagé entre la fascination et la crainte. Il me tend mon portefeuille, je le saisis. Il ne le lâche pas et le tire brutalement vers lui. Ne voulant pas le lâcher, je tombe en avant sur lui. Il n’essaie pas de me retenir, je me retrouve à plat ventre sur ses genoux. J’essaie de me redresser, mais c’est impossible. Ses bras s’appuient sur mon dos. Je reste immobile, en espérant qu’il me relâche rapidement. Maintenant, il me saisit avec ses deux mains, et me retourne sur le dos. J’en profite pour tenter de me mettre debout. Ses mains sont posées sur mon torse. Il me fait un signe de négation avec sa tête. Il s’approche de moi. Son visage est à dix centimètres du mien. J’essaie de lire dans son regard. Je suis confus. Je ne peux m’empêcher de le fixer, je suis hypnotisé. Il continue de s’approcher de moi. Il glisse ses mains sous moi et me pose sur la table. Je suis allongé sur le dos.


D’un coup, il attrape un de mes tétons et le vrille fortement. Une douleur intense jaillit en moi. Je ne peux m’empêcher de hurler. Il recommence une nouvelle fois, mais moins fort. Je crie une seconde fois. Il va pour recommencer, je sursaute par appréhension. Il ne le fait pas. Il s’approche et vient embrasser le même téton. Le contact de sa langue humide fait baisser la douleur. J’ai plus mal, sa succion commence à me gêner. Il continue très méthodiquement à me sucer le téton. Sa main vient stimuler l’autre téton. Avec ses deux mains, il tire dessus de plus en plus fort. Quand je vais pour crier, il s’arrête, les stimule à nouveau doucement et tire dessus à nouveau. J’ai plus en plus de mal à distinguer la douleur du plaisir. Je ne sais plus s’il tire dessus ou s’il les caresse. Par moment, sa langue vient les toucher. Je pousse des gémissements.


Mes tétons ont doublé de volume et sont écarlates. Il continue son geste, en tirant dessus encore et encore. J’ai chaud et je sens l’excitation monter en moi. Je ne peux pas contenir des petits gémissements de plaisir. Il continue toujours à s’amuser avec mes deux morceaux de chair. Je ne peux pas cacher que je suis en érection. La déformation du caleçon est telle qu’il le remarque immédiatement. Il soulève le caleçon et dit :



Je ne sais pas quoi répondre. Je suis troublé par mon excitation. Je suis partagé entre mon hétérosexualité et le plaisir qu’il me donne. Mes pensées se troublent. Dois-je lui demander de continuer ? Que faire ?


Je ferme les yeux et me laisse aller. Seul compte pour moi le plaisir, peu importe d’où qu’il vienne et par qui il est prodigué. Je me relâche totalement et je m’abandonne à lui. Sa main vient caresser mon sexe. Je réagis en gémissant plus fort. Il recommence à me téter le téton. Il le mordille violemment, tout en caressant mon membre au-dessus de mon caleçon. Les sensations sont violentes. Je me débats entre la douleur et ses caresses réconfortantes.


Je vais pour retirer mon caleçon, il m’en empêche. Il sort son couteau suisse et découpe les côtés du caleçon. Préalablement bloqué sur le côté, mon membre peut se redresser un peu. Il laisse mon sexe à moitié recouvert par ce bout de tissu devenu inutile. Il caresse tout mon torse et stimule mes volumineux tétons. Chacun de ses mouvements à pour effet de déployer un peu plus mon membre. Plus rien ne le recouvre, il se déplie verticalement dans toute sa longueur.


Mes gémissements ont réveillé Mathilde. Elle se lève et vient aux nouvelles. Les hommes la regardent s’avancer vers la table. Mathilde est en string et soutien-gorge.



Étonnés par l’attitude de Mathilde, les deux hommes rient de bon cœur et se tapent dans la main.


Le plus grand s’amuse à donner des coups de doigts sur mon gland, comme s’il voulait lancer une bille. Malgré son geste violent, je pousse des petits cris de plaisir. Puis il attrape mon membre et me masturbe très rapidement. Ma respiration s’accélère, j’ai du mal à reprendre mon souffle. Je sens que je vais jouir, quand j’entends :



Il attache ensemble les deux lacets de mes chaussures. Il saisit mes deux bourses et les entoure. Après deux tours, il remonte vers la base de mon membre. Il recommence en serrant bien à la racine de mon membre. Le bout de lacet qui dépasse est glissé sous les deux testicules. Il tire fort, ce qui pour effet de serrer encore plus fort. La cordelette rentre tellement dans la peau qu’immédiatement mon membre grossit en largeur. Il n’a jamais été aussi important.



Le grand recommence à me masturber. Doucement, puis violemment, il s’amuse avec mon sexe. Par moment, je sens que je jouis. Mais rien ne sort, ma frustration s’accroît minute par minute.



Du coin de l’œil, je vois Mathilde. Elle se caresse lentement. La vision de ce spectacle semble lui convenir.



Le grand va chercher quelque chose dans sa sacoche. Je suis toujours sur le ventre, donc je vois ce qu’il sort. L’autre en voyant sa trouvaille, explose de rire. J’entends qu’il ouvre un récipient. Il l’approche de mon trou, et en vide une petite partie. Il saisit un petit gode rose et le plonge dans la boîte. Il le ressort aussitôt.



Le grand approche le gode et l’enfonce. Je ne peux sentir mes chairs s’écarter, le gode entre. La quantité du lubrifiant est si importante qu’il m’est impossible de résister. Mon petit trou l’engloutit en une seule fois. Je suis si frustré pour mon excitation que je l’ai à peine senti me pénétrer.



Je sens le gros approcher le pot et verser le miel. Je suis surpris qu’il entre immédiatement. Je dois être si ouvert ! Les deux hommes s’enthousiasment à l’idée de répandre encore plus de liquide en moi. Ils se passent mutuellement le pot. Entre les éclats de rire et leurs commentaires douteux, je me sens honteux. J’ai de nouveau le gode en moi.



J’ai énormément de mal à avancer. La déformation de mon postérieur m’impose de faire des tout petits pas sur la pointe de pieds. Plus j’avance, plus il bouge en moi. Soudain, dans un bruit de succion, il est éjecté de mon petit trou. Cette sortie inattendue a pour conséquence de libérer une grande quantité de miel. De mon petit trou jusqu’aux genoux, s’écoule le long des cuisses le miel.



Mathilde se lève et retourne à son sac à dos. Elle tend une petite culotte blanche. Cette culotte qui enveloppe toutes les fesses. Mathilde m’aide à mettre la culotte et la remonte jusqu’aux cuisses. Elle introduit le gode jusqu’au bout. Je remonte la culotte. Je dois m’arrêter, car mon membre en érection empêche de bien le mettre.



Évidemment, il n’est pas à ma taille et est même trop serré. Le sextoy est intégralement en moi. La pesanteur fait retomber un peu mon membre. Par contre, sa taille et sa couleur écarlate n’ont pas varié. Je sens les deux hommes de plus en plus excités. Le gros tourne autour de moi. Plus il joue avec mon membre, plus son excitation grandit, il s’énerve sur moi. Il attrape deux vieilles pinces à linge et les applique sur mes tétons. Je crois que je vais jouir. Mais c’est toujours impossible. Je brûle d’envie de me soulager. J’ai plus conscience de mes limites, je commence à vouloir qu’ils me soulagent de n’importe quelle manière.


Mathilde n’arrête pas de se caresser en me regardant. Les deux hommes retirent leur salopette. Ils sont nus et dirigent vers Mathilde. Ils présentent leur membre en érection à Mathilde. Elle est devant les deux membres. Elle passe de l’un à l’autre goulûment. Elle s’occupe uniquement du plus gros des deux hommes. De taille convenable, son membre est englouti sans difficulté par Mathilde. L’autre entreprend de lui lécher son minou. Malgré sa bouche pleine, elle ne peut contenir ses cris de plaisir. Il lui insère ses doigts. Les deux trous sont sollicités par les doigts.


À l’extérieur, une tempête de neige vient de se déclencher. Le froid glacial traverse les jointures de la porte et de la fenêtre. Malgré cela, il règne une chaleur étouffante dans la pièce. Des bruits de succion et déglutition sont perceptibles. Une odeur forte de transpiration témoigne des activités en cours.


Les deux hommes mettent Mathilde debout. Le plus grand vient présenter son membre à l’entrée du sexe de Mathilde. Cet homme généreusement doté pénètre un peu Mathilde. La position debout rend impossible une pénétration satisfaisante. L’autre homme vient aider le premier. Il glisse ses mains entre les jambes de Mathilde pour les écarter. Puis d’un geste rapide et déterminé, il soulève Mathilde. Elle ne repose plus sur le sol, elle est portée les jambes totalement écartées par le plus gros. Le plus grand essaie de nouveau de la pénétrer. Son membre entre en elle. Il attrape les fesses de Mathilde et la retint. L’autre se colle au petit trou et sollicite le passage. Les deux hommes la pénètrent.


Mathilde s’agrippe au cou de l’homme devant elle. Sa musculature est impressionnante. Sa peau est rugueuse au toucher. Une odeur forte et enivrante chatouille ses narines. C’est un mélange de transpiration et d’odeurs des bois. Mathilde hume ces parfums naturels à pleins poumons. Plongeant sa tête dans le cou de l’homme, Mathilde vient goûter avec sa bouche les émanations de sa peau ruisselante. Par moments, elle ouvre les yeux pour venir s’immerger dans le regard bleu profond de cet homme. Tous les sens de Mathilde sont sollicités. Elle s’abandonne totalement, et se laisse bercer par les événements.


Les deux hommes s’affairent avec ardeur. Le visage de Mathilde est déformé par le plaisir. Elle n’est plus reconnaissable, elle vocifère des mots incompréhensibles. L’homme situé dans son dos donne de violents coups, il jouit peu après, et se retire. Mathilde se retrouve seule empalée sur l’autre homme. Elle s’agrippe à lui avec ses jambes. Aidé par Mathilde, il peut amplifier plus aisément les mouvements. Il accélère la cadence, elle le sent prêt à jouir en elle. Elle contracte tous les muscles de son corps. L’homme sent le vagin se contracter, elle jouit. À son tour, l’homme jouit et envoie plusieurs longs jets dans Mathilde. Il a été plus que généreux, si bien que s’écoulent sur le sol des longs flots de sa semence.


Je suis toujours en érection. Je me débats avec mon excitation et surtout ma frustration. Le plus gros de deux hommes s’approche de moi. Il me baisse la culotte. Il me retire la cordelette. Je vais enfin pouvoir jouir et expulser ma semence. Mathilde s’approche, elle dégouline des semences des deux individus.


Nous nous embrassons très délicatement. Sa main vient caresser mon membre. Elle s’agenouille et me masturbe très lentement. Je sens monter une douce chaleur en moi. Je ne peux me contenir, je me vide sur le corps de Mathilde. Son corps est recouvert de mon sperme. Je la rejoins au sol, nous nous allongeons et nous enlaçons. Nous restons dans les bras de l’un et l’autre. Nous sommes épuisés par nos jouissances respectives, et nous nous endormons.


J’ouvre les yeux, il fait jour dehors. Les rayons du soleil traversent la petite fenêtre et sont en train de me réchauffer le visage. Mathilde s’habille tout en discutant avec Léa.



Je me réveille peu à peu. Mes idées sont confuses. Mon regard parcourt la pièce à la recherche des deux chasseurs. Je ne les vois pas.



Je me mets debout. Léa s’adresse à Mathilde ironiquement en me désignant du doigt.



Je regarde mon caleçon. Il est totalement trempé. J’ai dû jouir plusieurs fois pour qu’il soit ainsi. Je suis troublé. Écartant mon caleçon, elle vient constater l’entendue des dégâts. Elle me glisse à l’oreille :






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n° 13535couplemelangiste25/10/09
Julia...
critères:   fh ff
19454 caractères      
Auteur : Couplemelangiste      Série : Fragments amoureux d'une libertine - 05 / 09

Sur le coup de onze heures du matin, je suis montée frapper à la porte de la chambre de Julia pour voir comment elle allait. Elle m’invite à entrer. Allongée sur son lit, elle est en train de bouquiner, sa jambe blessée sur un coussin.


Je l’embrasse sur les joues et m’assois à côté d’elle, là où Daniel a dormi. L’odeur de son corps et de son after-shave sont restés dans les draps et m’imprègnent aussitôt de leurs effluves délicieux.

Je lui demande des nouvelles de sa cheville. Elle me dit qu’elle n’a pas très bien dormi à cause des élancements, mais que c’est très supportable.

Je propose de refaire son bandage. Je suis un futur toubib après tout. Elle accepte en riant.

Sa cheville encore enflée est cernée d’un vilain bleu.

Je la masse très doucement d’un onguent anti-inflammatoire à l’odeur forte d’eucalyptus qui masque presque celle de Daniel. Je fais pénétrer profondément la crème dans sa peau en petits passages lents et doux des pouces pour ne pas la faire souffrir plus que nécessaire. Mais je lui fais mal quand même, je le vois bien. Elle ne dit rien, mais ses traits sont un peu figés et je vois sa lèvre supérieure s’ourler de minuscules gouttelettes de transpiration. Je m’excuse de ce que je lui fais subir. Elle essaye de sourire vaillamment en me rassurant.



Je reviens m’asseoir en tailleur à côté d’elle et je lui tends le joint d’herbe pure que j’ai réussi à me faire refiler hier en faisant du hors-piste par deux mecs. Ils fumaient, assis dans la poudreuse jusqu’à la ceinture, le dos appuyé à leurs planches et profitant du paysage magnifique de la vallée sous leurs pieds.


Des esthètes !


Sur la promesse qu’un de ces jours je viendrais skier avec eux, ils m’avaient refilé un joint déjà roulé en m’assurant que l’altitude n’avait pas grand-chose à voir avec ces résultats.


À usage strictement thérapeutique, confiais-je à Julia d’un air sérieux. Un merveilleux antidouleur.


Elle a les yeux brillants, mais n’ose pas l’allumer et elle me trouve dix prétextes.



Elle m’a regardé faire, amusée. J’ai pris le temps de deux ou trois bouffées âcres et d’un nuage blanc de fumée parfumée avant de le lui tendre.



Elle ne s’est même pas fait prier.

Nous l’avons terminé un quart d’heure plus tard en ricanant comme des demeurées.


J’ai été ouvrir la fenêtre en grand pour aérer.

J’aperçois les traces que j’ai laissées l’autre jour dans la neige en les observant, et la forme très distincte de mon cul, là où je me suis assise pour cuver mon orgasme. Pas très discret, en fait. Mais cela ne me tracasse pas plus que ça.


Elle m’invite à la rejoindre sous la couette pendant que nous aérons la pièce qui devient glaciale en quelques secondes. Enfouie sous le duvet jusqu’au nez, je me rassasie de leur odeur à tous les deux et je sens sa hanche irradier sa chaleur contre la mienne. Nous restons là un moment sans parler.

Les exhalaisons coupables de la Marie-Jeanne ayant à peu près disparu, je referme la baie vitrée et pousse le thermostat à fond avant de retourner me réfugier à côté d’elle. Tournée vers moi, la tête appuyée sur une main, elle me regarde en souriant d’un air un peu étrange. Ses yeux étudient chaque courbe de mon visage et jusqu’au grain de ma peau… Et je ne sais pas quoi lire dans ce regard.



Les effets de l’herbe rendent ses mots hésitants, presque hachés.

Elle tend une main vers moi et dessine une caresse sur ma joue, avant de venir suivre le tracé de mes lèvres du bout des doigts.

J’ai moi aussi tout à coup cette impression de bouche sèche…

Je lui rends sincèrement son compliment, sans savoir tout à fait ce qu’elle veut me dire vraiment.


Son corps s’est approché du mien, et moi du sien. Sa bouche s’est posée sur la mienne. Mon corps s’enfièvre d’un coup à son contact. J’ai envie de l’embrasser et de sentir sa langue contre la mienne. Mais elle ne poursuit pas son avantage, laissant un long moment ses lèvres fermées contre les miennes en une petite caresse très douce. Elle me prend dans ses bras et je me laisse aller contre elle. Sa bouche trace un petit sillon humide dans mon cou



Je n’ai pas eu l’impression que c’est comme ça qu’elle voulait me l’annoncer, mais c’est sorti tout simplement… D’ailleurs, elle se sent obligée de rajouter aussitôt :



Je ne fais même pas mine d’être étonnée, ce serait une injure à son intelligence. Mais je ne dis rien non plus. D’ailleurs qu’y a-t-il à dire ? Je la serre juste un peu plus fort contre moi.



Je n’ai rien trouvé d’autre à dire que de reprendre ses propres mots puisque ce sont les mieux choisis pour la circonstance. Sa présence me trouble. Ce qu’elle me dit me trouble. La situation me trouble.



J’ai envie de lui dire qu’elle exagère un peu, d’après ce que j’ai pu en voir.



Mais là aussi, les fantasmes se sont taris, mes guêpières l’excitaient moins, mes promesses de le sucer dans la voiture ou sous la table d’un grand restaurant ne le mettaient plus dans l’état de surexcitation que nous avions connu. Bref, nous ne couchions presque plus ensemble.

Un soir qu’une de mes amies était venue dormir chez nous, et après une soirée très arrosée, j’ai rejoint Daniel dans la chambre. Il m’a baisée, à peine entrée, debout contre la porte, et refait l’amour trois fois dans la nuit. Si j’ai pris plus de plaisir cette nuit-là que le total des trois années précédentes, j’ai aussi compris que Daniel fantasmait surtout sur ma copine qui dormait dans la chambre d’ami. J’avais senti l’attraction qu’ils exerçaient l’un sur l’autre pendant tout le dîner. Je me suis sentie cruellement blessée, en recevant au fond de moi ce sexe qui bandait pour une autre, mais le plaisir qu’il me donnait était tellement rare que je me suis laissé aller comme une chienne en espérant qu’elle m’entendrait bien hurler mon plaisir. Entre deux orgasmes et alors que nous reprenions notre souffle, je lui ai demandé s’il avait envie d’aller se la taper. Il m’a répondu qu’il en avait effectivement envie, mais il voulait que moi aussi je sois là, et que je participe… Son fantasme, c’était que nous fassions l’amour tous les trois. J’ai refusé en le traitant de pervers. Cette femme ne m’attirait pas du tout. Il m’a fait l’amour plus souvent les semaines suivantes en me disant qu’il m’aimait, jusqu’au jour où en rentrant à la maison un soir, notre baiser de retrouvailles était devenu plus fougueux que d’habitude. Il avait remonté ma jupe et sorti sa queue déjà dure pour écarter mon string et me perforer la chatte d’un coup, debout dans le couloir de l’entrée. Cette invasion brutale de ma féminité m’avait fait un peu mal, mais son excitation m’avait vite gagnée, et, au bout d’un petit moment, sa queue s’était mise à aller et venir en moi plus aisément. Alors que j’étais au bord de jouir, j’ai cru respirer sur lui l’odeur particulière du parfum de ma copine.



Il l’avait revue, quelques jours après sa nuit chez nous en passant devant son bureau à l’heure du déjeuner. Il l’avait invitée au restaurant. Bien sûr, elle avait tout entendu de notre nuit passionnée et lui avait avoué qu’elle se serait bien jointe à nous. Il se l’était faite l’après-midi même, dans un hôtel à côté du resto, et entretenait depuis une liaison régulière avec elle.

Je lui ai fait une scène terrible après ça. Il m’a juré qu’il n’aimait que moi, mais que c’était plus fort que lui, il avait envie de découvrir d’autres plaisirs. Il voulait simplement que nous les partagions ensemble, mais j’avais refusé lorsqu’il me l’avait proposé. Il n’avait rien à faire de cette femme.

Quelques jours plus tard, j’ai reçu le fameux collier en paquet recommandé, mais il n’y avait aucune mention de l’expéditeur. Même s’il l’a toujours nié, je pense que c’est elle qui me le renvoyait. Il avait dû le lui offrir en cadeau de rupture et elle n’avait pas osé le garder.



Je savais exactement de quoi elle parlait. Mais je ne comprenais pas encore où elle venait en venir.



Nous y étions !


Je pouvais toujours faire l’innocente, mais il y avait fort à parier qu’elle avait déjà dû demander à Charles, si j’étais sortie ce soir-là. Et puis cette femme était sincère et je me sentais redevable de la même franchise .



Nous avons éclaté de rire toutes les deux… Visiblement elle ne m’en voulait pas.



La question était trop directe pour que l’on n’y réponde pas sincèrement.



Elle s’était mise à parler sans détour, l’herbe avait aboli toutes ses inhibitions. Ce qui l’avait profondément troublée dans le récit de Daniel me regardant dans le sauna, c’est qu’il l’avait excitée. Elle avait passé l’âge de s’émouvoir d’un simple récit érotique. Or la raison de cet énervement des sens n’était pas liée à l’écoute d’une banale situation de voyeurisme, mais surtout au fait que j’en étais l’actrice principale.

Elle m’avoua qu’en me regardant dire bonjour à Daniel pour la première fois, elle avait ressenti un choc dans le ventre. Elle avait pris cette sensation étrange pour une forme d’inquiétude lucide face à la concurrence que ma jeunesse représentait, et elle n’avait pas pu s’empêcher une pique sur mon adolescence…

En faisant l’amour avec Daniel, le lendemain, et alors qu’il lui parlait de moi, elle s’était rendu compte que ce qu’elle avait éprouvé en me voyant comme lui, la première fois, ce n’était pas que de l’inquiétude, mais une forme de violent désir…

Ce désir physique d’une femme, elle l’avait refoulé toute sa vie. D’abord par convention et ensuite parce que l’occasion ne s’était jamais vraiment présentée. Elle n’y pensait jamais plus que les lambeaux de rêves étranges aux caresses entre femmes qu’elle ramenait parfois de son sommeil. Elle se croyait hétéro pure et dure… Et elle ne comprenait pas tout à coup pourquoi ses barrières mentales s’étaient effondrées devant cette marée de désirs brutaux et inconnus.

Au-delà de ce simple désir de moi, elle s’était mise aussi à fantasmer sur le désir de me partager avec lui. Elle l’avait sucé en lui disant d’imaginer ma bouche… Quand il l’avait baisée en levrette, elle s’imaginait le regarder pilonner ma chatte… En retour, il lui avait dit d’imaginer ma langue sur son sexe en la léchant…

Le bouleversement était d’autant plus profond, que quand il s’était répandu en elle et l’avait inondée de sa semence, elle s’était aussi rendu compte que c’était bien à elle qu’il faisait l’amour, et que le fait de partager le même fantasme, les rapprochait au lieu de les éloigner…

En me faisant porter ce collier, elle lui faisait comprendre que, si quelque chose arrivait entre lui et moi, elle voulait être là, elle aussi !

L’arrivée de Daniel et de Charles arrêta net notre conversation, sans que je puisse lui dire ce que je pensais de sa confession et du rôle qu’elle m’avait fait jouer en me prêtant ce collier.


Je n’avais pas envisagé les choses sous cet angle…

En gros, je m’étais mis en tête de conquérir les membres de cette famille l’un après l’autre, à la façon des Horaces.

Avec Charles j’avais commencé par le plus faible d’entre eux.

Cela me rappelait ce jeu de cartes pour enfants : dans la famille Trent, je voudrais le père et la mère… et le fils !

Mais arrêtons-nous là un instant, pour faire le point.


J’y allais vraiment fort depuis mon arrivée ici. Je ne me reconnaissais tout simplement plus… Cela avait commencé dès notre arrivée. Je m’étais sentie dans une forme éblouissante sitôt entrée dans ce chalet que je découvrais. Je m’y étais sentie chez moi immédiatement. Aux premières minutes dans le sauna, j’avais eu l’impression que mon corps flétri de ses longs mois parisiens s’arrachait enfin d’une chrysalide grise et polluée pour demander toute mon attention et exiger des folies que je n’avais plus envie de lui refuser.

Pour aussi éclectique qu’elle soit dans ses choix, ma sexualité m’avait paru jusque-là relativement moderne, mais assez banale. J’aimais les hommes et j’appréciais aussi la douceur des caresses d’une femme dont le temps n’est pas mesuré au besoin impérieux d’une éjaculation, sans pour autant me découvrir une âme de lesbienne en puissance.

Je n’avais vécu que des histoires simples de flirts poussés, mais de flirts quand même, et strictement dans les huis clos d’un duo.

Je me découvrais soudain en manipulatrice avide de situations scabreuses. J’avais des envies d’amour à plusieurs…

Je me retrouvais aussi à tirer un trait sur le passé et à brûler les ponts derrière moi. Bruce en était la première victime… Il ne serait pas la seule.

Le constat me rendait assez triste, mais je ne lui trouvais plus de place dans mon scénario. Il avait été amoureux de l’insecte imparfait, il ne pouvait désormais plus prétendre à rien d’autre qu’à ce souvenir.

Il ne passerait pas de l’autre côté du miroir.

Je m’imaginais avec difficulté ce que Charles représentait pour moi. Il m’attirait énormément et je l’avais perçu aussitôt comme un premier amant potentiel. Cette attirance physique s’était doublée d’une complicité intellectuelle certaine.

Au fond de moi, je savais ce qui allait se passer.


Ma décision était prise dès notre premier soir dans le jacuzzi. J’avais voulu depuis, tracer les contours de ce que je souhaitais que soit notre sexualité. Une relation vraie et sans tabou où chacun peut exprimer ses fantasmes et tenter ensemble de les réaliser. Il semblait aujourd’hui en accepter presque tous les termes.

Et son éducation n’était pas encore terminée…


Mais j’avais aussi considéré Daniel pour ce premier rôle. Et lui aussi avait de sérieux arguments. Par contre, l’objectif n’était pas facile : s’il pouvait flirter avec moi comme il le faisait sans vraiment s’en cacher et extérioriser ses fantasmes devant sa femme, c’était aussi un homme pragmatique et expérimenté. Oserait-il risquer l’amitié qui l’unissait à mon père pour un vulgaire coup de queue en trop ? Le fait qu’il ait dit son envie à Julia ne voulait pas dire qu’il irait plus loin que ces fantasmes partagés dans l’intimité légitime de leur couple.

Si l’on ajoute aux inconnues de cette équation érotique le rôle que Julia voulait aussi jouer…

J’étais en pleine confusion…


Si la confession de Julia me laissait perplexe, sa franchise me plaisait. Elle appelait un chat, un chat… Et d’après ce que j’avais retenu de ses propos embarrassés, elle avait envie du mien ! Même s’il ne s’était rien passé entre nous, mis à part le baiser chaste que nous avions partagé, lèvres fermées, avec nos corps soudés l’un à l’autre.

Mais j’aurais été bien naïve de penser que les effets de l’herbe étaient seuls responsables de ses révélations… La crudité des descriptions de ses scènes d’amour avec Daniel était recherchée, étudiée. Elle ne racontait pas seulement l’histoire banale de la femme trompée à une bonne copine attentive… Elle avait dessiné des tableaux érotiques dans le dessein de me donner envie d’eux. De m’exciter !

Elle y était parfaitement arrivée !

Il ne me restait plus qu’à en envisager l’hypothèse. Mais, ce n’était pas le plus compliqué… Même si je savais m’avancer vers des rivages dangereux. Le trio avec Olga et Charles n’en avait pas été vraiment un. Je savais que si quelque chose arrivait avec eux, ce serait différent. C’était moi qui allais me retrouver dans le rôle que j’avais fait jouer à la Suédoise, sauf à tenter de tenir la barre et d’imposer moi-même les limites d’un jeu que nous ne jouerions qu’une seule fois.






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n° 13536Homme de 30 ans25/10/09
Éloge du soixante-neuf
critères:  fh couple fellation cunnilingus 69 méthode confession
7621 caractères      
Auteur : Galange

Eloge du soixante-neuf



Nous sommes dimanche soir, le 11 octobre 2009, ma compagne et moi sommes dans notre appartement. Après une agréable journée en amoureux et un bon repas, le programme télé ne nous enthousiasme guère. Tandis que ma femme se prépare à la salle de bain en prévision d’aller se coucher tôt, je me glisse dans notre chambre et l’attends patiemment pour "l’attraper" dès qu’elle passera.


Elle entre et me voit allongé en caleçon, en train de caresser ma queue à demi molle. Elle sourit, comprenant mes idées lubriques, mais fait mine de ne pas avoir envie de passer à la casserole tout de suite. Néanmoins, je me redresse et l’attire sur le lit. Je l’embrasse et la caresse, faisant de mon mieux pour l’exciter et lui passer l’envie de retourner à la salle de bain.


Ma langue cherche sa langue, mes mains parcourent son corps. Je caresse sa poitrine (quatre-vingt-dix C), mes doigts et ma bouche s’évertuent à faire se dresser ses tétons. Puis ma main droite s’aventure entre ses cuisses, mes doigts commencent à tourner sur son clito et fouiller sa fente pas encore mouillée. J’enfonce mes doigts petit à petit, cherchant le lubrifiant caché en profondeur et qui ne tarde pas à se propager. Puis je plaque ma tête entre ses cuisses, je lèche son sexe bien propre car sortant de la douche, et bien entretenu par le rasoir. J’écarte ses lèvres avec mes doigts, et ma langue tournoie sur son clito. Je connais bien ma compagne, je sais qu’il faut un petit temps pour la chauffer, mais que bientôt le plaisir montera, régulier et puissant. Si au début il fallait un peu la pousser à se laisser faire, bientôt elle ne supportera plus l’idée que je puisse enlever ma bouche avant son orgasme.


Mais voilà, ma queue est dure et j’ai très envie de sentir moi aussi sa langue et ses lèvres s’activer dessus. Elle comprend rapidement mon envie, je remonte et me décale, et lui montre l… à ma… bandée. Couché dans le bon sens, j’attends qu’elle passe dans le sens inverse et enjambe mon visage.


Il est drôle, comme au début de leur sexualité, les femmes rechignent à pratiquer le soixante-neuf. "Non, je n’aime pas car je ne peux pas me concentrer sur ton plaisir et le mien". "Non, je ne suis pas à l’aise avec cette position et ce que tu vois ".


Mais en les poussant en peu et en leur apprenant ce plaisir, rapidement elles adorent ça. Le secret à mon avis est de se concentrer avant tout sur le plaisir de l’autre, de continuer les gestes coûte que coûte. Puis, naturellement mais sûrement, chacun a du plaisir et l’orgasme peut même être très puissant.


Ma femme a des formes généreuses. Elle est belle (beau visage et beaux seins), mais son popotin n’est pas mince. Pas gros non plus, mais ce n’est pas ce qu’on appelle "un petit cul", et ça la complexe bien sûr, et donc ça la gênait en soixante-neuf au début. Elle voulait bien le faire, mais moi sur elle. Mais avec le temps elle a compris qu’avoir ses fesses sur mon visage ne me dérangeait pas au contraire, m’excitait, et elle aussi a découvert que c’est dans cette position qu’elle avait le plus de plaisir pour le soixante-neuf.


Me voilà donc avec son sexe sur ma bouche, mes mains sur ses fesses, et je sens sa bouche à elle qui s’active petit à petit sur ma queue dure. Je ne vois bien sûr pas son visage (alors que d’habitude la voir me sucer donne autant de plaisir que de sentir ses gestes), mais j’ai quand même énormément de plaisir dans cette position. Je vois le haut de sa tête qui bouge, je sens ses cheveux longs caresser mes cuisses. Et j’entends sa bouche pleine échapper des "humpff humpff", mélange de plaisir du cunni que je lui prodigue et de l’effort de son suçage.


Comme préconisé plus haut, plutôt que de me prélasser dans le plaisir de sa pipe, je m’active sur sa chatte pour bien la faire jouir (et du même coup sentir ses réactions via son corps et sa bouche et via ses gémissements la bouche pleine). J’écarte bien sa chatte et tourne ma langue sur son clito avec une régularité d’horloger. J’ai remarqué qu’il faut être régulier. Les femmes aiment qu’on ait des gestes réguliers pendant au moins une bonne quinzaine de secondes, quitte à ensuite changer de vitesse pour une autre session d’une dizaine ou quinzaine de secondes. Je passe aussi mes doigts sur ses lèvres, enfonce quelques phalanges dans sa chatte. De temps en temps je plaque ma bouche encore davantage pour la sucer, l’aspirer encore plus fort. Ou bien j’appuie ses fesses à elle pour obtenir le même effet.


Ses fesses d’ailleurs, je les vois bien. Elles sont là, devant mon regard, et cette vue cochonne me fait bander. Je passe mon doigt dans son vagin et sans prévenir je l’enfonce assez vivement dans son trou du cul. Son corps tressaille, sa bouche échappe un "HUMPFF ! " plus fort, mélange de reproche et d’excitation. Mais elle connaît mon côté dominateur et sait que rien ne me fera enlever mon doigt de son orifice serré. Je branle son anus en continuant de bouffer sa petite chatte.


Quant à elle, sa nuque s’active et sa bouche va-et-vient sur ma… dure. "Ah la… ! " (Excusez-moi de parler ainsi, mais c’est ce type de phrases qui me vient régulièrement en tête dans ces situations.) J’ai très envie de la sentir jouir, et de lui envoyer la plus violente éjaculation possible dans la bouche en même temps. Je l’imagine les yeux fermés, les narines dilatées cherchant de l’air, les sourcils froncés par le plaisir et sa besogne (je l’ai déjà vue ainsi dans des miroirs ou dans des films faits maison, je sais donc de quoi elle a l’air pendant, même si je ne peux la voir de mes yeux).


Son orgasme approche, j’accélère donc encore et m’efforce de tenir la cadence. Ses fesses se font plus lourdes car elle plaque davantage son sexe sur ma bouche. Elle gémit, bouge un peu. Ma mâchoire fatigue par cet effort mais je veux tenir bon jusqu’à sa jouissance. Mon esprit se concentre sur ça, même si ma… continue de bien bander et d’avoir du plaisir. Mais je sais maintenant qu’elle a un peu d’avance sur moi et jouira avant.


Ça y est, elle jouit, elle se contracte et pousse des cris aigus étouffés par ma queue. "Allez, jouis… ! " Son trou du cul se contracte sur mon doigt, au rythme des pics de jouissance, ce que je trouve extrêmement excitant et drôle. Puis son plaisir s’apaise, le calme revient à peu près. Je cesse de la lécher car son sexe devient trop sensible. J’enlève doucement mon doigt de son cul (ça lui fait un peu mal) et retire ma bouche de sa chatte.


Elle reprend doucement sa respiration puis, gardant cette position, reprend sa fellation. Elle recommence à pomper et cette fois je ne me concentre que sur mon plaisir. Ses lèvres s’activent sur ma tige, sa langue titille mon gland. Sa main monte et descend, caresse me couilles et ma queue. En continuant d’observer ses fesses offertes, sa vulve rouge et son petit trou dilaté, ainsi que le haut de sa tête qui s’active avec sérieux, cherchant à faire jaillir mon sperme, je me concentre aussi dans ce but.


Le plaisir arrive enfin et je me lâche dans un râle. Sa bouche ralentit le va-et-vient, inondée par mes giclées, mais ma douce laisse ses lèvres serrées pour ne pas laisser couler, comme je lui ai appris à le faire. Je crie, gémis, puis le plaisir s’atténue, comme les mouvements de sa bouche. Elle reste un instant immobile sur ma queue, la bouche pleine de liquide, puis elle s’écarte. Je sais ce qu’elle va faire : s’ôter du lit et partir discrètement recracher ma liqueur dans le lavabo de la salle de bain. Cela ne me dérange pas, avec le temps j’ai pris le parti de m’en exciter et m’en amuser, l’important étant d’au moins jouir dans sa bouche. Mais ce sujet mériterait d’autres histoires.



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n° 13537mongil25/10/09
Retrouvailles érotiques
critères:   ff fhh grp extracon vacances voir fmast fellation cunnilingu anulingus 69 pénétratio double sandwich hdanus échange partouze
15261 caractères
Auteur : mongil

Retrouvailles érotiques



En Indonésie, où elle est en reportage, Aude, au coin d’une rue, tombe nez à nez avec Vincent et Paul. Avec eux, elle a fait un reportage en Amazonie. Elle a fait l’amour avec chacun d’eux et avec les deux ensemble. Tout les trois ont certainement gardé un souvenir très érotique de cette aventure. Ils ne se sont plus revus depuis.


  • — Mais que faites-vous ici ?
  • — Rien, nous sommes en vacances !

Ils se jettent dans les bras l’un de l’autre. Vincent se reprend :


  • — Aude, je te présente Sophie, mon épouse et voici Anne, l’épouse de Paul !

Aude n’avait pas fait attention aux deux dames qui suivaient ses amis.


  • — Euh… Enchantée ! Je savais que ces messieurs étaient mariés, mais je ne vous connaissais pas.
  • — Enchantées également, répond Sophie, une jolie et grande blonde aux yeux bleus.
  • — Moi de même, répond Anne.

Elle, est plutôt du type méditerranéen, petite, mais avec de jolies rondeurs. Et elle ajoute :


  • — Mais passez donc nous voir, vous avez certainement des choses à vous raconter. Nous avons un bungalow à l’hôtel « Résidence du Parc ».
  • — Passe tout à l’heure, à l’apéro, ajoute Paul.
  • — Volontiers. Eh bien, à plus tard.

Lorsqu’elle a quitté les deux couples, ceux-ci se rendent dans le restaurant où ils ont réservé, et une discussion s’ensuit. C’est Sophie qui attaque…


  • — Dis donc, dit-elle en s’adressant à son mari, vous avez l’air de bien vous connaître, il ne se serait pas passé quelque chose entre vous pendant votre voyage en Amazonie.
  • — Tu sais, intervient Anne, j’ai eu la même impression vis à vis de Paul. Alors messieurs, vous avez tous les deux couché avec elle ?
  • — Dites-nous tout. Après tout, nous pouvons comprendre que seuls dans la jungle avec une jolie femme comme Aude, vous ayez cédé à la tentation.
  • — Oui, ajoute Sophie, dites-nous tout, c’était un jour sur deux, chacun son tour ?

Les deux amis se regardent et se disent que mentir ne servirait à rien, surtout que leurs femmes n’ont pas l’air de leur en tenir rigueur. C’est Vincent qui se lance.


  • — Oui, j’avoue, nous avons fait l’amour avec Aude, mais jamais seul…
  • — Comment ça jamais seul, intervient Anne.
  • — Non, dit Paul, toujours à trois…
  • — Cela devient intéressant, expliquez-nous, dit Sophie, apparemment intéressée par la suite du récit.

Les deux hommes, un peu pris au jeu, racontent comment leur compagne d’aventure avait commencé par les branler ensemble. Puis comment, pendant que l’un lui faisait l’amour, elle masturbait ou faisait une fellation à l’autre et enfin comment ils l’ont prise ensemble, l’un lui pénétrant la chatte pendant que l’autre la sodomisait. À voir les regards pétillant de ces dames ainsi que les tétins qui pointent sous leurs légers corsages, la description des amours de leurs conjoints avec Aude ne les a pas laissées de bois.


******


En fin de journée, Aude se rend à l’hôtel où se trouve le bungalow loué par les deux couples. Elle y est accueillie chaleureusement par ses deux amis. Cela, elle s’y attendait, mais aussi par les deux dames. Elle s’y attendait moins ! Tout en dégustant leurs apéros, la discussion a été amenée par les deux épouses sur l’expédition des trois larrons. Chacun y allant d’une anecdote personnelle, jusqu’au moment où Sophie, qui commence à être éméchée, intervient :


  • — Vous savez, Aude, nos maris nous ont tout avoué, vous pourriez peut-être nous raconter des anecdotes plus piquantes sur les prestations de nos hommes !

Aude reste un moment interdite devant cette révélation, mais n’étant pas facilement à court de réplique, elle répond :


  • — Comme amant, je trouve qu’ils se valent, surtout à deux ! C’est dommage que nous n’ayons plus fait d’expéditions ensemble…
  • — Vous regrettez… dit Anne ?
  • — Oui, intervient Sophie, vous regrettez de ne pas avoir refait l’amour avec eux ?
  • — Bien sûr !

Anne, elle aussi éméchée, mais surtout excitée :


  • — J’ai toujours rêvé de voir un live-show, pas toi ? dit-elle à Sophie.
  • — Oui, surtout si ton mari participe.
  • — Moi, c’est le tien que je voudrais voir à l’œuvre.

Les trois intéressés sont un peu surpris par le tour que prennent les événements.


  • — Vous parlez sérieusement ? interroge Vincent.
  • — Moi, oui ! dit Anne
  • — Moi aussi ! dit Sophie. Faites comme si nous n’étions pas là…
  • — Après tout, dit Aude qui a déjà vécu des soirées chaudes avec d’autres couples, si elles le veulent vraiment…

Cela l’excite de refaire l’amour avec ses deux compagnons d’aventures devant leurs épouses !


Elle se rapproche des deux hommes et commence par embrasser Vincent sur la bouche pour ensuite embrasser tout aussi goulûment Paul. Sans se l’avouer, les deux amis sont pris au jeu. Serrer dans leur bras Aude ne les laisse pas indifférents comme en témoigne la déformation de leurs pantalons de toile, qu’elle n’hésite pas à tâter. Leurs mains ne restent pas non plus inactives et soulèvent le top de leur partenaire pour lui caresser la poitrine avant de descendre pour lui peloter les fesses sous sa jupe. Elle se retrouve bientôt nue entre leurs bras et défait à son tour leurs vêtements. Anne et Sophie sont affalées dans leur fauteuil et semblent plutôt émoustillées par le spectacle…


  • — Déshabille-les, Aude ! Que l’on voie nos maris en rut, dit Sophie. Et se tournant vers son amie, j’ai très envie de voir ton Paul en érection.
  • — Moi, c’est Vincent dont je veux voir le membre, tu m’as un jour dit qu’il était long.

Elles constatent tout en fantasmant que Paul a un gros sexe, ce qui fait rêver Sophie tandis que Vincent a un sexe plus fin, mais plus long ce qui fait rêver Anne.


Les trois comparses sont maintenant nus et si Aude masturbe simultanément deux verges bien tendues, ses compagnons lui malaxent un sein et de l’autre main, l’un ses fesses et l’autre son giron. Les deux femmes, elles, se font des commentaires sur le sexe du mari de l’autre.


  • — Ce doit être bon, dit Anne, de sentir un long membre venir buter au fond de ta matrice.
  • — Oui, avoue Sophie, mais ce doit aussi être agréable d’être remplie par une grosse queue ! On devrait faire un échange un de ces jours !
  • — Tu parles sérieusement ? Moi aussi, cela me tente !

Pendant ce temps, Aude et ses deux amants se sont allongés sur la natte qui recouvre le sol. Vincent est le premier à la pénétrer alors qu’elle continue à branler Paul. Elle jouit une première fois sous ses assauts et s’adressant à Sophie, elle lui dit :


  • — J’aime le sexe de ton mari, il me défonce tout au fond…
  • — J’aimerais être à sa place ! dit Anne à son amie.

Les partenaires changent de position. Cette fois, tout en pompant le sexe de Vincent, elle reçoit entre ses fesses l’hommage de Paul qui la sodomise. Elle jouit une nouvelle fois et, s’adressant à Anne, cette fois :


  • — J’aime aussi la grosse queue de Paul, il me remplit bien.
  • — Oh ! Oui… Je l’imagine me défonçant la moule ! dit Sophie à Anne.

Sophie et Anne ne cachent plus leur excitation. Une de leurs mains a disparu entre leurs cuisses, tandis que l’autre a découvert un sein qu’elles se caressent voluptueusement. Sophie tout en ronronnant sous ses propres caresses, prête à jouir, s’écrie :


  • — Fais-leur cracher leur jus maintenant, je veux les entendre jouir…

Paul a retourné Aude au-dessus de lui tout en restant dans son cul pour permettre à son complice de le rejoindre dans sa chatte. Vu l’excitation générale, Aude, qui voit les deux autres femmes se masturber, a un orgasme violent lorsqu’elle reçoit en elle les éjaculations presque simultanées de ses amants, l’une dans son cul, l’autre au fond de sa chatte. Leurs râles de plaisir font écho à ceux des deux épouses qui se sont fait jouir, les doigts plongés dans leur con. Un calme suit.


Les deux hommes se sont rapprochés de leurs épouses…


  • — Le show a eu l’air de vous plaire, mais vous pourriez continuer de vous dévêtir, au point où vous en êtes !

Paul dit à Vincent :


  • — Voir Sophie nue, j’en ai très envie.

Vincent lui répond :


  • — Voir Anne à poil ne me déplairait pas non plus, les rondeurs cachées de ta femme m’ont toujours excité.

Chacun continue à déshabiller sa compagne et de faire cela en présence de l’autre couple doit les émoustiller parce qu’ils se retrouvent rapidement le phallus dressé. Mais lorsqu’ils veulent profiter de la situation pour faire l’amour à leur femme, celles-ci les regardent et disent :


  • — Je crois que ce soir j’ai envie de changer de partenaire.

Ce qu’elles avaient convenu en se masturbant côte à côte. Les deux hommes se regardent et se sourient en signe d’approbation. Ils se connaissent depuis longtemps, et si chacun admirait la compagne de l’autre, ils n’auraient jamais pensé à un échange de partenaires. C’est ainsi qu’elles se retrouvent, Sophie avec le sexe de Paul entre les doigts et Anne avec celui de Vincent.


Aude qui est devenue pour l’instant spectatrice peut à loisir découvrir les corps de ses nouvelles amies. La blonde Sophie est certainement avec son corps élancé, ses longues jambes fuselées, la plus belle. Sa longue chevelure tombe sur sa poitrine qui n’est pas volumineuse, mais ferme et portée haut avec des aréoles claires. Sa toison pubienne blonde semble entretenue et « sculptée ».


La brune Anne, les cheveux coupés à la garçonne, est plus petite, mais bien proportionnée. Elle a les jambes courtes, mais bien galbées et un cul rebondi à damner un saint. Sa poitrine, plus pleine que celle de son amie, a des aréoles sombres. Sa toison pubienne est sombre et bien fournie. Nue, elle est la plus sexy des deux.


Il semble que les deux couples n’ont pas mis longtemps à apprécier les charmes du changement. Après quelques prémices où ces messieurs ont apprécié une fellation de leur amie et ces dames un cunnilingus en couple inversé, Aude assiste aux coïts de Vincent et Anne et de Paul et Sophie.


Anne :


  • — Oh ! Sophie, elle est bonne la longue queue de Vincent. Il bute au fond de ma matrice.

Sophie :


  • — Oui, Anne, moi, j’aime le gros sexe de Paul, il me remplit pleinement.

Les deux mâles apprécient aussi leur nouvelle amante et les pilonnent à fond. Vincent a pris Anne en levrette et est agrippé à ses hanches, la faisant aller et venir sur sa longue tige. Paul, lui, a relevé les jambes d’Anne sur ses épaules et ses couilles viennent à chaque avancée claquer sur ses fesses.


Lorsqu’elle entend les cris et soupirs de jouissance des quatre partenaires dont les orgasmes se succèdent, Aude se réjouit d’y être peut-être pour quelque chose.


Lorsque les corps se séparent, les femmes embrassent leur amant avant d’embrasser leur mari respectif pour les remercier de ce moment de plaisir partagé. Après quelques instants, les deux dames se sont rapprochées d’Aude.


  • — Tu sais, lui dit Sophie, je suis heureuse que tu aies dévergondé Vincent et je pense qu’Anne est de mon avis.

Elles enlacent Aude qui en profite pour les embrasser. Elles sont surprises lorsque la langue d’Aude s’insinue entre leurs lèvres, mais apprécient et partage ce baiser tout en laissant vagabonder leurs mains sur les corps enlacés. Avec Anne le baiser se prolonge.


  • — Depuis le lycée, dit cette dernière, je n’avais pas embrassé une fille, mais retrouver ce goût avec toi est très agréable.

Sophie, se rendant compte qu’il se passe quelque chose entre Anne et Aude, les laisse en tête à tête et rejoint les deux garçons qui, à voir les trois filles ensemble ont retrouvé quelques envies et leur membre se tend à nouveau…


Sophie comprend rapidement l’intérêt d’avoir deux mâles pour elle seule. Pour son plus grand bonheur, elle se retrouve, pour la première fois de sa vie, une verge dans chaque main, tandis que quatre mains parcourent son corps. Elle s’empale sur le gros sexe de Paul et s’allongeant sur lui, offre son œillet à son mari qui ne se fait pas prier pour la sodomiser.


De l’autre côté, Aude et Anne, après s’être embrassées en se caressant, se retrouvent tête-bêche pour un cunnilingus. Elles sucent le bouton d’amour et branlent la chatte et l’œillet de l’autre. Aude retrouve dans la sombre et touffue toison d’Anne le goût de sperme de son dernier amant. Se suçant le clitoris, se branlant, deux doigts dans le sexe et deux doigts dans le cul, elles jouissent ensemble dans un feulement de plaisir.


Après avoir joui, Anne dit à Aude :


  • — Quel bonheur de t’avoir rencontrée, tu es belle et tu n’as pas peur de rechercher le plaisir et d’en donner merveilleusement à tes partenaires. Je t’aime ! Viens, rejoignons les autres.

Aude prend Anne par la main et se rapproche du trio.


  • — Fais comme moi !

En disant cela, elle a commencé à caresser l’œillet de Paul. Anne, qui a compris, en fait de même avec Vincent. Puis elles introduisent un doigt, puis deux et commencent à sodomiser de leurs doigts les deux amants de Sophie. Un traitement pareil a pour résultat de les faire jouir rapidement et ils se répandent, avec des râles de bonheur, dans les puits d’amour de leur partenaire déclenchant chez elle un orgasme puissant. Lorsque ses partenaires se retirent, Aude et Anne lèchent le cul et le sexe de Sophie pour recueillir le foutre qui en déborde.


Les couples légitimes se retrouvent et s’extasient sur ce qui leur arrive.


  • — Dire que si vous n’aviez pas avoué vos turpitudes avec Aude, dit Sophie, nous n’aurions jamais envisagé de changer de partenaire.
  • — Ni même, dit Anne, de faire l’amour devant les autres. En attendant que nos hommes reprennent vigueur, et qu’à mon tour je profite de nos deux amants, je trouve que nous devrions donner encore du plaisir à notre égérie.

Tout en tenant ce propos elle s’est rapprochée d’Aude et l’embrasse à pleine bouche. Sophie qui ne connaît rien aux rapports lesbiens, mais a envie de les découvrir, embrasse le corps d’Aude et se lance à l’aventure en descendant vers le compas de ses jambes. Inspirée par ce qu’elle-même aime dans les rapports buccaux, cherche à sucer le clito d’Aude tout en la masturbant, lui lèche l’œillet comme elle aime qu’on lui fasse, cherchant à y introduire sa langue. Remontant vers le bouton sensible, elle le reprend entre ses lèvres et branle la chatte et le cul d’Aude tandis que son amie Anne l’embrasse et joue avec ses tétins. Un cri de plaisir fuse de la bouche de leur victime consentante.


Se rendant compte que la vue des trois amazones ensemble a fait se redresser les phallus des hommes qui, debout, les regardent. Anne abandonne ses amies trouvant qu’à son tour elle pourrait profiter de deux mâles ensembles. À genoux devant eux, elle suce à tour de rôle son mari et son ami, devenu son amant. Elle s’allonge et attire sur elle son mari qui la pénètre, basculant, elle le fait basculer sur le côté et dit à Vincent :


  • — Viens rejoins-le dans ma chatte, je veux vos deux queues réunies.

Il s’allonge et lentement glisse son membre le long de celui de son ami.

Pendant ce temps, Aude a attiré Sophie au-dessus de son visage et c’est mutuellement qu’elles se broutent la chatte. Pour Sophie, c’est une première et elle jouit dans un long râle inondant de sa cyprine le visage de sa partenaire. Elles sont proche du trio et, en tendant la main, Aude s’empare des couilles des deux mâles, à sa portée et les triture à tour de rôle. Sous leurs assauts conjugués, Anne jouit presque en continu et, au moment où deux giclées de foutre inondent sa caverne, elle est foudroyée par son orgasme.




Lorsque les couples légitimes retrouvent leur partenaire par un baiser, ils confirment leur accord sur ce qui c’est passé. Ils se retrouveront certainement en d’autres occasions pour vivre ensemble des échanges érotiques, même en l’absence d’Aude.



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n° 13538Lili25/10/09
Première soirée libertine
critères:   ffh fbi extraoffre inconnu grossexe grosseins piscine boitenuit exhib facial fellation fsodo échange init
15646 caractères
Auteur : Lili



Tout d’abord, je me présente rapidement : je m’appelle Lili, j’ai vingt-huit ans et je suis mariée depuis un an avec Pierre. Nous n’avons pas encore d’enfants car j’ai encore envie de profiter de la vie et que lui n’est pas encore prêt à devenir papa !


Pierre ne se doute de rien, mais je ne suis pas fidèle. En fait, j’ai commencé à le tromper au bout de trois ans de vie commune (cela fait neuf ans que nous sommes ensemble). C’est lui qui m’a dépucelée et, avant de m’engager définitivement avec lui, j’ai voulu voir comment c’était de coucher avec un autre homme, histoire d’avoir un point de comparaison.


Le souci, c’est que j’ai pris goût à ces aventures sexuelles et que maintenant j’ai déjà couché avec cinq hommes différents. D’abord des anciens copains du lycée, ensuite un ancien collègue de travail et même un inconnu rencontré sur le net, qui d’ailleurs était le meilleur coup que j’aie jamais eu !


Même si j’avoue avoir honte de rendre mon mari cocu, toutes ces histoires me permettent de relancer ma libido et de sauter sur lui beaucoup plus souvent qu’au début de notre histoire, et ce n’est pas Pierre qui s’en plaindra ! Mais voilà, depuis notre mariage je suis restée fidèle et cela me manque de plus en plus, alors j’ai bien pesé le pour et le contre, et je me suis décidée à aller faire un tour toute seule dans un club échangiste à trente kilomètres de chez moi, d’abord pour me rincer l’œil, car j’adore regarder les gens faire l’amour, et peut-être pour prendre mon pied sauvagement avec un inconnu.


Le jour J est enfin arrivé. Mon mari ne rentre pas ce week-end, il est dans le Sud, en déplacement jusqu’à mardi. J’ai consulté le site du club, les pantalons sont interdits pour les femmes et nous avons l’entrée gratuite jusqu’à minuit.


Je passe une heure dans ma salle de bains à me maquiller lourdement, faux cils et rouge à lèvres fuchsia qui feront ressortir mes yeux bleus. Je suis blonde mais j’ai décidé de porter une perruque couleur noir corbeau histoire de passer incognito. Nous sommes au mois de novembre, j’enfile donc des bas noirs qui tiennent sans portes-jarretelles et une mini-jupe qui couvre tout juste le haut de mes bas lorsque je suis debout. J’enfile quand même un minuscule string noir histoire de retenir un peu ma mouille quand je serai trop excitée.


Pour le haut, j’ai acheté spécialement un bustier de satin rouge qui s’agrafe sur le devant et qui rehausse admirablement bien mon quatre-vingt-dix B. Je n’ai pas été très gâtée par mère Nature, mais comme j’ai la taille très fine, cela contraste assez bien. Pour finir, des faux ongles rouges et mes escarpins à talons aiguilles, et me voilà plus sexy que jamais, mon mari n’en croirait pas ses yeux ! Je pose devant le miroir en essayant de m’accroupir et de me pencher afin de voir comment ma jupe remonte et je constate que je suis vraiment à la limite de l’indécence.


J’enfile un manteau long au cas où je tomberais sur un voisin en sortant, et glisse un préservatif dans mon sac à main pour le cas où. Il est maintenant vingt-trois heures trente, le parking du club est presque totalement rempli et je trouve une place assez éloignée de l’entrée, tant pis. Je presse le pas en traversant le parking qui semble désert et arrive seule devant l’entrée. Soudain, un homme arrive en courant :


  • — Mademoiselle, s’il vous plaît, cela vous dérangerait de me laisser vous accompagner juste pour l’entrée ?

Je le regarde, très surprise. Il a l’air plutôt pas mal malgré l’obscurité, grand et large d’épaules. Je lui demande alors :


  • — Pourquoi ?
  • — Les hommes seuls doivent régler une entrée plus chère, 200 € la soirée, alors que c’est moitié tarif si l’on est accompagné d’une dame. Je vous promets de vous laisser tranquille pour le reste de la soirée, c’est juste deux minutes de votre temps que je vous demande, à moins bien sûr que vous attendiez quelqu’un d’autre ?

Je réfléchis un instant, et il me regarde alors avec des yeux qui me transpercent le cœur :


  • — C’est d’accord, d’ailleurs je vous avoue que c’est la première fois que je viens et que je suis un peu intimidée.
  • — Merci beaucoup, je me ferai un plaisir de vous faire visiter les lieux en tout bien tout honneur, si vous le désirez bien sûr.

Il pousse la porte et me laisse passer devant lui, ce qui me laisse le temps de sentir son parfum et de le regarder plus attentivement, il est vraiment pas mal du tout. Il règle son entrée à l’hôtesse et nous nous débarrassons de nos manteaux, j’apprécie le fait qu’il ne me déshabille pas du regard immédiatement, car je me sens soudainement incroyablement pudique dans ma mini-jupe. La première salle est constituée d’une piste de danse assez réduite et de plusieurs bars dispersés un peu partout.


Des couples dansent langoureusement en se touchant et se frottant les uns contre les autres, mais tous semblent encore habillés. Moi qui m’attendais déjà à les voir se sauter dessus comme des bêtes, je me suis fait des idées !


Mon guide me propose de boire un verre et de s’installer sur un canapé d’angle en velours. Je le suis et nous faisons ainsi plus ample connaissance. J’apprends qu’il est célibataire, je lui réponds que moi aussi (j’ai retiré mon alliance chez moi par précaution). Il est dans l’immobilier et a bientôt 40 ans. Il s’appelle Étienne.


Nous discutons environ pendant une heure, puis il me propose d’aller faire un tour dans les autres salons. Nous descendons d’un étage et je le laisse me prendre la main pour nous faufiler parmi la foule. Je vois deux femmes qui s’embrassent avec passion alors que deux hommes les regardent. Un peu plus loin, un autre homme est allongé dans un fauteuil et se fait sucer par deux femmes en même temps.


Il y a aussi plusieurs petites pièces avec des lits, les unes ont des rideaux transparents tirés et les autres sont fermées par des portes coulissantes. Étienne m’explique qu’il est interdit d’ouvrir une porte fermée sauf si l’on y est invité, et que si l’on refuse une invitation ou bien une approche, l’autre n’a pas le droit d’insister.


Je commence à me sentir en confiance, et je pense que l’alcool m’aide à me sentir à l’aise. Je sens la main d’Étienne remonter et descendre dans mon dos dans une légère caresse. Nous nous installons dans un fauteuil et je me laisse aller contre lui. Face à nous, une femme est assise les seins nus dont chaque téton est sucé par un homme. Elle gémit très fort et écarte sans aucune pudeur les cuisses. Une femme vient s’agenouiller devant elle et lui retire son string.

Je suis comme envoûtée. La main d’Étienne remonte sur ma cuisse, il m’embrasse dans le cou, je lui facilite le passage en écartant les jambes, et il atteint enfin mon clitoris tendu à travers le string.


Je ne peux m’empêcher de regarder la femme qui jouit à répétition, un homme a remplacé la femme entre ses cuisses et la besogne violemment. Je sens l’orgasme monter en moi, et je me jette littéralement sur la braguette de mon partenaire. Je m’agenouille devant lui et avale son sexe d’un trait, je vois la surprise sur son visage, il ne s’attendait pas à me voir ainsi déchaînée ! Son sexe est énorme, aucun poil, je le pompe tellement fort qu’il m’accompagne en bougeant le bassin. Ses mains se crispent dans mes cheveux et j’en perds presque ma perruque.


Soudain, une main se glisse sous ma jupe derrière moi et je n’ose pas me retourner. Étienne a fermé les yeux et ne remarque pas la présence derrière moi.

Je continue, enhardie plus que jamais par ces gros doigts qui me fouillent le vagin, je lèche les couilles bien remplies, remonte le long de sa bite et enfourne le tout.


Étienne est au bord du supplice, et au moment où il ouvre les yeux et voit l’homme derrière moi, il crache enfin tout son foutre que je m’empresse d’avaler.


Il me relève et je m’installe à califourchon sur lui, mon sexe est trempé de mouille et je retire mon string que l’inconnu a descendu sur mes chevilles.

Bien sûr, celui-ci a disparu. Dommage, car je suis dans un tel état qu’il aurait pu me prendre sur-le-champ. Étienne m’embrasse et goûte son sperme dans ma bouche, je me frotte contre son sexe ramolli qui ne tarde pas à durcir à nouveau.

Nous décidons d’un commun accord de changer d’endroit, il se rhabille et nous traversons la salle.


Nous arrivons dans une nouvelle pièce où trône une piscine hors du sol avec des vitres, de sorte que l’on peut voir ce qui se passe sous l’eau. J’aperçois une femme assise nue au bord, les jambes dans l’eau alors qu’un homme lui lèche la chatte. Un couple fait l’amour dans l’eau, et l’on peut voir les seins énormes de la femme s’écraser contre la vitre sous les assauts de son partenaire.


Nous prenons place sur un matelas au bord de la piscine et Étienne commence immédiatement à me sucer le clitoris. Je place mes pieds sur ses épaules et me laisse envahir par sa langue. Je gémis de plus en plus fort, à tel point qu’une femme vient m’embrasser et me pince les tétons à travers mon haut. La jouissance arrive enfin et je me sens emportée dans un tourbillon de plaisirs.

Étienne se déshabille alors complètement et me pénètre d’un coup de reins, j’entoure sa taille de mes jambes puis nous roulons sur le côté, et je me retrouve sur lui.


Je fais durer le plaisir en ralentissant le rythme de mes hanches, et je vois la femme qui m’a embrassée revenir vers nous. Étienne lui fait un clin d’œil et elle prend place face à moi en remontant sa jupe au-dessus de son visage. Elle me sourit et commence elle aussi à gémir rapidement, ses mains s’activent sur mon bustier qu’elle dégrafe de haut en bas. Nous nous embrassons profondément, je malaxe ses seins lourds, tire les tétons qui sont très gros par rapport aux miens.

Je n’ai jamais touché les seins d’une femme et cela m’excite terriblement. Je les presse l’un contre l’autre et lèche le sillon du milieu. Ma partenaire crie de plus belle et excite de sa main mon clitoris. Je mouille aussi terriblement, et chaque pénétration d’Étienne s’accompagne d’un joyeux clapotis.


Ma partenaire décide d’échanger nos places et Étienne nous laisse prendre les choses en main, visiblement ravi de la tournure des évènements. Je prends ainsi le visage de mon amant entre mes cuisses dégoulinantes et l’autre femme commence d’abord par le sucer comme pour le laver de ma mouille.


Elle s’empale ensuite sur lui en me tournant le dos et en me présentant son anus.

Je caresse ses fesses et c’est alors qu’elle me demande ouvertement de lui mettre mon plus gros doigt dans le cul. Je suis tellement excitée que je m’exécute sans réfléchir, je lèche mon majeur et lui enfonce sans ménagement dans l’anus.

Nous voilà toutes les deux en train de jouir en criant, et je n’ai même pas remarqué que trois hommes nous entourent et se branlent en nous matant. L’un d’eux s’approche de moi et m’interroge du regard, j’humecte mes lèvres en signe d’approbation et il promène son gland violacé sur mon visage. Je lèche, suce, avale presque entièrement ce gros sexe qui bande pour moi, et de ma main encore libre je masse les couilles pleines et les fais rouler dans ma paume.

Le type pousse des grognements de plaisir et accélère ses mouvements du bassin, il me dit :


  • — Je viens, je viens, vas-y ma salope, avale tout mon foutre !

Je sens un premier jet chaud gicler contre mes amygdales, suivi de suite d’un second que je peine à avaler et d’un troisième qui me coule sur menton. J’adore le goût légèrement salé et l’odeur du sperme, je termine mon travail correctement en léchant la queue encore dure alors que ma collègue jouit comme une folle toujours empalée sur Étienne et avec mon doigt dans l’anus.


Un des hommes qui nous entourent s’approche à son tour et vient m’embrasser en léchant encore le sperme sur mon menton. Il me relève et j’abandonne Étienne qui a lui aussi éjaculé et qui reste allongé alors que l’autre fille le suce. Je suis l’homme qui m’emmène dans la piscine. Je suis à présent complètement nue et j’ai retiré ma perruque, mes cheveux sont attachés en queue de cheval. L’eau est chaude et je me laisse flotter à la surface sur le dos. Mon nouveau copain me suce les tétons qui ne cessent de pointer et qui sont devenus rouges à force d’être malmenés. Je m’accroche à lui et l’encercle de mes jambes, son sexe me pénètre instantanément. Il me soulève en rythme et je l’aide en m’appuyant sur ses épaules, je vois qu’il commence à fatiguer et je m’éloigne en l’entraînant par la main vers le bord.


Une femme est justement en train de se faire brouter la chatte par un homme et nous nous installons à côté d’eux. Je lui tourne le dos et me hisse sur les avant-bras, il me pénètre par l’arrière en me tenant les hanches. Mes seins frottent contre le carrelage rugueux, ce qui m’excite d’autant plus et me fait accélérer le mouvement. Je bute comme une enragée contre les couilles de mon partenaire sous l’eau, celui-ci me traite de grosse vicieuse et sort de mon vagin pour me prendre par mon petit trou. Je me laisse faire, trop occupée à me concentrer sur mon plaisir, car la femme d’à côté s’occupe à présent de mes nichons d’une main, en les malaxant.


L’orgasme tant attendu arrive enfin et je crie de plaisir alors que mon partenaire n’a toujours pas craché et continue de me limer l’anus. Il prend à son tour place sur le bord et je commence une fellation toujours debout dans l’eau. La femme à mes côtés rentre dans l’eau et m’arrache presque la queue de la bouche pour l’enfourner dans la sienne. Elle suce avec une ardeur et une frénésie digne des plus grandes actrices pornos. Je profite de ce moment de répit et me place derrière elle pour lui tripoter les seins. Sa poitrine qui doit faire au moins du quatre-vingt-quinze D déborde largement de mes petites mains. Je lui tire et pince fortement les tétons et elle gémit la bouche pleine de la bite de notre homme. Ses fesses frottent contre mon pubis et je glisse une main entre ses lèvres pour trouver son clitoris. Elle écarte immédiatement les cuisses et je glisse deux doigts dans son vagin et alors que je la fourre, je sens le jet chaud d’urine qu’elle lâche dans l’eau de la piscine. Je frotte ma main à plat sur son bouton gonflé en lui murmurant à l’oreille :


  • — Tu n’es qu’une cochonne, tu as pissé dans l’eau de la piscine comme une salope, tu mériterais que je t’encule pour te punir.

Je pince fortement son clitoris et la voilà en train de pisser à nouveau et cette fois-ci je crois qu’elle se vide totalement, en plus, cette chienne. Je donne des coups de boutoir contre son cul qu’elle ne cesse de frotter en attendant quelque chose que je ne peux lui offrir et soudain notre homme crache enfin sa semence sur le visage de cette furie. Elle se retourne face à moi et me roule une pelle afin de me faire goûter le sperme. Je l’embrasse et continue de lui enfoncer presque ma main entière dans le vagin. Ses mains griffent mon dos et elle m’enfonce sa langue dans la bouche, je lui enfonce un doigt dans l’anus en même temps. Enfin, elle jouit en gémissant dans ma bouche et en contractant tous les muscles de son corps.


Je suis épuisée. J’enfile un des peignoirs qui sont à disposition et retrouve Étienne qui s’est rhabillé et m’attend avec mes vêtements au bar. Il me regarde avec malice et me demande si j’ai pris mon pied. Je lui réponds que oui et que je souhaite à présent rentrer chez moi.


J’enfile ma jupe et mon bustier et je remarque que mon string a disparu, tant pis pour moi. Il me raccompagne aux vestiaires et nous récupérons nos manteaux. Arrivés à ma voiture, il me remet un bout de papier avec son téléphone pour le cas où je souhaiterais le revoir.


Après un baiser très tendre, je quitte les lieux dans un semi-état de somnolence, bien décidée à aller me glisser dans mon lit au plus vite pour me remémorer les évènements de cette folle soirée.




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n° 13539Mitchoum25/10/09
Ma locataire
critères:   fh hagé couleurs noculotte fellation pénétratio -hplusag
12626 caractères      
Auteur : Mitchoum

C’était il y a un mois

Le téléphone sonne, je décroche :


  • — Monsieur Blunch, c’est Charlène, votre locataire.

Ah oui, c’est vrai, j’avais un peu oublié son existence depuis que je lui avait loué l’appartement, voilà six mois. Une belle fille noire, sénégalaise avec un contrat de séjour assorti à ses études de droit à la fac de Toulouse. Je ne suis pas un propriétaire emmerdant, exigeant des garanties à n’en plus finir, et je ne m’en trouve pas mal ; je n’ai pas eu depuis huit ans un seul impayé, bien que j’aie loué à des étudiants, ou aussi à des étrangers.

Le logement est bien placé, à dix minutes à pied du Capitole, à deux pas de la Cité Administrative et de la faculté, si bien que le renouvellement d’un locataire se fait chaque fois sans difficulté, et sans passer par une agence.

Son appel, pourtant, me fait penser que nous sommes le 6 et que je n’ai pas encore reçu son chèque.


  • — Oui ? Comment allez-vous ?
  • — Monsieur Blunch, je suis désolée, j’ai un gros souci financier, mais ça devrait se régler rapidement, ça vous ennuierait si je vous paye le loyer en fin de semaine prochaine ? Je vous promets que vous n’avez pas à vous en faire.

Moi, pour la forme, je fais celui que cela ennuie quand même beaucoup ; faut pas laisser un locataire croire qu’il peut jongler avec le paiement de son loyer, et puis je finis par lui donner mon accord ; après tout, jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas eu à me plaindre d’elle. Je sais qu’elle n’a pas de gros moyens financiers : une bourse d’étude qui couvre tout juste son loyer, et pour le reste, elle a trouvé à travailler à temps partiel dans une agence de voyages. J’ai eu moi aussi des enfants étudiants, alors je suis plutôt porté à la compréhension.

Hier, elle a appelé, de nouveau.


  • — Monsieur Blunch, oh, je suis affreusement embarrassée. Vous savez, l’agence, ils sont un peu dans le rouge avec la crise économique, alors ils ont réduit mon temps de travail. Ils ne veulent pas me donner plus maintenant, qu’une après-midi par semaine. Oh, mon Dieu, je vais me débrouiller, je vais trouver une solution…

Je l’ai entendue qui sanglotait au téléphone.


  • — Charlène
  • — Oui ?
  • — Écoutez, ne vous mettez pas dans cet état. Il n’est jamais impossible de trouver une solution. Si vous voulez, je passe vous voir demain soir, nous en reparlerons.

Elle a été d’accord.

Il venait de germer dans ma tête une idée dont j’aurais dû avoir honte, mais je me suis dit que si elle s’accommodait des désirs libidineux d’un propriétaire quinquagénaire, moi, je m’accommoderais de ses retards de paiement. Faut dire qu’elle n’est pas vilaine, Charlène. À vrai dire, je ne l’ai vue que deux fois jusqu’à aujourd’hui. La première fois pour la visite, et la seconde pour la signature du bail. Ce jour là, elle était venue accompagnée de sa tante qui acceptait d’être sa caution. Elle portait un ensemble un peu strict : chemisier blanc, veste et tailleur sombre, la tenue de l’agence sans doute, complétant le tableau avec des lunettes un peu sévères pour son âge – vingt-trois 23 ans. Je dois dire que ce jour-là, c’est la tante qui m’avait paru digne d’intérêt, mais nous nous en étions tenu à la courtoisie d’usage.


Voilà le genre d’idée obsédante qui s’est plantée dans ma tête, qui m’a tenu éveillé une partie de la nuit et en haleine tout au long de la journée. J’essayais de me corriger, de m’en distraire, mais elle revenait, sournoise, s’insinuait, occupait tout mon espace mental. Délices et affres du sentiment de culpabilité.


N’empêche, à dix-huit heures pétantes, je suis devant la porte de l’immeuble, j’appelle à l’interphone et elle me fait monter.

Quelle n’est pas ma surprise quand la porte s’ouvre sur la tante qui s’efface dans le couloir pour me laisser passer.


  • — Entrez, Monsieur Blunch !

Elle me décoche un sourire enjôleur. C’est une femme plantureuse ; elle porte une robe noire moulante qui met terriblement en valeur une poitrine bien pleine, et des escarpins à talons qui lui dessinent de beaux mollets. Elle est joliment maquillée, paupières bleutées, rouge à lèvres, et son parfum m’enveloppe agréablement.


  • — Charlène ne sera pas là avant un petit moment, elle m’a demandé de vous faire attendre. Vous voulez boire quelque chose ? Asseyez-vous sur le clic-clac. !

L’appartement que je loue, en plus d’une salle de bain et d’un sas d’entrée, se compose d’une grande pièce séjour dont un angle est équipé d’un coin cuisine sommaire : un frigo avec deux plaques électriques, un évier, un meuble rangement-plan de travail et trois éléments hauts.

La tante me tourne le dos. Quand elle se penche pour prendre des boissons dans le frigo, sa robe lui dessine très distinctement les fesses où je ne distingue de trace ni de string ni de culotte. C’est encore avec beaucoup de grâce qu’elle se saisit de deux verres dans l’élément haut. Elle revient s’asseoir à côté de moi sur le clic-clac, et comme par mégarde, son genou s’appuie contre le mien.


  • — Eh bien à notre santé, Monsieur Blunch. Votre femme ne pouvait pas venir ?
  • — Je suis veuf.
  • — Oh, pardonnez-moi. Je suis veuve aussi, mais vous savez, ça ne m’a pas rendue sombre pour autant. J’adore m’amuser.

Elle me tend le verre de jus d’orange et en le prenant, ma main effleure ses doigts. Quand elle se penche pour poser le pack d’orange sur la table, j’ai une vue imprenable sur sa poitrine, et j’ai l’impression qu’elle fait durer la posture plus que de raison. Et puis, sans autre façon, elle pose sa main sur mon genou.


  • — Alors, parlons un peu de ce qui tourmente Charlène, me dit-elle.
  • — Oui, bien sûr, j’y pensais, ça me tourmente aussi. Euh, excusez-moi – je prends sa main doucement et la retire de mon genou – cette intimité me trouble un peu.
  • — Vous êtes veuf depuis trop longtemps, monsieur Blunch, vous avez perdu l’habitude d’approcher les femmes. Vous savez, ce n’est pas parce que je suis noire que je suis cannibale, poursuit-elle avec un sourire qui découvre largement une dentition parfaite et qui, devant ma gêne, vire à l’hilarité.

Sa bonne humeur me gagne et nous nous mettons à pouffer comme des collégiens. Dans ce fou rire qui nous secoue, mes mains ont saisi les siennes et les pressent. De son côté, elle a changé de position et s’est assise tout à côté de moi, sa cuisse plaquée contre la mienne. Quand le rire s’arrête, nous avons tous deux les larmes aux yeux. Elle sort un mouchoir qu’elle tenait dissimulé dans son soutien-gorge.


  • — Vous permettez ?

Elle se tourne vers moi et me tamponne les yeux. Ses seins s’appuient lourdement sur mon bras et je sens leur tiédeur à travers le coton de ma chemise. Et puis elle range le mouchoir là où elle l’a pris et pose sa tête sur mon épaule.


  • — Vous êtes un homme bon, monsieur Blunch !
  • — Oh, je ne crois pas, si vous saviez les idées qui me passent par la tête, là, maintenant !
  • — Et qu’est-ce que vous croyez ? Qu’il n’en passe pas non plus, dans ma tête, des idées. Et pas que dans ma tête. Tenez, posez votre main ici.

Elle prend ma main et la pose sur sa poitrine.


  • — J’ai envie que vous me caressiez. J’ai les seins très sensibles.

Je me croyais à l’abri de ça, désormais pourtant, une érection phénoménale se rappelle à moi par la gêne presque douloureuse que lui impose la position assise. Je cherche à temporiser.


  • — Charlène… Je veux dire, pour Charlène…
  • — Détendez-vous, monsieur Blunch. Au fait, c’est quoi votre prénom ?
  • — Émile.
  • — Détendez-vous, Émile. Moi, c’est Esthelle. Charlène ne vous en voudra pas si vous lui faites un petit cadeau…

Ce disant, elle passe une main entre les boutons de ma chemise qu’elle a détachés et commence à me titiller les mamelons. Ma réaction est complètement inattendue, je ne me rappelle pas avoir jamais éprouvé un pareil frisson. J’en ai le corps tout secoué. À partir de ce moment là, je comprends que j’ai complètement perdu pied, que c’est elle qui mène la partie et que j’irai là où elle voudra bien m’emmener.


Pour l’heure, je plonge à deux mains dans son décolleté, libère de leur cocon deux seins qui n’attendaient que ça, deux gros seins qui s’étalent généreusement sur la robe. C’est la première fois de ma vie qu’il m’est donné de dénuder une femme noire, je découvre avec avidité ses larges aréoles d’un noir plus sombre que le sein, deux gros tétons pointés. J’en prends un en bouche pendant que d’une main, je pince l’autre et le roule entre mes doigts. Je sens que cette caresse l’électrise, elle vient poser une main sur la mienne pour l’encourager à poursuivre avec plus de douceur.


Elle me fait basculer en arrière, me couche sur le dos et s’attaque à la fermeture de mon pantalon, pendant que mes mains poursuivent leur pelotage. Quand je soulève le bassin pour lui faciliter l’enlèvement de mon pantalon, je réalise que le boxer a suivi le mouvement. Elle se laisse alors glisser vers mon sexe tendu comme un arc, me cajole les bourses entre ses paumes, les caresse, glisse une main le long du périnée et d’un doigt, s’en vient effleurer mon petit trou. En même temps, elle pose ses lèvres humectées de salive sur mon gland, donne de petits coups de langue, le fait jouer dans l’entrée de sa bouche.


Puis ses mains reviennent enserrer ma colonne, la pressent, la branlent merveilleusement. Je sens que mon plaisir est tout près d’arriver, elle le réalise aussi, alors elle me mordille au niveau du frein. C’est une surprise un instant douloureuse, mais mon excitation revient à un niveau contrôlable.


Maintenant, je veux reprendre l’initiative, je me redresse et lui fais passer la robe par-dessus la tête. Je réalise à cet instant qu’elle ne porte pas de culotte, je ne m’étais donc pas trompé tout à l’heure. Cette constatation fouette mon imagination. La dame serait-elle une belle salope ?


  • — Donne-moi ton cul, maintenant, belle négresse.

Je la retourne et l’agenouille face au canapé. Je me place derrière elle.


  • — Caresse-toi ton joli bouton, lui ordonné-je.

Et de mes deux mains plaquées au bord de ses lèvres, je les écarte et me repais du spectacle qu’elle m’offre. Entre ses fesses noires et charnues s’ouvre sa fleur d’un rose vif, que l’abondante sécrétion de cyprine teinte de reflets nacrés. Je regarde sous ses doigts rouler le clitoris qu’elle agace, qu’elle presse, qu’elle étire. D’une main, j’entreprends de caresser son abricot tout luisant. Ma main rencontre à l’occasion ses doigts qui poursuivent leur ballet sur son gros clito tout dressé. Je lui introduis un doigt, puis deux dans la chatte. Je la sens qui se tortille de plaisir, alors mes mouvements se font plus insistants. J’approche mon visage de sa raie et je commence à lui lécher la rosette. Elle s’est parfumée jusque là, preuve qu’elle avait prémédité son affaire avant mon arrivée. Je m’écarte, et d’une voix autoritaire, je lui déclare :


  • — Maintenant, je veux que tu me supplies de te baiser.
  • — Oh oui, baise-moi présentement, méchant blanc.

Elle ne l’a pas dit sous le ton de la soumission, mais au contraire avec une imitation d’accent africain qui la fait éclater de rire et moi aussi.


  • — Tu mériterais la fessée pour ça, tu sais !
  • — Oh, non, missié, pas la fessée pour sa doudou, poursuit-elle dans la même veine.

Eh bien tant pis, je lui mets quand même une grande claque sur la fesse et dans le même temps, j’introduis mon braquemart d’un seul trait jusqu’au fond de son antre. Elle étouffe un juron dans le canapé, mais un juron de plaisir, parce que l’instant d’après, elle me supplie :


  • — Défonce-moi, oh oui, défonce-moi.

De ma position, à genoux derrière elle, j’ai vue sur le sas de l’entrée, et il me semble un instant voir un reflet passager dans le miroir qui s’y trouve. Mon Dieu, pensé-je immédiatement, Charlène est de retour. Mon hésitation a beau être brève, elle n’échappe pas à Esthelle qui l’entend d’une autre manière, m’empoigne les bourses à l’aveuglette pour me faire revenir et rugit :


  • — Allez, viens, salaud.

Je reprends donc mon pilonnage, mais avec un regard qui se porte sans cesse sur l’entrée. Oui, j’en suis certain, une ombre bouge quelques instants, puis une lueur brève : elle a rouvert la porte et est repartie. Je sens que la tante est en train de franchir la zone de non retour, elle suffoque, s’agite du bassin, des muqueuses, pousse de petits cris.


  • — Caresse-toi, nom de Dieu, caresse-toi lui, dis-je dans un hoquet.

Ce qu’elle fait d’ailleurs avec frénésie sans que je le lui demande. Je cramponne son bassin de mes deux mains, je sens monter chez moi un raz de marée qui déferle en saccades. Vidé, je m’affale sur son dos et nous roulons emboîtés sur le plancher pour nous abandonner à la béatitude.


Un peu plus tard, alors que de son mouchoir elle est en train de me faire une toilette sommaire avant de me laisser partir, elle me murmure :


  • — Pour Charlène, si vous avez un souci, téléphonez-moi, monsieur Blunch !




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n° 13540hidden Side25/10/09
Stupéfaction
critères:   fh laid(e)s attache sf
24393 caractères
Auteur : Hidden Side      Série : Dans la peau d'un autre - 13

Résumé partiel des épisodes précédents :


En espionnant Pichon, Gatimel et Églantine, Félix Berthier apprend que sa machine à transformer les gens, le videur, fonctionne effectivement… mais pas tout à fait comme prévu ! C’est à ce moment que l’on sonne chez lui. Sur le palier, il découvre un paquet emballé dans du papier journal. À l’intérieur, un livre, à la couverture tachée de sang, dont les pages sont entièrement vierges. Une voix se fait soudain entendre dans son appartement. Il s’agit de « la conscience » de son double, expulsé de son propre univers lors d’une expérience malheureuse. L’esprit éthéré entreprend alors de conter à Berthier la très étrange épopée qu’il a vécue. En pleine narration, le récit s’interrompt et le double du gnome lui demande d’ôter ses lunettes. Il profite alors de la crédulité de Berthier pour pénétrer dans son crâne, en s’infiltrant par son orbite…


L’autre Berthier prend les commandes de son corps, avec l’aide d’une conscience rapportée, Moustique. Pichon, qui vient enfin d’entamer une liaison charnelle avec Églantine, son grand amour, se trouve face à face avec le monstre. Celui-ci le paralyse avec une fléchette anesthésiante, avant de le renvoyer dans leur univers d’origine. Le plan du double de Berthier est aussi simple que machiavélique : prendre la place de Pichon dans le cœur d’Églantine, en s’appropriant le corps du comptable. Moustique est chargé de garder le contrôle du vrai Berthier, tandis que le faux Pichon cueille les fruits destinés à Francis…





Félix Berthier éprouvait une forte nausée. Sa tête semblait devoir exploser dans la minute. Mais, toutes désagréables qu’elles fussent, ces sensations prouvaient qu’il avait réussi ! Après des années de labeur opiniâtre, le succès était enfin au rendez-vous. Au contraire de Francis Pichon, plongé dans un nouveau cauchemar après un saut de plusieurs mois dans le futur – les charmes du voyage inter-dimensionnel –, Berthier jubilait donc.


Certes, la situation présente ne résultait que d’une suite improbable de pieds de nez au destin, mais il s’en foutait : il n’était plus ce gnome infirme et bigleux qui, au mieux, inspirait la pitié ! Il avait un nouveau corps bien à lui, en l’occurrence celui d’un comique un brin ridicule. Mais un comique dont Églantine s’était épris, à qui elle avait ouvert ses bras et ses draps.

Une dernière révolution eut lieu au ralenti et le videur s’immobilisa. Berthier brûlait d’impatience qu’on le délivra de son carcan de cuir. Il voulait marcher, courir, sauter, éprouver à nouveau toute la gamme des sensations humaines. À travers les hublots embués de son casque, il vit son double derrière le panneau de contrôle, bizarrement immobile, comme statufié. Une crainte l’assaillit : et si Moustique ne parvenait pas à maintenir son emprise sur son alter ego ?


L’autre restait hébété, figé dans une inaction indécise. La crainte de Berthier se fit terreur. Il était ligoté sur son siège, paralysé par un narcotique puissant, livré sans défense à son pire ennemi : lui-même ! Puis il vit le corps du gnome s’ébranler, se remettre en route avec une lenteur hésitante. Moustique avait visiblement toutes les peines du monde à maîtriser son hôte. Il faudrait qu’il remédie à cela en temps utile…


Le nain s’empara d’une seringue, tituba vers lui, attrapa une chaise puis se hissa à sa hauteur. Des doigts gourds défirent les sangles, ôtèrent le masque puant, lissèrent ses boucles humides. Moustique piqua maladroitement l’antidote dans son cou. La paralysie reflua immédiatement.


  • — Patron ? Vous… vous allez bien ? lui demanda le nain hagard.
  • — On ne peut mieux, mon cher, fit Berthier d’une voix pâteuse, reprenant peu à peu le contrôle de ses muscles. Au fait, ce serait trop te demander que de me délivrer presto de cette foutue camisole ?

Moustique s’exécuta au ralenti, s’ébrouant comme un ouistiti cocaïnomane. Berthier considéra son corps antérieur avec mépris. Dieu, qu’il avait été moche ! Pitoyable spectacle, que celui de cet avorton au front disproportionné, aux carreaux bombés, aux joues creuses. Il ne supporterait pas longtemps d’avoir sous les yeux le témoignage de ses tares anciennes, de ses insuffisances passées. Dès qu’il n’aurait plus besoin de l’aide de cette créature mal fichue, il la ferait disparaître…


Berthier déboucla lui-même les attaches de ses chevilles, descendit du videur, puis fit quelques mouvements pour éprouver la souplesse de son nouveau corps. Pichon était loin de posséder la puissance destructrice d’un de ces délicieux Skins Head dont Berthier avait brièvement pris le contrôle, mais son organisme ferait l’affaire. Et puis, pour contrebalancer la constitution chétive du comptable, il lui suffisait de mettre la main sur un flingue.


Berthier laissa quelques instructions à Moustique, puis rejoignit l’appartement de Pichon. Il n’avait plus qu’à guetter l’arrivée de la belle Églantine.




oooOOOooo



Durant les premières semaines de son périple forcé, Francis Pichon en avait rêvé à chaque instant, de ce retour dans son monde d’origine. Il lui avait fallu le concours d’un hypnotiseur pour en arriver à se supporter dans la peau de Pierre Richard. Et puis, le plus phénoménal, le plus incroyable de tous les rebondissements s’était produit. Églantine avait fini par jeter son dévolu sur lui, Francis Pichon, petit comptable inodore et incolore.


En interprétant malgré lui le rôle d’un Pierre Richard jouant les François Perrin, il avait réussi à sublimer sa sordide condition de quidam quelconque, d’individu ordinaire. N’être plus lui-même l’avait fait devenir quelqu’un. Et voilà qu’aujourd’hui, redevenu celui qu’il était avant, il n’était plus personne… Bien plus que quatre mois d’existence volatilisée, son transit entre les limbes lui avait coûté sa nouvelle vie avec Églantine.


Après avoir jaillit hors du métro, presque désert à cette heure avancée de la nuit, il avait gravi quatre à quatre les marches de son immeuble à l’aspect inchangé, ne croisant pas âme qui vive. Arrivé au second, il avait sonné frénétiquement chez Félix Berthier, puis tambouriné comme un fou à sa porte, qui était restée sourde à ses appels. La voisine du gnome, une vieille dame replète, avait passé un nez inquiet par l’embrasure de sa porte, menaçant d’appeler la police. Alertés par le tintamarre, d’autres colocataires avaient surgi sur le palier, essayant en vain de canaliser Pichon. Puis Maria Gonzales avait déboulé, les traits pincés sous une forêt de bigoudis roses.


  • — Vous êtes pas bien dans vot’tête ou quoi, mossieu Bichon ? Si vous cessez pas ce raffut tout d’suite, je téléphone aux flics !
  • — Sors de là, espèce d’enfoiré ! hurla Pichon, martelant le panneau récalcitrant sans prêter attention aux avertissements de la concierge ni aux coups d’œil inquiets de cette improbable assemblée de voisins en pyjama.
  • — Voyons, vous savez bien que l’appartement est vide depuis des mois ! risqua la vieille dame aux cheveux fins comme de la soie.

Pichon arrêta de se meurtrir les phalanges sur le bois impavide.


  • — Qu… quoi ?
  • — Rappelez-vous, il a eu une attaque en décembre dernier ! Depuis, il est en maison de repos. Mais à mon avis, il s’en remettra pas… Paraît que ce pauvre Félix ne manifeste pas plus de réactions qu’un oursin en marinade.
  • — Et qu’est devenu tout son… matériel ? demanda Pichon, blême comme un yaourt au Bifidus.
  • — Vous voulez parler de tout le bric-à-brac qu’il avait accumulé ? Les héritiers ont entièrement vidé l’appartement, pour le mettre en vente.
  • — C’était quelque chose, moi j’vous l’dit, ajouta l’octogénaire à la tignasse flasque. À se demander si le pauvre m’ssieu Berthier yoyottait pas depuis un moment déjà !

Un silence choqué suivit ces dernières paroles, silence soulignant le claquement des pas qui montaient dans le vieil escalier de bois. Des têtes curieuses se tournèrent en direction de la nouvelle arrivante, qui n’était autre qu’Églantine. L’infirmière, abasourdie, contemplait ce comité d’accueil bigarré sans comprendre. Puis elle aperçut le comptable. Les traits de Francis Pichon semblèrent se disloquer à la vue de la jeune femme. Dans ses grands yeux verts, il ne retrouvait nulle trace de leur proximité rieuse, de leur connivence passée. Juste une lueur d’inquiétude.


  • — Monsieur Pichon ? Mais… mais qu’est-ce qui vous arrive ? Vous n’allez pas bien, on dirait !

Malgré la fatigue, la beauté gracile de la blonde était à couper le souffle. Pichon eut envie de la prendre dans ses bras, de la mener dans son appartement pour lui conter tout ce qui lui était arrivé. Mais c’était sans espoir, il le savait ; elle le prendrait pour un fou s’il lui parlait de son transit inopiné dans la peau de Pierre Richard.


  • — Je… Excusez-moi pour le dérangement ! glissa Pichon, avant de se faufiler dans les escaliers en baissant la tête.

Quelques secondes plus tard, la porte de son appartement claquait. Les voisins, médusés, se regardèrent une fois de plus sans comprendre. Puis chacun reprit le chemin de sa chambre à coucher.




oooOOOooo



Dans un autre univers, désormais inaccessible à Francis Pichon, une seconde Églantine fixait avec angoisse un certain comptable à tête de Pierre Richard. Alors qu’ils ne s’étaient quittés que depuis quelques heures, les manières de son compagnon avaient changées d’une façon effrayante. La douceur et la naïveté timide qui le caractérisaient avaient disparu. La physionomie même de Francis lui paraissait différente, comme si elle se trouvait soudain face à un étranger.


Quand elle était enfin revenue à son appartement, après une garde éreintante à l’hôpital, Francis l’attendait sur le seuil de sa porte, une lueur de concupiscence froide dans les yeux. Sans se préoccuper de son état de fatigue ou même de son envie, il avait exigé de faire l’amour sur le champ. Sur le moment, l’ardeur inexplicable de Francis, sa férocité glacée en la déshabillant, en l’enlaçant, l’avait presque effrayée. Elle s’en voulait d’avoir cédé à son empressement brutal, se demandant ce qui serait advenu en cas de refus. Aurait-il été jusqu’à la violenter ? Il y avait de quoi se poser la question…


Une fois nue, Pichon l’avait attachée aux montants du lit malgré ses protestations et l’avait possédée mécaniquement, sans aucune tendresse, comme si elle n’était qu’une sorte… d’objet sexuel, de trophée n’ayant pas son mot à dire. Cet élan bestial assouvi, Francis l’avait détachée sans un mot. Églantine, accoudée à ses côtés, détaillait son visage en sueur. Quelque chose avait changé en lui, elle en était sûre. Cette transformation trouvait-elle son origine dans le fait qu’elle lui ait ouvert son lit et le chemin de son corps ? Pourtant, la nuit précédente avait été magique ! Rien à voir avec cette copulation égoïste, ce coït à l’arraché.


Après un silence boudeur, il s’était tourné et avait éteint la lampe de chevet. Quelques minutes plus tard, il ronflait comme un sonneur. Charmant ! Églantine fixa un long moment les stries orangées au plafond de sa chambre, réminiscences d’éclairage public, avant de clore ses paupières. La passion s’était-elle déjà éteinte ? N’y avait-il plus chez son partenaire qu’une simple concupiscence, une attirance du corps sans plus de communion de l’esprit ? Était-ce possible, si vite ?


Le dimanche matin, en se réveillant, Francis exigea de remettre le couvert. Cette fois-ci, Églantine l’envoya sur les roses, lui demandant de s’occuper plutôt du petit-déjeuner tandis qu’elle passait sous la douche. Quand elle s’attabla à la table de cuisine, rien n’était prêt. Francis, bougon, détaillait le journal de la veille sans faire mine de remarquer sa présence.


  • — J’ai faim. Prépare-moi à manger, exigea-t-il, sans même lui jeter un regard.
  • — Dis donc, tu comptes te comporter en goujat tout le week-end ? lui demanda-t-elle, tranchante. Si ça doit être le cas, je préfère autant que tu retournes chez toi…
  • — Mais… Je me sens chez-moi, ici ! Je t’ai séduite, après tout ! Cela n’implique-t-il pas certains devoirs de ta part ?
  • — Francis, je ne suis pas d’humeur à plaisanter. Je crois que ce serait mieux si tu partais tout de suite, tant qu’il me reste un soupçon de patience.

Le corps de Francis Pichon se leva de la chaise en bois clair, s’avançant d’une démarche raide vers la porte. Planqué dans la boîte crânienne du comptable, un certain Félix Berthier, originaire d’une terre parallèle, fulminait à s’en faire péter le carafon. Tu ne perds rien pour attendre ma belle ! Je vais vite te mettre au pas, tu vas voir…




oooOOOooo



Deux semaines s’étaient écoulées depuis qu’un certain Félix squattait le corps de Francis Pichon. Les plans de l’ex-gnome ne se réalisaient pas comme prévu, Églantine lui ayant refusé deux fois le chemin de son lit, avant de lui claquer finalement la porte au nez. À vrai dire, elle semblait le fuir à présent. Le faux Pichon apprenait à ses dépends que les sentiments d’une femme, éminemment volatiles, sont principalement déterminés par le comportement de son partenaire.


La blonde infirmière avait décidé d’une pause dans leurs relations. Elle ne s’expliquait pas le changement radical de Pichon ; c’était comme si elle avait eu brusquement affaire à quelqu’un d’autre. Une entité qui aurait pris la place de l’ancien Francis, investissant son corps du jour au lendemain. Cette idée, ridicule, provoquait en elle un malaise diffus, sans qu’elle n’en cerne exactement les raisons. Peut-être parce qu’elle lui rappelait une certaine conversation avec Lucien Gatimel, où celui-ci lui avait parlé de mondes parallèles et d’altérations physiques inexpliquées. Dans sa peine d’avoir perdu l’ancien Francis, il arrivait parfois à Églantine de se raccrocher à ces délires d’éthylique.


Espérant confusément qu’il puisse lui apporter des réponses, elle avait alors écumé le quartier à la recherche de Lucien et de son affreuse blessure au cou. L’ivrogne restait cependant introuvable, ce qui finissait par inquiéter la jolie blonde. Lui serait-il arrivé quelque chose ?


Bien qu’elle n’ait pas la moindre idée de ce qu’elle allait lui dire, elle pressentait que Gatimel avait un rôle central à jouer dans la tragi-comédie de ses relations avec Francis Pichon. Le comptable ne se rendait plus à son travail, devenait pressant envers elle. Pour tout dire, la lueur de concupiscence brillant dans son œil quand ils se croisaient dans les escaliers de l’immeuble ressemblait de plus en plus à de la folie. Avait-elle peur d’un geste inconsidéré de sa part ? Elle devait bien admettre que oui.


De son côté, Lucien Gatimel était mal à l’aise depuis qu’il avait aperçu Francis Pichon à son insu, tandis que celui-ci arpentait les rues du quartier. Il avait d’abord pensé héler le comptable, mais une intuition l’en avait dissuadé ; quelque chose avait déclenché son instinct de protection, ce sixième sens développé par les abonnés à la galère et à la rue, au fur et à mesure des mauvaises rencontres. Gatimel n’avait pas eu besoin de s’approcher du blond frisotté pour constater un changement troublant. Pichon manifestait une attitude froidement agressive envers ceux qui osaient se mettre en travers de son chemin, n’hésitant pas à bousculer vieilles dames et autres gêneurs trop lents à son goût. Rien à voir avec la bonhomie habituelle de ce clone de Pierre Richard. En fait, cette morgue brutale lui rappelait l’assurance du Skin head qui avait failli le décolleter définitivement…


Assis sur un coin de trottoir crasseux, à l’abri d’un conteneur sur roulette qu’il venait de fouiller à la recherche d’un fond de bouteille, le sosie aviné de Depardieu fumait un reste de mégot, oscillant lentement sur son assise tout en fredonnant des couplets paillards. Il ne vit pas la silhouette courbée et furtive s’approchant de lui. Une ombre s’interposa soudain entre le soleil matinal et lui.


  • — Ha ! Ha ! Je vous tiens ! Et cette fois, vous ne m’échapperez pas !

Gatimel cligna des yeux, levant une pogne crasseuse pour occulter la lumière aveuglante. La forme se découpant sur l’écran azuré devint une personne. Une jolie blonde, répondant au nom d’Églantine Palonnier.


  • — Qu’est-ce… vous m’voulez ? grommela Gatimel, soulagé de ne pas avoir à faire à Pichon.
  • — J’aimerais qu’on parle un peu, tous les deux.
  • — Ah ouais ? Et de quoi donc, ma mignonne ?
  • — De ce qui est arrivé à Francis. Mais pas ici, chez moi, ajouta-t-elle, après une hésitation.
  • — Et chez vous, y’a du pinard ?
  • — Non. Par contre, je vous offre l’accès à ma salle de bain et à un bon savon de Marseille. Ça ne vous fera pas de mal, de vous décrasser un peu…

Églantine tourna les talons et se mit en route. Après un court instant, le vagabond se leva tant bien que mal et la suivit. Il n’allait pas louper l’occasion de prendre un bon bain et d’étancher sa curiosité, à défaut de sa soif.




oooOOOooo



Deux heures plus tard, récuré, peigné, rasé et vêtu d’un peignoir éclatant de blancheur, Gatimel était un autre homme. Il était attablé devant un bon filet de bœuf accompagné de pommes de terre au four, qu’il dévorait avec appétit. La seule chose qui clochait était le contenu de son verre. Une eau plate. Églantine avait été inflexible à ce sujet.


  • — Quand avez-vous vu Francis pour la dernière fois ? lui demanda-t-elle, après un long moment sans toucher à sa propre assiette.
  • — J’lui ai causé le lendemain où vous avez tiré vot’… heu, où vous avez passé la soirée ensemble.
  • — Et comment était-il, à ce moment-là ?
  • — Plutôt furax… Booorf, c’est vrai, j’avais un tout p’tit peu dérangé son appart.
  • — Non, ce n’est pas ce que je demande. Était-il normal, égal à lui-même ?
  • — Qu’est-ce qui c’est passé ? demanda enfin l’affreux, arrêtant de mastiquer.

Il venait de remarquer les yeux rouges de la jeune femme, qui semblait sur le point de fondre en larmes. Après un bref instant de silence, elle conta à Gatimel les changements inexpliqués dans l’attitude de Francis, lui confiant toutes ses craintes, même les plus farfelues.


  • — Je… j’ai l’impression qu’il lui est arrivé quelque chose. Quelque chose qui a un lien avec les bouleversements qu’il a connu dans sa vie, il y a quelques mois.
  • — Mouais. Pas impossible. J’ai vu Pichon, depuis. Une fois seulement. Et dans la rue. Y m’paraissait bizarre… changé, j’veux dire.
  • — Il faut que vous lui parliez, Lucien.
  • — Quoi ! Moi ?
  • — Vous avez partagé la même expérience que lui. S’il reste un tout petit peu de l’ancien Francis, il se confiera à vous. C’est notre seule chance de comprendre ce qui s’est passé.

Cette idée ne plaisait pas du tout à Lucien. Églantine se rendit compte que, tout comme elle, l’ivrogne avait peur du nouveau Francis Pichon…


  • — Et vous ? Z’avez pas r’marqué aut’chose d’anormal, dans l’coin ? lui demanda à son tour Gatimel.
  • — Si. Depuis quinze jours, je ne suis plus du tout importunée par l’affreux gnome du premier.
  • — Qui ça ?
  • — Un nain. Méchant. Vicieux comme tout. Il s’appelle Félix Berthier.
  • — Berthier ? BERTHIER ! fit Gatimel, écarlate, s’étouffant presque.
  • — Vous… vous connaissez Félix Berthier ?
  • — Un peu, qu’je l’connais ! C’était mon voisin du dessus, avant que ma vie ne devienne ce tas de merde !
  • — Lucien ! On a trouvé ! s’écria Églantine, frappée par un éclair de compréhension.
  • — Quoi donc ?
  • — Le lien ! Le lien qui vous relie à Francis ! C’est Félix Berthier ! Cet affreux bonhomme est forcément impliqué dans toute cette histoire !

Gatimel devint soudain très pâle. Depuis cinq ans, il cherchait l’infâme qui lui avait volé sa vie, sa réussite débutante, l’avait poussé au seuil de la folie au point de manquer occire Flora, son ex-femme. Cinq ans sans une piste, sans même un début de courant d’air pointant dans la bonne direction. Et là, Berthier, qui réapparaissait dans le paysage, comme un lapin pris dans les phares d’une bagnole !


Tout à coup, Gatimel bondit de sa chaise et se rua vers la porte d’entrée.


  • — Lucien ! Où allez-vous ?
  • — M’en vais écraser cet avorton, l’étriper à main nue !



oooOOOooo



À quelques mois de là et dans une tout autre dimension, le vrai Francis Pichon était prostré dans son bain, les traits fatigués, une barbe de quinze jours lui mangeant le visage. Au-delà du désespoir, il avait avalé une demi-bouteille de Jack Daniel’s et s’était gavé de Rohypnol. L’eau tiède continuait de couler, atteignant à présent la limite de ses lèvres. Dans une tentative désespérée pour se fuir lui-même, il avait décidé de se laisser suffoquer. Pichon ne voulait plus être, ne voulait plus ressentir. Il ne se supportait plus dans les habits rapiécés de son ancienne personnalité.


Il toucha son crâne nu, regrettant le contact des bouclettes blondes qu’il avait appris à apprécier ces derniers mois. Avant tout cela, Pichon était un autre homme, heureux somme toute de son sort moyen, de ses petits bonheurs, de sa vie tranquille et sans histoire. Et puis c’était arrivé, comme une malédiction… En tout cas, il l’avait vécu comme ça, au début. Il lui avait fallu accepter ce changement en lui, pour l’apprivoiser, l’intégrer. Et aujourd’hui, voilà que tout lui était arraché.


Il ferma les yeux, prenant une dernière inspiration avant que l’eau tiède ne parte inexorablement à l’assaut de son nez. Dans l’état où il se trouvait, plus rien ne l’atteignait, même plus l’idée de sa propre mort. Avant que ses poumons ne se remplissent, il était déjà endormi. Il décéda sans s’en rendre compte, ses pensées se dissolvant une à une dans le grand calme blanc qui l’avait envahi.




oooOOOooo



Depuis quinze jours, Félix Berthier endurait une torture absolument terrifiante. Prisonnier de son propre corps, il se regardait agir en simple passager, comme un quadriplégique bardé d’électrodes dont on aurait téléguidé les membres sans qu’il n’ait son mot à dire. À la manœuvre, un certain Moustique, fidèle second du faux Francis Pichon.


Par tous les moyens, Berthier avait essayé de reprendre le contrôle ne serait-ce que d’un seul muscle, sans même l’ombre d’un tressaillement. En quittant son corps pour celui de Pichon, son double maléfique avait établi une sorte de champ de force autour du noyau de conscience se désignant lui-même comme le propriétaire légitime de cet ensemble mal foutu de muscles atrophiés, d’os déformés et de tendons arthritiques.


Incapable de prendre l’avantage par la force, Berthier avait essayé la ruse, tentant de s’allier Moustique en lui expliquant qu’il en allait aussi de son intérêt.


  • — Moustique ? Tu es dans le coin ?
  • — Où veux-tu que je sois, abruti !
  • — Il faut qu’on reparle de ma proposition avant qu’il ne soit trop tard.
  • — Tu vas pas recommencer à me gonfler avec ça, Papi !
  • — Il va nous tuer, tu sais. C’est ça que tu veux, Moustique ?
  • — Le boss sait ce qu’il fait. Une fois qu’il aura mis cette nana au pas, on se casse d’ici vite fait et on va vivre la belle vie au Brésil…
  • — Et tu y crois ? Peux-tu m’expliquer pourquoi il s’encombrerait de nous ?
  • — Ah ! Ah ! Il n’y a pas de nous qui tienne. Toi, tu disparais, Papi ! Dès que le boss l’aura décidé, il va t’extraire de mon crâne comme le noyau d’un pruneau !
  • — Je n’en doute pas une seconde. Je peux même te dire comment il va s’y prendre, mon « pote ». Une bonne vieille balle dans la tête. À moins que tu ne te décides à l’en empêcher en m’écoutant.
  • — Cause toujours, vieille bique. Tu te fatigues pour rien, tes salades ne me font ni chaud ni froid…

Ce qui n’était pas tout à fait exact. Berthier était conscient de chaque variation d’humeur de Moustique, et vice-versa. Le fidèle second commençait à concevoir quelques doutes, même s’il ne voulait pas se l’avouer.


  • — Écoute-moi, bordel ! Je sais parfaitement quelle est sa façon de penser, vu que c’est aussi la mienne !
  • — Ferme-là un peu maintenant, sinon…

Il n’eut pas le temps de préciser cette menace ridicule. Soudain la stridence d’une sonnette emplit l’appartement. Plusieurs secondes d’un lourd silence passèrent, puis la sonnette bourdonna de nouveau, cette fois à flot continu. Quelqu’un insistait lourdement sur le carillon de la porte d’entrée, et ce n’était pas « le boss », vu qu’il avait les clés… Interdit, Moustique ne savait que faire.


  • — Personne ne vient jamais te rendre visite ! accusa-t-il. Qui c’est que ça peut être ?
  • — J’en sais rien, mais tu devrais aller ouvrir, avant qu’ils ne se décident à défoncer la porte.
  • — Il vaudrait mieux que je prévienne le boss…
  • — Oh ! Regardez-moi ça ! Cette petite chose fragile, qui peut même pas faire un pas sans la permission de son maître. Comme c’est mignon…
  • — Ta gueule, enfoiré !

Et sur un sursaut bravache, le myrmidon excédé alla ouvrir sans plus de précautions. Face à lui se tenait la dernière personne qu’il se serait attendu à voir : sa voisine de palier, une octogénaire replète à la tignasse flasque.



À suivre…



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n° 13541couplemelangiste27/10/09
Bruce... Bruce... Bruce...
critères:   fh copains massage fellation cunnilingu pénétratio
10038 caractères      
Auteur : Couplemelangiste      Série : Fragments amoureux d'une libertine - 06 / 09

Bruce y est passé ! C’est officiel !


Axel m’a téléphoné ce matin alors que nous sommes en pleins préparatifs pour la fête de demain soir. J’ai planté là ma mère et Julia pour m’isoler dans ma chambre et m’allonger avec mon portable sur mon lit encore défait de la nuit pour écouter sa confession de petite salope.

Étrangement, ça m’a foutu un coup au moral de savoir que la belle venait de niquer avec mon passé. Mais cette émotion subjective a doucement disparu à l’écoute de son récit pour se transformer en une sensation plus douce.


Elle s’était pointée chez lui, la veille, dans son petit studio d’étudiant, sous prétexte de savoir s’il viendrait me rejoindre à Courchevel. Un simple coup de fil aurait suffi, mais Bruce n’avait pas semblé s’en formaliser. Visiblement il avait passé la journée à bosser et la venue d’Axel était une bonne surprise, d’autant plus qu’elle était habillée pour la circonstance d’une petite robe noire courte et très décolletée sous son manteau. Il lui avait dit de se servir un verre et de mettre un peu de musique pendant qu’il terminait un chapitre.

Elle leur avait servi deux verres de vin rouge et mis de la World-Music avant de venir s’asseoir en tailleur par terre sur un gros coussin, à côté de lui pendant qu’il travaillait à son bureau.

Il en avait pour une dizaine de minutes tout au plus… Elle lui avait dit de prendre son temps, vu qu’elle n’avait rien prévu de spécial.

Au bout d’un petit moment, l’air de rien, en sirotant son verre, elle lui avait dit que quand nous révisions nos concours toutes les deux, si l’une avait terminé son programme de révision plus tôt, elle faisait à l’autre un petit massage de la plante des pieds pour la délasser. Le résultat était garanti ! Avait-il envie d’un massage ?


Elle avait omis de lui raconter que ces petits massages se terminaient rarement de façon innocente et appelaient à des caresses plus précises.

Il lui avait répondu d’un ton distrait qu’il était chatouilleux, mais elle avait pris ça pour une acceptation et en bonne fille, elle s’était gentiment faufilée sous le bureau.

De sa place, en baissant les yeux, il ne pouvait plus voir que sa robe remontée très haut sur ses jambes fuselées. Il s’était laissé faire pendant qu’elle lui enlevait ses chaussures et ses chaussettes. La partie haute de son corps invisible, elle avait commencé doucement son massage en insistant bien des pouces sur toute l’étendue de la plante des pieds.

Au début, il avait eu de petits rires chatouilleux en retirant son pied, mais au bout d’un moment, il s’était laissé aller à cette sensation agréable. Elle le massait franchement maintenant, un pied après l’autre, en remontant aussi sur les chevilles et les mollets. De là où elle se tenait, elle s’était vite rendu compte que ses caresses ne le laissaient pas insensible. Elle s’était ménagé une vue impeccable sur son entrejambe et la déformation lente, mais progressive, du pantalon témoignait de la chose.

Discrètement elle avait encore remonté sa robe en écartant un peu les jambes. De sa chaise, il devait avoir une vue magnifique sur ses cuisses et il suffisait qu’il se renverse un peu sur le dossier pour apercevoir l’orée de son sexe à peine protégé par un string de soie rouge. C’est ce qu’il fit quand elle tira un peu sur une de ses jambes pour entamer des deux mains un massage de la cuisse.


Il ne disait rien, mais Axel savait très bien qu’il était tout à fait conscient de la situation. Il aurait pu se relever et arrêter là ce petit jeu dangereux avec la copine de sa petite amie, mais les dix minutes demandées pour finir son travail étaient passées depuis un bon moment et il semblait toujours se concentrer sur sa lecture.

Il avait dû commencer un autre chapitre…

Ses deux mains massant la cuisse s’approchaient insensiblement de la boursouflure du pantalon… D’une voix changée, elle lui avait demandé s’il aimait ce qu’elle faisait et s’il voulait qu’elle continue.

En guise de réponse, il avait poussé son bassin en avant dans une espèce de grognement, en se laissant aller en arrière contre le dossier de la chaise. Par terre à côté de lui, elle avait écarté ses jambes encore plus et à moins d’être aveugle, il allait vite se rendre compte qu’elle aussi était tout excitée.


Il semble qu’ensuite, après l’avoir masturbé des deux mains de mouvements lents, mais appuyés au travers du pantalon, elle se soit retrouvée coincée entre ses cuisses en train de le sucer sous le bureau.

Très excitée par la situation, elle se rappelait s’être jetée sur cette queue palpitante pour l’avaler à peine extraite de sa prison étroite. Elle n’avait eu le temps que de quelques va-et-vient humides et gourmands le long de la hampe à la découverte de cette rigidité, avant qu’il ne se répande sans préavis dans sa bouche en torrents de sperme, en s’arc-boutant de tout son corps pour la pénétrer plus loin dans la gorge.


Surprise, elle ne l’avait senti venir qu’au dernier moment. La tête coincée par la hauteur du bureau, et ne pouvant bouger entre ses cuisses tétanisées de plaisir, elle n’avait pu faire autrement que d’avaler les torrents crémeux et salés qui lui coulaient dans la gorge.

Au bord de l’asphyxie et presque étouffée par cette quantité de plaisir, elle avait enfin réussi à le dégager du fond de sa bouche, mais il n’en avait pas encore terminé de son énorme orgasme, et plusieurs longues saccades étaient encore venues cingler d’épaisses balafres blanches son visage et ses cheveux…


J’avais omis de la prévenir de ces deux petites particularités de notre ami Bruce : le premier coup partait sans crier gare, sitôt chargé ! Si l’on ajoute à cela une production hormonale très conséquente et des éjaculations de mammouth, elle avait pris sa dose la petite !


Le récit d’Axel était devenu un peu plus confus ensuite, mais il en ressortait que personne n’avait jamais osé lui faire un truc comme ça auparavant !

D’habitude, ses amants la prévenaient de l’imminence de leur plaisir, et si elle acceptait parfois de les recevoir dans sa bouche, elle recrachait la liqueur blanche en la laissant couler lentement le long de ses lèvres sur le sexe encore tout palpitant.

Mais les hommes aiment encore plus qu’on les boive, jusqu’à la dernière goutte.


C’était la première fois qu’elle avalait. Le flot qui avait franchi sa glotte en longues giclées avait provoqué un mouvement instinctif de déglutition et elle s’était surprise à en accepter presque aussitôt l’étrangeté de goût et même à en apprécier la saveur, malgré la quantité qui encombrait sa gorge. Elle l’avait dégluti plus calmement ensuite après qu’il se fut retiré de sa bouche pour se finir sur son visage.

Cet orgasme qui l’avait complètement souillée aurait pu la fâcher, mais la puissance et l’abandon incontrôlé dans sa bouche de son nouvel amant l’attendrirent et l’excitèrent encore plus.

Elle avait adoré !


Elle s’était dégagée de sous le bureau, toute dégoulinante de son plaisir, et il avait regardé son visage balafré de sperme et sa robe toute tachée, avec des yeux éperdus de plaisir.

Il l’avait relevée pour l’embrasser profondément. Elle mélangea sa langue encore humide de sa semence avec la sienne pour un baiser passionné qui dura longtemps. Elle s’abandonnait complètement les yeux fermés en sentant ses gouttes de plaisir glisser de ses joues le long de son cou.

Après être passée sous le bureau, il l’avait maintenant assise dessus, les cuisses complètement écartées, à même ses cours de compta. Il avait écarté le voile de soie rouge coupablement humide pour lui embrasser la vulve doucement avant de s’emparer d’elle de la langue pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Parce qu’elle était très excitée, elle avait joui presque aussitôt.

Mais elle n’était pas du genre à s’arrêter à de telles minauderies et elle avait voulu passer ensuite aux choses sérieuses.


Il l’avait prise sur son lit d’étudiant, sans même la déshabiller et encore toute maculée de sperme. Il avait limé sa chatte bouillante en profondeur, avant de décharger deux fois presque coup sur coup tout au fond de sa matrice sans débander ni même la quitter.

Les giclées de sperme heurtant les parois de son utérus et qui la remplissaient sans qu’elle ne puisse tout retenir en elle l’avaient fait jouir en même temps que lui, avec un grand gémissement de femelle comblée et des bruits mouillés de vulve en plein spasme.


Dévastée de plaisir, elle était restée allongée, les cuisses grandes ouvertes, pour reprendre sa respiration après qu’il se fut retiré… Elle sentait son jus s’écouler de sa crevasse bouillante en une petite rivière chaude qui coulait le long du périnée pour sinuer entre ses fesses avant de tremper le drap sous elle.

Lorsqu’elle s’était traînée jusqu’à la douche, un long moment plus tard, elle l’avait encore senti sourdre d’elle en ruisseaux tièdes le long de ses cuisses.

Et cela avait suffi à faire renaître son désir.

Pour rapide qu’il soit, Bruce pouvait aussi remettre le couvert à la demande. J’en savais quelque chose.


Comme elle l’appelait, il l’avait rejointe sous l’eau. Il l’avait prise debout par-derrière sous le flot d’eau chaude et elle l’avait supplié de se contrôler un peu, le temps qu’elle jouisse. Il ne lui avait pas fallu longtemps.

Pour le remercier de s’être retenu, elle l’avait sucé à genoux dans la douche. Il avait presque tenu cinq minutes avant de se répandre une dernière fois dans sa bouche, bien qu’en quantité moindre. Elle l’avala jusqu’à la dernière goutte. Bref, ils avaient passé une très bonne soirée, avant d’être assaillis de remords.


Je la rassurai sur ma perception de la chose. D’autant plus que son récit m’avait rendue toute chose ! Elle avait eu raison d’en profiter et j’étais contente que ça lui ait plu. Je dirais moi-même à Bruce que je ne lui en voulais pas.

Toute contente de ma bénédiction à explorer plus avant ses performances testiculaires, elle me demanda avant de raccrocher, si cela ne me dérangeait pas qu’il l’accompagnât à Courchevel pour le week-end, maintenant que les choses étaient claires entre nous. Elle en ferait bien son officiel pour quelque temps.


Je lui devais bien ça à ma copine !





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n° 13542Bart27/10/09
Arrivée au port. Le matin
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17013 caractères
Auteur : Bart      Série : Anniversaire en Bretagne - 03

Résumé


De retour de la plage avec Sophie, nous avons retrouvé les autres en train de prendre leur petit-déjeuner. Après avoir décidé ensemble du programme de la journée, dans une ambiance joviale, quelques surprises m’attendaient…









– Bon, alors elle est comment Chloé ? demanda Apolline à Jean.

– C’est ta petite amie ? enchérit Sophie.

– Euuhh, non pas vraiment… Enfin, pas encore… Tu sais… on s’est rencontré seulement il y a quelques jours… mais j’ai tout de suite senti que le courant passait entre nous.

– Ah bon ! Et votre rencontre s’est passée comment ? s’intéressa Sophie.

– Ben, j’étais au bar, chez Georges pour l’After Work, lorsqu’une fille superbe s’est approchée de moi. Elle m’a fait un grand sourire et m’a demandé si j’avais du feu. Et puis comme son paquet était vide, je lui ai offert une cigarette et l’on a commencé à bavarder, voilà quoi… Et tu ne peux pas savoir comme elle a été reconnaissante que je lui offre une clope, juste comme ça…

– Si, si, j’imagine, dit Sophie, et après elle t’a aussi suggéré de lui payer un verre parce qu’elle avait oublié son fric…

– Comment tu sais ça ? demanda Jean qui se posait des questions sur l’empathie de Sophie.

– Vieux truc de nana pour se faire payer un pot, tu ne l’as pas compris ?

– Ah bon… Mais en tout cas, ça m’a fait plaisir de le lui offrir. Après, on a commencé à discuter art, musique, photos, fringues. Tiens par exemple, tu sais qu’elle fabrique ses propres vêtements et qu’elle a créé une collection ?

– Une collection de vêtements ? s’étonna Sophie.

– Oui parfaitement… et il paraît que ça va faire un tabac cet été, triompha Jean.

– Et c’est quoi comme style ? émit Apolline, soudainement intéressée.

– Elle appelle ça SummerWear fun exotique !

– Tendance Groucho ? rigola Sophie.

– Euh… je ne sais pas trop, mais je crois qu’elle s’est inspirée d’un truc très en vogue au Brésil qu’elle a adapté, dit Jean, sans relever la perfide répartie de Sophie. Elle est en train de prendre des contacts pour les vendre.

– J’ai hâte de voir ça, dit Apolline.

– Tu verras… Elle doit venir avec quelques-uns de ses modèles et profiter de cette occasion pour les proposer à des boutiques de l’île, déclara Jean enthousiaste.

– Ben, dis donc, tu as l’air drôlement accro, lança Apolline.

– Ouais, c’est une chic fille et je suis sûr qu’elle a du talent. Et ce n’est pas parce que Marc et Paul ont dit du mal d’elle que je ne dois pas l’apprécier.

– Ils ont surtout dit qu’elle avait une tendance un brin nympho…, objecta Sophie.

– Pas nympho, seulement exubérante.

– Ça revient un peu au même, non ?

– Arrête. Vous, les filles, vous êtes toujours en train d’être jalouses les unes des autres, mais si vous trouviez un mec qui vous plaît, j’imagine que vous ne seriez pas les dernières !

– Tous pareils, dit Sophie avec un rire forcé, en s’adressant à Apolline, ils croient que les nanas sont à leurs pieds sous prétexte qu’on leur a fait un bisou.

– Il n’a peut-être pas complètement tort, suggéra Apolline avec un clin d’œil.

– Pas encore partis ? s’enquit Paul, qui venait d’arriver avec Marie.

– On attend Marc, dit Jean. Ah, le voilà ! Eh bien, il t’en a fallu du temps pour prendre ta douche !


Jean regarda sans comprendre les deux chipies en train de pouffer dans leur coin.


– Il doit être un peu coquet, osa Sophie.

– Ou alors, il se fait beau pour nous plaire, minauda Apolline.

– C’est bon ? On y va ? dit Marc sans faire de commentaires.

– On t’attendait, figure-toi, notifia Apolline.

– OK… Donc vous restez là ? demanda Marc en s’adressant à Paul et Marie.

– Oui, répondit Marie. On a envie de prendre notre temps. Et comme ça, Paul et moi, on vous prépare un petit truc à manger pour ce midi, quand vous reviendrez.

– Bon, eh bien, à tout à l’heure, alors !



Oo–oOo–oO



– Tu avais envie d’aller au port avec eux ? demanda Marie en rentrant dans la villa.

– Non, je préfère qu’on prenne un peu de temps ensemble. C’était plutôt speed ces dernières semaines, dit-il en lui entourant les épaules.


Elle se serra contre lui.


  • — Oui, c’est vrai qu’on n’en a pas eu beaucoup pour nous depuis un moment.

– Maintenant que nous sommes seuls, je pense que quelques instants de douceur caressante ne nous feraient pas de mal, d’autant plus qu’on n’aura sans doute plus d’occasions de tout le week-end.


Marie s’accrocha autour du cou de Paul, et lui fit un petit baiser.


– Mais on ne devait pas préparer à manger ? murmura-t-elle en lui tendant ses lèvres.

– Ah oui… C’est vrai… Tu as raison. Tant pis, il faut qu’on s’y mette…

– Noooon, salaud. Tu sais parfaitement de quoi j’ai envie, câlina-t-elle.

– Non, je cherche, mais je ne vois pas, fit-il joueur.

– Je voudrais que tu me caresses et que tu me baises, émit Marie dans un souffle, en l’embrassant dans le cou.

– Tiens donc. Ça te prend comme ça ?

– Je te rappelle que ce matin je suis un peu restée sur ma faim. Tu étais un peu atteint de molassonite, il me semble.

– C’est peut-être, parce que tu n’avais pas su m’exciter assez, répondit-il

– Ah, je n’ai pas su t’exciter ! Attends, si c’est un défi, tu vas voir ! Viens par ici, répliqua-t-elle.


Elle attrapa Paul par la main et l’entraîna dans l’escalier vers la chambre du premier, encore pleine de leurs désordres de la nuit. Une fois entrés dans la pièce :


– Tu restes là et tu me regardes, dit Marie péremptoire, en le poussant contre le mur.


Elle monta sur le lit, se mit en face de lui, croisa ses bras sur ses hanches pour remonter son débardeur et le faire passer par-dessus sa tête. Sa poitrine jaillit, ronde et arrogante, absolument adorable. À travers les persiennes entrouvertes, un rayon de soleil fendit la pénombre pour se poser sur son buste et la saillie de ses tétons, ce qui la rendit extraordinairement désirable. Elle en avait parfaitement conscience.


Tout en fixant Paul dans les yeux, elle se caressa doucement les seins du bout des doigts, comme il avait si souvent dit qu’il aimait la voir faire. Ses petites pointes roses devinrent dures au milieu de ses larges et tendres aréoles. Elle cambra son adorable cul et en ondulant, prit son temps pour ôter son short qui rejoignit le débardeur sur le sol. Simplement vêtue d’un mini-slip noir, elle s’allongea sur le lit et s’appuya contre les oreillers. Après avoir joué avec ses seins érigés, elle bomba sa poitrine pour qu’il puisse voir combien elle s’offrait à lui et fit descendre une main sur son ventre duveteux, jusqu’au doux renflement de son pubis.


Lentement, ses doigts firent des allers et retours le long de sa fente, dont les contours se dessinaient de plus en plus nettement au fur et à mesure que le tissu s’imbibait de sa féminité. Puis, le regard toujours provoquant, les jambes suffisamment écartées pour dévoiler sans trop montrer, elle déplaça légèrement le dernier rempart d’une bienséance qui n’était plus de mise. Elle inséra ses doigts en dessous, vers une fine toison soyeuse et des lèvres gonflées de désir.


Quand elle fut sûre que Paul était au paroxysme de l’excitation, elle souleva ses hanches et leva ses jambes fuselées à la verticale. De ses deux mains, elle fit glisser l’ultime obstacle à sa complète nudité, découvrant le fruit convoité encadré par deux magnifiques globes clairs. Son slip rejoignit ses autres vêtements. Entièrement nue, elle s’exhiba avec impudeur à la vue de Paul.


Accompagnés de mouvements sensuels du bassin, ses doigts se firent plus audacieux sur son sexe. Son index et son majeur écartèrent ses corolles humides dans de lentes circonvolutions, laissant apparaître par instant l’entrée de son petit cul légèrement violine et son délicieux bouton rose, brillant de cyprine. Le souffle court, les yeux mi-clos, elle observait malgré tout Paul qui visiblement n’en pouvait plus. Elle voulait pourtant le mener encore plus loin.


– Regarde-moi comme je te désire, mon Paul. Maintenant, déshabille-toi. Je veux te voir. Montre-moi que toi aussi, tu as envie de moi.


Paul, que le jeu de Marie avait mis dans tous ses états, accéda à sa demande avec fébrilité. Rapidement, il fut aussi nu qu’elle, prit dans sa main sa verge turgescente et commença une lente masturbation. Au bout de quelques instants de ces plaisirs solitaires et pourtant partagés par le regard, Marie, maîtresse de leur récréation, l’invita à venir sur elle, les délivrant tous deux de cette attente douloureuse.


Il arriva entre ses jambes, sa bouche remplaça les doigts de Marie, qui enfin put s’abandonner à d’autres caresses que les siennes. Quand il entendit que ses gémissements augmentaient, il remonta le long de son ventre, lentement, très lentement comme pour se venger de l’attente qu’elle lui avait fait subir. Il atteignit ses seins qu’il enveloppa de ses paumes, sa langue traçant un sillon humide sur le pourtour de ses aréoles du plus tendre des roses, ses lèvres suçant et jouant avec les pointes dressées.


Leurs baisers se mêlèrent de nouveau, encore plus fiévreux et plus impatients. Marie investit de ses mains le large dos de Paul, palpa sa peau souple qui roula sous ses doigts, puis alla à la rencontre de sa verge pour la saisir et se caresser autrement. Il accompagna son mouvement, complice de son plaisir. Complètement inondée et n’y tenant plus, elle introduisit le sexe de son amant dans son antre, en murmurant à demi consciente :


  • — Baise-moi, mon Paul, j’en ai trop envie, baise-moi maintenant !

Ces quelques paroles accrurent encore l’excitation de Paul qui lui répondit et obtempéra. Il fit pénétrer son long membre jusqu’à la garde en une fois. Marie, surprise, en prit un plaisir infini qui provoqua l’augmentation de ses râles. Il fit en sorte de donner le maximum d’amplitude à ses mouvements pour que les sensations soient les plus fortes. Il savait qu’elle adorait le sentir sur le point de s’échapper, mais qu’au final cela ne se fit pas. Il accéléra sa cadence, ralentit, repartit, joua de leurs impressions imbriquées, invita Marie à nouer ses jambes sur son dos pour augmenter sa jouissance… Leurs halètements ponctués de paroles comprises d’eux seuls devinrent des cris qui les amenèrent ensemble à une explosion de tous leurs sens, le corps moite et le souffle court.

Longtemps, ils restèrent enlacés, le sommeil les surprit un peu, puis ils se séparèrent enfin, pleins des senteurs de l’autre.



Oo–oOo–oO



Pendant ce temps, je parcourais à bonne allure, avec Sophie, Apolline et Jean, les quelques centaines de mètres qui nous séparaient du port.


Je marchai à côté de Jean, les deux filles devant nous, évidemment en pleine conversation. Nous n’aurions pas été là, c’eût été pareil. Néanmoins, je n’étais pas mécontent d’être derrière elles, car j’en profitais pour porter mon regard sur les croupes ondulantes des deux petites nanas. Chacune de leurs moitiés jouait avec l’autre, les deux paires parfaitement synchronisées formaient une chorégraphie à la fois sensuelle et quelquefois nerveuse, quand la topographie de la route la perturbait. À ce moment-là, leurs hanches se touchaient subrepticement, puis reprenaient leur mambo de connivence. Le pli horizontal, souligné par liséré du short moulant qui marquait la frontière entre leurs jambes dorées et leurs rondeurs, s’amusait aussi de l’alternance en soulevant légèrement leurs demi-culs et les faisant tressauter.


Je connaissais le cul de Sophie, mais celui d’Apolline me paraissait aussi des plus appétissants. Je repensai alors aux paroles de ma belle qui m’avait confié à demi-mot que je ne laissais pas sa copine indifférente. Je me pris à fantasmer sur une expérience à trois, comme celles que j’avais eu l’occasion de lire dans certains romans.


Et pendant tout le trajet, Jean aussi n’arrêtait pas. À travers mes pensées, quelques-uns de ses mots me parvinrent, lointains. Je saisis qu’il se confondait en excuses, qu’il dit ne pas avoir su pour Chloé et moi, que je ne devais pas m’en faire, que c’était une fille formidable, qu’il fallait juste mieux la comprendre…


Tu parles ! Je la connais bien mieux que toi, mon petit Jean, pensai-je. Si tu savais comme elle m’a fait tourner en bourrique avec ses sautes d’humeur, ses dragues incessantes sous mes yeux. Chloé veut avoir tous les mecs à ses pieds. C’est vrai que son physique peut lui donner raison, mais moi, j’avais une autre idée de notre relation, et surtout pas envie d’être la risée de tous. Pour être franc, je crois bien que c’est elle qui m’a choisi, plutôt que l’inverse. Mais je m’étais surpris à éprouver rapidement quelques sentiments pour elle. Le jour où la coupe fut pleine et que j’ai dit « stop », espérant montrer de l’autorité, elle ne l’a pas supporté et a tout fait pour me ridiculiser devant mes copains. La douleur fut d’autant plus vive que souvent dans ce genre de situation, il n’y a plus d’amis. L’attrait d’une place libre de choix est trop fort. Je me suis fait une raison. C’était il y a six mois et je n’avais pas revu Chloé depuis.


Les premières ruelles pavées, un peu sombres de leurs logis rapprochés, au bout desquelles palpitait la lumière du port, me tirèrent de mes réflexions. Joyeuse cacophonie de cris de mouettes mêlés à ceux des pêcheurs qui déchargeaient leurs prises de la nuit, de tintements de haubans en escale et de martèlement sourd des moteurs allant et venant.


En débouchant sur le quai, les deux filles furent émerveillées. Les façades colorées des maisons, repeintes à neuf pour la saison, qui encadraient le bassin où les bateaux multicolores vivaient au gré de la légère houle, représentaient le décor type de carte postale. Le soleil y ajoutait une joyeuseté de petit paradis.


– Oh Marc, c’est magnifique ! s’écria Apolline, en s’accrochant à mon bras. Je n’ai rien pu voir hier soir, il faisait trop sombre. Mais qu’est-ce que c’est beau !

– Oui, que ça doit être bien d’habiter ici ! rajouta Sophie qui, soudainement rendue romantique par le spectacle, posa sa tête sur mon épaule.


Seul Jean, dont les préoccupations étaient autres, ne semblait pas très concerné.


– Oui c’est chouette, mais est-ce que tu crois que la navette est déjà arrivée ?


Je ne pouvais même pas lui en vouloir de ne pas être sensible au charme du moment, tellement je le sentais impatient et plein d’espoirs. « Laisse-le vivre ça, pensai-je, il sera toujours temps d’intervenir plus tard. »


– Tu vois bien que non. Elle n’arrive que dans une demi-heure. Bon, tu restes là ou tu viens avec nous ? De toute façon, on repasse par ici.

– Pourquoi ? Vous n’attendez pas avec moi ?

– Je te rappelle qu’on doit aller faire les courses pour ce soir, lui dis-je.

– Et nous, il faut qu’on achète un maillot de bain, ajouta Sophie.

– Soyez sympas… Le bateau arrive bientôt, plaida Jean. On n’aurait pas le temps de faire tous les achats… Allez… venez, je vous paye un café pendant ce temps.

– Tu as peur de l’attendre seul ? demanda Sophie.

– Non, non répondit trop vivement Jean, mais elle se sentirait bien accueillie, si on est à plusieurs.

– Justement, je ne suis pas sûr d’avoir vraiment envie de bien l’accueillir, dis-je.

– Bon… On peut patienter un peu, si ça fait tellement plaisir à Jean, formula Apolline qui avait saisi la vraie raison de sa demande, on fera les courses après.


Moi aussi, j’avais compris que c’était à cause de sa timidité, que Jean voulait notre présence. Je me laissai convaincre, car je souhaitais aussi profiter un peu plus du moment.


– OK, d’accord, concédai-je dans un soupir, allons au Pousse-pied, c’est juste à côté. De là, on ne pourra pas manquer le ferry.

– Super, t’es vraiment un pote, dit Jean tout ravi.


Nous étions assis à la terrasse depuis seulement quelques minutes et je récapitulai les achats à faire pour la soirée :


– Tu vas trouver tout ça, ici ? demanda Sophie.

– Oui, j’ai déjà tout réservé par téléphone à l’épicerie et après on passe chez Yann, c’est un copain pêcheur, il a dû me mettre de côté quelques trucs, vous verrez…

– Et pour notre maillot ?

– On ira tout de suite après, ou avant si tu veux…

– Pourquoi envoie-t-il des coups de sirène sans arrêt, ce chalutier ? interrompit Apolline en pointant le doigt vers un bateau bleu situé à une trentaine de mètres.


Tout à ma discussion, je n’avais pas relevé qu’en effet, un petit chalutier beuglait à tout va. Nos regards se portèrent vers l’endroit où il accostait. D’autres têtes se tournaient. Certains s’arrêtaient pour regarder ce qui se passait. Le pêcheur, qui avait sauté à terre et s’activait avec ses amarres, criait quelque chose à une personne restée à bord, qui gesticulait en notre direction.


Je me levai d’un bond.


– Mais c’est le bateau de Yann ! Qu’est-ce qui lui arrive ? dis-je.

– Tu crois qu’il a un problème ? demanda Jean.

– Oh misère ! Oui, si on peut dire, une sorte de problème. Et je pense savoir lequel, répondis-je.

– Il y a quelqu’un à l’avant qui nous fait de grands signes, remarqua Apolline.

– Oui, il semble bien que quelqu’un t’appelle, me dit Sophie.

– Mais… c’est Chloé ! lâcha Jean ébahi.

– Tu n’avais pas dit qu’elle devait arriver par le prochain ferry ? demanda Apolline

– Si, si, je ne comprends pas… non ce n’est sûrement pas elle !

– Je crois bien que si, mon petit Jean. Je ne vois pas qui ça pourrait être pour créer un tel raffut. Voilà les filles, vous allez faire la connaissance de Chloé… Allez, on y va.




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n° 13543Samuel27/10/09
Quoimagueule.com
critères:   fh telnet humilié(e) jeu humour -internet
6781 caractères      
Auteur : Samuel


Ils s’étaient rencontrés sur le site Quoimagueule.com. Une fraîcheur juvénile avait teinté leurs premiers dialogues :


  • Moi sait Roland et toi ?
  • — Moi ses Roberte. Ses incroillable comme coinsidance !
  • — Quoi ?
  • — On commanche tout les 2 par Ro si je comprand bien.
  • — Ah oui, j’avais pas remarké.

Puis Roland s’était fait plus pressant :


  • Alors ?
  • — Alors quoi ?
  • — Ben, quantesqu’on…
  • — Con quoi ? Con se voie ?
  • — Ben oui, faut commenser par se voir. Sa fé déjà 3 mois kon est un peu comme des cons devant un ordinateur.
  • — Oui, mé on peut pas non plu…
  • — Quoi je ne té pas plu ?
  • — Si, non, j’ai pas di sa. Je disé qu’il faut pas se préssipiter. Envoi-moi une foto de toi fraiche.
  • — Tu ve dire que je sui pas frais ?!
  • — Non, la foto que je voudrai qu’elle soye fraiche. Ressente si tu préfair.

Et Roland avait envoyé une superbe photographie qu’avait prise de lui sa belle-sœur alors qu’il était en plein travail pendant un barbecue. On le voyait saisir à pleines mains les saucisses et les chipolatas, un torchon sur l’épaule, sous le regard admiratif d’un gamin en trottinette rouge et d’un chien toute salive dehors. On sentait combien Roland avait du charme et une virilité qui ne demandait qu’à s’exprimer si les circonstances s’y prêtaient. Quelques jours plus tard, le dialogue reprit :


  • La foto est shouette, mais je trouve que t’a un peu de vantre. Bon, c’est pas les sentiels.
  • — Mais non, sait la foto qui déconne. Moi, j’ai pas un grammme de bide!
  • — Si, un peu kand m’aime.
  • — Sur ta foto à toi, je pe en dire moi aussi si je ve. Parske on voi pas trot si tas de la poitrine.
  • — Je te redi que c’est pas les sentiels. Les sentiels pour moi, ses un omme qui même.
  • — Oui, mé alor on commenche kan ?
  • — À quoi ?
  • — À s’aimer !
  • — Si tu as pa aimer la foto, je sest pas quoi panser.
  • — J’ai pas di chat. J’ai dit que on croirreait que tu n’as pas trot de poitrine.

Il faut dire que Roberte avait envoyé une photographie décorative où elle était bien mise en valeur. Elle s’était prise elle-même dans sa chambre devant sa coiffeuse. Elle avait soigneusement bouclé sa chevelure léonine, mais c’est vrai qu’elle n’avait pas pensé à gonfler un peu les poumons. Mais le couvre-lit d’un rose vif et superbe, sur lequel étaient précautionneusement posées des poupées en véritable porcelaine auraient dû attirer l’œil de son amoureux et lui montrer qu’il avait affaire à une future femme de goût. De fait, Roberte se demandait s’il avait reconnu en arrière plan le poster de Mike Brant ou s’il était complètement inculte.


Un jour, devant son écran, Roland fut surpris par une initiative de la jeune femme :


  • Si, par example, je di bien par example, on se trouves par example dans la m’aime chembre, questceque tu ferez par example? Répon-moi sinserrement.
  • — Je demanderez dabord combien coutte la chembre, parske si sait un hotel 7 étoiles par example, je pourrai pas payer,
  • — Non, mais admeton que ses gratuit, par example.
  • — Si sait gratuit, je dirai merci dabord.
  • — Ses bien, tu es poil.
  • — Je sui à poil ?
  • — Non, j’ai male écrit tu es poli, je ve dire.
  • — Toi aussi, tu es à poil ?
  • — Non, je ve dire POLI. Je m’ai trompé de laittre.
  • — Bon, ben, on fait l’amour et on range bien tout, surtout qu’on a pas péyé. Faut rendre la chembre propre kand m’aime.

Bref, nos tourtereaux s’entendent assez bien, mais cette communication par clavier interposé commence à leur peser. Pourtant Roberte ne se résigne pas et elle veut en savoir plus sur son chevalier servant avant de le rencontrer physiquement. Elle insiste et le dialogue devient plus intime.


  • Décrit moi ta tenu.
  • — Un joli corp sage bleu, une jupe originale avec des motifs de plage : cokiyages, mouets, crevets et toiles de mer.
  • — Et dessous ?
  • — Tu es un vilun obsaidai. Jai des dessous normo et blanc ;
  • — Aujour d’aujour d’hui, on va fair un jeu.
  • — Da kor.
  • — Je te donne desordre et tu va mobéir.
  • — Da kor. Pour moi, ses plu simple.
  • — Alor enlaives tes dessous.
  • — Mais j’ai rien sous mes dessous !
  • — Justemant.
  • — Bon da kor, mai seulemant si ses un je.
  • — Ouais, jt’ai dit que oui. Tu la fait ?
  • — Oui, mais si kelkun sans doute ?
  • — Prend un craillon et écrit sur ta po, juste au-dessus de ta foufounette : trou à prendre.
  • — Ses sur que ses toujour un je ?
  • — Oui, bien sur.
  • — J’arrive pas à écrir à lanver. C’est impossible, s-truc la !
  • — Tu veux que j’arrive le fer ?
  • — Oui, ca sra plus facile.
  • — Donne ton adress.

Et c’est avec ce simple stratagème que Roland réussit à savoir où se trouvait la maison de sa promise. Il arriva avec un gros stylo à encre noire. Et il prit un immense plaisir à écrire sur la peau satinée de sa bien-aimée : TROU À PRENDRE. Il hésita même à mettre le pluriel à trou, mais il ne se souvenait plus très bien des règles de grammaire. (Ne fallait-il pas un x à trou ?) Puis il dit à Roberte qu’il fallait donc s’employer puisque c’était écrit : à prendre. Elle demanda s’il s’agissait toujours du même jeu et il la rassura. Je passe sur les détails d’une scène d’amour romantique à souhait. Et quelques jours plus tard, la conversation électronique reprit :


  • Di don, je mé lavé et impossible sa ne part pas! Ses de l’ancre un des débiles !
  • — Ses pas grave. Ses pas une rézon pour me tréter de débile.
  • — Si parske j’ai un vizite médicinale demain.
  • — Merde, il faudrait écrire : Trou plus a prendre.
  • — Tu rigoles ou koi? Qu’estke j’fais ?
  • — Tu explike que sait un jeu.

Effectivement, Roberte devait passer une visite médicale pour commencer un nouveau travail. Elle y alla, rouge comme une tomate. Le jeune médecin examina d’abord la poitrine avec un certain plaisir. Puis il lui demanda de se déshabiller. Roberte resta inerte, comme un mannequin de cire. Il insista, et elle se résolut à se dévêtir en faisant entendre d’immenses soupirs. Le médecin resta interloqué à son tour quand il découvrit l’inscription et il se persuada que cela avait été fait à son intention. Elle essaya bien de lui expliquer, mais elle s’embrouilla. Autant elle était à l’aise à l’écrit, autant elle avait toujours été calamiteuse à l’oral. Elle était trop timide. Et ce qui devait arriver arriva… Le pire, c’est que cela se reproduisit dans la même journée à la piscine avec un nageur un peu curieux et à la plage avec un nudiste culotté. À peine rentrée chez elle, Roberte fit chauffer le clavier :


  • PAR TA FÔTE, jé été bézée par un toubid, un nageur, et même par un nudist. Tu t’rend conte : un tipe tout nu !!! Kelle indéchance !
  • — LES SALOPS ! Je vé leur kasser la guueule, moi ! Et toi, tu pouvez pas expliker le k ??!! Le mieu est décrire à la suite : AVANT LE 5 OUT. Voilà comme ça on resolut tout : TROU A PRENDRE AVANT LE 5 OUT. Comme on est déjà le 10 out, rien à péter.
  • — Mé il y plus la place !
  • — Mé si tu te rase, il y a la place.
  • — Me rasais là !
  • — Ben quoi, sait moderne. Demande autour de toi.
  • — Da kor, mé il faudrait peutaitre mettre l’année, parske lan prochun, ca va recommencait.




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n° 13228Trois ans que je l'avais dans la tête !04/04/09
L'île de la tentation
critères:  fh ff ffh plage cunnilingu pénétratio fsodo -extraconj -tarifé -plage
84467 caractères      
Auteur : Catherine

Moi je l’aime bien, Camille. Peut-être parce c’est avec elle que je m’entends le mieux, peut-être aussi parce que c’est la seule rousse de l’équipe, tout le monde se demande d’ailleurs comment elle fait pour ne pas griller au soleil avec sa peau de lait.


Si les filles sont toutes ravissantes, toutes plus sexy les unes que les autres, et accessoirement, même si elles prennent un malin plaisir à ne pas le montrer, pas sottes du tout, j’ai d’ailleurs pu le vérifier lorsque la situation était particulièrement tendue avec la production pour une simple affaire de gros sous, Camille, elle, elle a quelque chose que, comment dire… que les autres n’ont pas.


Enfin pour être honnête, je l’apprécie encore bien davantage quand elle ne se fait pas prier et que je ne l’attends pas. Là, au beau milieu de l’immense salle de restaurant déserte et qui donne sur la tout aussi immense et déserte plage de sable blanc, je devais la coincer pour la prendre là, à l’improviste, derrière le bar, entre la liste des cocktails et les bouteilles d’alcool.


Tout cela avait été minutieusement mis en scène et scénarisé, comme l’immense majorité des scènes que le spectateur doit continuer de croire imprévues. Seulement, voilà, tout s’était bien déroulé jusqu’à ce que je fasse glisser le bas de son minuscule maillot, et qu’à ce moment, le preneur de son se prenne malencontreusement les pieds dans son câble en reculant, et s’étale de tout son long sous l’une des tables, faisant voler un peu partout les ananas, papayes et autres goyaves qui étaient là pour le décor.


Résultat, un fou-rire insensé, et si cela n’a que très peu d’importance pour moi et toute l’équipe, cela n’est pas le cas pour Camille dont le maquillage venait de fondre littéralement sous ses larmes de rire.


Et du coup, retour à la case maquilleuses, et cela fait un bon quart d’heure que nous l’attendons… Ah, la voilà qui revient.


Alors, après avoir vérifié que tout le monde est en place et que le câble farceur est cette fois au bon endroit, on rejoue la scène que nous devions exécuter.


Donc, elle passe nonchalamment près de moi, tout occupé que je suis à siroter tranquillement un Daiquiri en attendant que, dehors, le soleil chauffe un peu moins vu qu’à l’intérieur, malgré les ventilateurs et les courants d’air, la température doit quand même avoisiner les trente degrés bien sonnés. D’une certaine façon, cette moiteur la rend encore plus attirante, Camille, avec ce léger paréo qui, transpiration oblige, devient de plus en plus transparent au fil du temps et dévoile une fois de plus sa plastique parfaite. Oui, une fois de plus, puisque tout le monde, que ce soit l’équipe sur place ou les spectateurs à l’autre bout du monde, la connaît désormais sous toutes ses coutures. Mais comme personne ne semble s’en lasser, à commencer par moi-même, autant en profiter…


Donc elle passe auprès de moi tranquillement, ondulante et désirable, tout en faisant mine de m’ignorer. Là, je l’attrape par le bras et je lance mon texte :


  • — Holà, ma jolie, tu vas où ?
  • — Ben, je rejoins Marc, il me cherche, répond-elle, l’air toujours aussi innocent.
  • — Je viens de le voir avec Clara, ton Marc, et ils sont très occupés. Par contre, viens donc voir par ici, j’ai quelque chose à te dire.

Ce faisant, je me lève du transat, et la prenant dans mes bras, je la pousse doucement vers l’arrière du bar et, bien entendu, script oblige, elle fait l’air étonné mais ne résiste pas le moins du monde à mon invite.


Là, tout va très vite, je me glisse derrière elle, défait d’un geste précis le nœud du paréo qui tombe aussitôt sur le sol, et elle apparaît, toujours aussi belle, dans ce deux pièces en imprimé panthère qu’elle ne quitte jamais et qui est en passe de devenir légendaire. Un autre geste précis pour faire sauter le nœud du soutif, et je tiens désormais dans mes mains ses seins si fermes qu’ils en semblent irréels.



Vrais ou faux, peu m’importe, je les malaxe désormais doucement, jouant délicatement avec les pointes qui se dressent aussitôt, tandis que le caméraman n’en perd pas une miette. La perche du preneur de son s’approche, cela veut dire pour Camille qu’il est temps pour elle de se lancer dans le grand air du deuxième acte. Elle commence donc à gémir doucement, au rythme de mes caresses, mimant à la perfection la fille qui se délecte de ces mains qui pétrissent son corps.


Mes mains, justement, viennent de quitter cette poitrine orgueilleuse pour descendre sur ses hanches graciles, et là encore, ce ventre délicieusement plat, ce délicat nombril dans lequel scintille une pierre précieuse ou encore cette peau de velours, tout cela mériterait que l’on y passe des heures ; mais des heures, nous n’en avons pas.


Aussi continuent-elles leur petit bonhomme de chemin jusqu’à ce qu’elles parviennent à quelque chose qui est certes beaucoup plus grand qu’un simple string mais qui n’en cache pas assez pour mériter pour autant le nom de culotte.


Toujours est-il que je délace aussitôt les deux cordons qui courent sur les côtés ; cette fois le preneur de son ne s’emmêle pas avec le câble, et tandis que le triangle de tissu tombe doucement sur le sol, je glisse ma main devant la chatte de Camille comme pour la caresser.


Là encore, cela semble naturel, mais en réalité, c’est calculé, cela n’a absolument rien de spontané.

En fait, depuis nos accords avec les producteurs, il a été prévu trois émissions au lieu d’une seule : une à 19h45, parfaitement tous publics, où nous nous baladons au soleil, parfois la main dans la main, où le spectateur peut profiter de jolies filles en maillot de bain, de plages de sable blanc et de décors de rêve, voire quelquefois d’un petit bisou échangé à la sauvette. Puis une autre à 22h30, où cette fois tout le monde voit bien que notre petit monde passe son temps à forniquer joyeusement, mais sans entrer dans les détails et surtout sans rien montrer de compromettant ; et celle de minuit, qui a justifié à elle toute seule la création d’une chaîne cryptée – et bien entendu payante – dont le nombre d’abonnements explose de jours en jours et où, cette fois, le spectateur voit absolument tout dans les détails.


Et justement, cette main qui cache la case trésor de Camille, cela vient du fait que s’il est très exceptionnellement possible d’apercevoir quelques poils pubiens à l’heure où les enfants sont couchés, il est hors de question de montrer une chatte dans toute sa splendeur. Or, si Camille, comme presque toutes autres filles d’ailleurs, a gardé quelques poils sur le pubis, son abricot est parfaitement lisse et ne peut donc pas être montré à la caméra…


Et comme, parallèlement, le public n’aime pas le floutage que le CSA rend obligatoire ; déjà qu’il ne décolère pas de ne pas avoir réussi à interdire cette émission ; nous avons trouvé cette discrète parade, celle qui consiste à cacher le corps du délit avec la main à chaque fois que celui-ci risque d’être vu.


Ah, l’on vient de nous faire un petit signe de la main. La partie hard, celle qui sera diffusée à minuit et qui, plus tard, fera l’objet d’un DVD, peut commencer. L’ennui, c’est que depuis un petit moment, j’ai un léger problème ; j’espérais qu’il allait se résoudre tout seul, mais manque de chance, il n’en est rien. Je profite de ce que le cadreur est à droite pour me pencher doucement vers la gauche de Camille et lui glisser discrètement à l’oreille :


  • — Purée, je bande pas…
  • — J’avais remarqué, pouffe-t-elle.

C’est vrai que depuis dix minutes, je frotte plus ou moins discrètement mon bassin contre ses fesses presque nues, dans le but d’obtenir un résultat probant. Mais, comme je porte un caleçon de bain assez ample, elle n’a pas pu ne pas remarquer que rien de précis ne se pressait contre son cul.


  • — Alors, on fait quoi ? réponds-je, inquiet.
  • — T’inquiète, caresse-moi la chatte, je m’occupe du reste…

Dans une autre situation, j’aurais sans doute ajouté "ce que femme veut… ", mais là, il faut bien reconnaître que si son stratagème fonctionne, elle me sort d’un sacré mauvais pas. Certes, tout cela peut très bien être coupé au montage, même si c’est censé être diffusé en direct, mais cela fait quand même mauvais effet, ne serait-ce que vis-à-vis d’une fille que j’aime bien, qui fait sans doute bander tous les mecs de France et de Navarre, mais qui me laisse, provisoirement j’espère, de marbre. Cela aurait été tellement mieux que ce soit mon sexe qu’elle laisse de marbre…


En attendant, ma main glisse un peu plus bas, à la rencontre de ce si joli abricot qui, cette fois, doit être plein cadre dans le viseur de la caméra. Tandis qu’avec mon pouce, je joue un peu dans cette minuscule toison de poils aussi flamboyants que ses cheveux, mon index se glisse à la rencontre de ses lèvres déjà entrouvertes et de la rosée qui semble déjà avoir envahi les lieux. Le temps de récolter un peu de cette liqueur sur le bout de mon doigt, je remonte vers le clitoris de la belle qui, à ce simple contact, se met à vibrer tout entière sous la caresse. Camille semble déjà en transe, et les petits cris qu’elle pousse déjà alors que je n’ai fait qu’effleurer son bouton d’amour sont annonciateurs d’orage.


En fait, si elle ne mouillait pas autant, je penserais à coup sûr qu’elle est en train d’en faire des tonnes, comme la quasi-professionnelle qu’elle est devenue se doit de le faire. Quoi qu’il en soit, mes doigts continuent plein cadre leur petit manège, et c’est désormais avec un mélange de brutalité et délicatesse que je la pistonne du bout de mon doigt.


De temps en temps, j’arrête quelques instants, avant d’y replonger, et là, presque à chaque fois, elle ne peut retenir un petit cri… Là encore, est-ce vrai ou est-ce du cinéma, je ne saurais dire, mais ça m’a l’air rudement bien imité…


Indifférente à ce dilemme, mon autre main est remontée jusqu’à sa poitrine, que je me mets à effleurer calmement, en m’efforçant d’être le plus tendre possible, prenant désormais à tour de rôle les seins de Camille à pleine main, les malaxant, les caressant, les soupesant avec toute la douceur dont je suis capable, autant que leur belle taille le permet.


Tiens, c’est assez curieux, je ne l’entends plus. Elle a la bouche grande ouverte, le regard dans le vide comme me le confirme le grand miroir à quelques mètres de nous, elle a la posture caractéristique de l’actrice de X qui fait mine d’apprécier au-delà du raisonnable le traitement de son partenaire, mais elle se tait. S’il s’agissait d’un problème technique, l’on m’aurait averti, alors, une idée germe alors dans mon esprit.


Quitte à passer pour un présomptueux, et si, tout simplement, caméra ou pas caméra, elle était réellement en train d’apprécier ce que je fais ?


En attendant, j’ai maintenant un accès sans limite à son sexe ruisselant et j’en profite pour faire disparaître, à l’orée de sa chatte, un doigt, puis deux, puis trois, que je fais ensuite doucement aller et venir dans un petit bruit mouillé absolument délicieux.


Tiens, le son semble revenu, cette fois, c’est certain, les petits cris qu’elle pousse ne sont pas ceux que je lui connais quand elle triche. Non, Camille a vraisemblablement oublié l’équipe qui nous entoure, je ne suis d’ailleurs pas loin de faire de même, la preuve en est qu’elle se met à respirer de plus en plus fort, tandis que son bassin semble soudain animé d’une vie propre, cherchant mes doigts comme pour pouvoir se les enfoncer encore plus profondément. Ses cris de plaisir, qui ne sont absolument plus simulés, au grand plaisir du preneur de son, deviennent alors de plus en plus aigus, de plus en plus insistants, tandis que ses coups de reins vers mes doigts redoublent de plus belle, doigts qui s’enfoncent désormais en elle aussi profond qu’ils le peuvent.


À ce moment précis, toute une escouade de flics viendrait à entrer dans le restaurant – comme certains le craignaient quand nous étions en guerre contre la production – que cela ne changerait rien. Îles tropicales obligent, un raz-de-marée viendrait à nous submerger qu’elle ne s’arrêterait sans doute pas davantage, emportée comme elle l’est par son tsunami à elle, celui de la jouissance.


Les yeux mi-clos, son cul vrillé dans mon bassin à m’en faire mal, elle pèse une fois de plus sur ma main comme pour chercher à l’enfoncer encore un peu plus loin en elle, la mâchoire serrée, le regard dans le vide. Il ne faut pas être très malin pour comprendre qu’elle se concentre désormais sur son plaisir qui monte, monte, monte…


Non, décidément, il n’y a plus rien de professionnel dans ses cris qui passent de nouveau un cap, devenant de plus en plus rauques, de plus en plus puissants, jusqu’à ce qu’elle pousse soudain un hurlement libérateur, son visage rejeté en arrière, les yeux plus que jamais dans le vide, face à un caméraman qui n’a sans doute jamais rien vu de tel. Après un ultime coup de bassin, elle se redresse, avant de se laisser tomber, nue et anéantie, sur le fauteuil du barman. Là, le visage défait, heureuse, elle revient doucement à elle.



Normalement, le script prévoyait que je la prenne par derrière, et que tout se termine par une giclée de sperme, comme dans tout bon film X qui se respecte.


Pas de problème en temps normal, sauf que le locataire de mon caleçon est toujours aux abonnés absents…


J’en suis à me demander ce que je vais bien pouvoir inventer quand la chance me sourit : au début de la scène, lorsque je devais arrêter Camille, était de lui dire que Marc était avec Clara. Et précisément – et cette fois cela n’était écrit nulle part –, la dénommée Clara est sur le point de se prendre un coup de queue magistral, là-bas, sur l’une des grandes tables du fond.


Du coup, toute l’équipe accourt vers eux, me sortant involontairement de ce mauvais pas.


Et à mon avis, à voir la violence des coups de reins du gars qui la besogne alors qu’ils viennent tout juste de commencer, à voir comment tout ce qu’il y avait sur la table est en train de se répandre sur le sol et, surtout, à entendre la façon dont Clara hurle son plaisir, ce n’est pas vraiment un coup pour rien.


Cela va faire une autre et excellente séance à intégrer dans le résumé de ce soir, ce qui arrange tout le monde.



Camille est désormais revenue parmi nous et est en train de se rhabiller.


  • — C’était pas mal, dis donc. J’espère que ça va leur plaire…
  • — Je pense… En passant, merci de m’avoir sauvé la mise…
  • — C’était tout naturel…

Puis, après un silence, elle ajoute d’un ton mutin :


  • — Mais en attendant, cette nuit, tu es à moi.
  • — Ah ? Et ça va donner quoi, pour les stats ?


Eh oui, même si nous avons quelque peu fait exploser le jeu, le principe est resté le même. Dans la version originale, le spectateur se demandait si untel ou untel allait craquer pour le beau sourire de la tentatrice, avec pour indices le nombre de pseudo-bisous échangés et le temps qu’ils passaient ensemble. Après, il y avait le montage et ce que le conjoint visionnait était toujours plus ou moins trafiqué pour qu’il ait envie de se venger et craque, lui aussi. Jeu de dupes évidemment, puisque les trois quarts du temps, les gars et les filles en rajoutaient avec des flots de larmes quand bien même ils savaient qu’en réalité, il ne s’était rien passé du tout.


Et tout ça, c’est le ressort de l’émission, ça fait de l’audience, et vogue la galère.



Tandis qu’avec nous, même si le principe du jeu est resté le même, c’est un peu différent, puisque les spectateurs savent que tout le monde baise avec tout le monde. Simplement, leurs pronostics sont désormais du genre "untel a couché avec machine trois fois, avec l’autre deux fois, pis elle l’a sucé six fois, moi je te dis qu’untel et l’autre, c’est du solide…"



  • — Je m’en fous des stats, et même si le public est persuadé que nous allons nous mettre ensemble à la fin du jeu, je m’en fous aussi. Ce soir, tu es à moi, tu me dois bien ça.
  • — Bon, d’accord… Dans ta piaule ou dans la mienne ?
  • — Dans la mienne, puisque chez nous, il a des caméras. Si j’ai sincèrement envie de faire l’amour avec toi, rien n’empêche d’essayer d’ajouter quelques zéros à nos chèques…

Elle m’étonnera toujours. Tandis que le la regarde s’éloigner, je me ressers un autre Daiquiri, l’autre est devenu imbuvable. Et tandis que je me rallonge dans mon transat, je repense à comment nous avons bien pu en arriver là.



---oooOooo---



Environs de Paris. Il y a… quelques années, hélas.



Il y a des personnes que l’on connaît depuis des années mais que l’on ne parvient toujours pas à cerner complètement et Véronique, Véro pour les intimes, fait partie de ceux-là.


Je l’ai connue sur les bancs de l’école primaire, et beaucoup plus tard, à un âge où garçons et filles se contentent – quelquefois – de se tenir tendrement la main et de se rouler quelques patins plus ou moins appuyés dans les couloirs, elle, elle avait quasiment exigé de moi "d’aller plus loin".


Intéressé, intrigué mais aussi un peu apeuré, j’avais accepté, et l’appartement de sa grande sœur avait été témoin de nos premiers ébats. Cela avait duré quelques mois assez formidables où, quel que soit le temps, nous passions tous nos mercredis après-midi à jouer à des jeux qui n’étaient théoriquement pas de notre âge…


Et puis, un beau jour, sans raison apparente, l’appartement n’a, comme par hasard, plus été libre. J’y ai cru un moment, jusqu’à ce que, toujours sans raison apparente, Véro se découvre ne plus avoir non plus le temps d’aller au ciné avec moi.


Dès lors, il a bien fallu que je me fasse une raison, les choses étaient claires, elle ne voulait plus de moi. Je venais de me faire larguer pour la première fois…



Par chance, si j’ose dire, malgré notre discrétion, notre petit manège avait intrigué pas mal de monde et notamment un petit nombre de filles qui avaient, elles aussi, envie "d’aller plus loin".


Oui, mais voilà, elles voulaient le faire avec un gentil garçon, qui aurait un peu d’expérience, qui ne les bourrinerait pas et qui, surtout, n’irait pas crier sa bonne fortune sur les toits.


Ce n’est évidement pas tout à fait à l’insu de mon plein gré que j’acceptais d’être celui-là… Et cela me permit alors d’oublier, au moins partiellement, ma très chère Véronique.



Les années passèrent, où je ne revoyais Véro que par hasard et toujours entre deux portes. Elle ne me manquait pas, elle ne m’empêchait pas de dormir, mais elle était quand même là tout le temps, tout au fond de mon cœur.


Et puis, un beau jour, je rencontrais THE nana, celle qui allait, j’en étais certain, faire battre mon cœur pour le reste de ma vie, voire peut-être un peu plus. Mais il parait que le bonheur n’est qu’une bulle de savon, j’en fis l’amère expérience lorsque, deux ans de vie commune plus tard et lassée de je-ne-sais-quoi, la belle reprit ses cliques et ses claques sans autre forme de procès.


J’étais désemparé, abasourdi, anéanti, je dormais à côté d’un téléphone désespérément muet, ruminant mon malheur, maudissant celle qui m’avait quitté.

Jusqu’à ce qu’elle m’appelle.

Je décrochais, le cœur battant, ce ne pouvait être que ma dulcinée qui m’annonçait qu’elle revenait…

Eh bien non, c’était presque mieux…



Véro était parfaitement au courant de ce qui s’était passé, de cette histoire d’amour un peu folle et qui venait de se terminer, un peu comme si elle m’avait surveillé du coin de l’œil pendant qu’elle vivait sa vie à elle. Et il y eut ces mots :


  • — Ben, si tu es seul ce soir, tu peux toujours passer…

Estomaqué, stupéfait, abasourdi, tous ces mots semblaient n’avoir jamais été mieux utilisés que pour définir l’état dans lequel je me trouvais.


Et là, pendant toute une semaine, comme s’il avait fallu rattraper le temps perdu, la tornade ne s’arrêta pas, jusqu’à ce qu’elle se lève un matin pour aller travailler, et que je reçoive un SMS le midi, m’annonçant, sans aucune explication, qu’il était inutile de m’éterniser au-delà.


De nouveau, je me retrouvais seul.


Par chance, quelques semaines plus tard, une autre fille vint prendre sa place, cette aventure dura quelques mois, jusqu’à ce que, cette fois, nous nous quittions d’un commun accord.



Sa place dans le lit avait eu à peine le temps de refroidir que déjà le téléphone sonnait. Le petit jeu avec Véro recommençait, mais cette fois je ne fus qu’à peine surpris qu’au bout de quelques jours, elle me largue de la même façon qu’elle l’avait fait quelques mois plus tôt.



Des filles, il y en eut, en l’espace de deux ou trois ans, assurément une demi-douzaine, et à chaque fois que l’aventure se terminait, le téléphone sonnait.


Puis, un jour, je décidais de faire un break dans ma vie sentimentale qui était, vous l’aurez remarqué, quelque peu agitée.


Je vécus seul pendant quelques mois, avec, de temps à autre, un appel de Véronique. À chaque fois, nous passions un week-end ou quelques nuits ensemble, puis de nouveau, plus rien.


J’avais beau faire, je n’étais pour elle qu’un "plan cul", comme on dit.


Le problème, c’est que plus le temps passait, plus elle m’échappait, et il fallait bien que je me rende à l’évidence, je l’avais dans la peau…



---oooOooo---



Environs de Paris. Trois mois plus tôt.



Bon gré mal gré, j’étais devenu l’éternelle roue de secours de Véro, mais cette fois-là, lassé, agacé mais aussi passablement amoureux, j’étais sérieusement décidé à lui demander si notre histoire avait vraiment un avenir ou si elle allait encore continuer longtemps à me mener en bateau, et sa réponse fut sans équivoque.


  • — Tu sais, je peux aussi ne plus t’appeler, si tu veux. Maintenant, sache que je n’arrive pas à envisager ma vie auprès d’un homme et rien qu’un seul.

Quelque temps plus tard, j’appris que sa mère avait fait de même pendant des années, avant de se ranger des voitures et de concevoir Véro à presque trente ans.


  • — Maintenant, je sais qu’un jour ou l’autre je me calmerai. Et ce jour-là, j’aimerais que tu sois encore là.
  • — Pourquoi ?
  • — Si tu sais être patient, un jour, je serai à toi et rien qu’à toi. Mais pas tout de suite…

J’étais sur le point de lui dire qu’elle racontait sans doute cela à tous ses amants quand elle m’apparut dans la tenue d’Eve, et la façon dont elle venait de prendre mon sexe dans sa bouche arrêta aussitôt la discussion. Faut pas parler la bouche pleine… En tout cas, la nuit allait être une fois de plus torride, c’était la seule chose dont je pouvais être certain avec elle.



Le lendemain matin, le soleil brillait déjà au travers des persiennes, j’attendais le retour de Véro, partie faire un café, et je feuilletais machinalement une revue. En première page, un gros titre bien accrocheur barrait la une, accompagné de l’image classique de quelques canons des deux sexes sur fond de plage de rêve, de mer bleue et de cocotiers.


  • — l’Île de la Tentation, une nouvelle saison, de nouvelles règles, un nouvel enfer au paradis.

C’est à ce moment que Véro revint, un plateau surmonté de deux tasses fumantes dans les mains. Elle sembla surprise de ma lecture.


  • — Tu lis ces conneries-là ?
  • — Ben pas vraiment, mais ça traînait là…
  • — Oui, je sais, c’est les magazines que l’on m’envoie gratuitement pour le salon de coiffure. Je ne sais pas ce qu’il fait là, celui-là…

Puis, après un silence, elle poursuivit :


  • — Et sinon, y a quoi comme changement dans leur programme ?
  • — Parce que ça t’intéresse, cette émission, ajoutais-je, moqueur.
  • — Moi ? Pas du tout. Mais comme les clientes me bassinent régulièrement avec, autant que je sache de quoi il en retourne…
  • — Ben, laisse-moi finir l’article et je t’en parle…

En fait, l’article était court, faute d’avoir beaucoup à dire. En résumé, deux sessions, l’une en juillet et l’autre en août, dans les conditions du direct et donc sur un mois au lieu de douze jours, avec deux "prime" les mercredis et samedis à 22h30, plus un résumé quotidien à 19h45. Pour le reste, un vrai contrat de travail pour les participants, la production en ayant assez des procès qu’on leur intentait.


  • — Et elles en disent quoi, tes clientes, quand elles sont sous le séchoir ?
  • — En fait, presque toujours, que c’est une connerie. Mais une connerie dont elles ne rateraient un épisode pour rien au monde…


En fait, tous les spécialistes vous le diront, ce genre d’émission repose sur un concept de fascination/répulsion assez amusant. Cette émission, on aime la détester, tout le monde dit que c’est d’une imbécillité rare, que c’est bidonné, que les participants sont plus bêtes les uns que les autres, mais ils regardent…


Même si c’est pour n’en dire que du mal le lendemain.


Or, il se trouve que la télé, notamment commerciale, se fout royalement de ce que vous aimiez le programme, l’important, c’est que vous soyez devant le poste et surtout que vous ne ratiez pas les pubs qu’il y a au milieu et qui rapportent des sommes colossales.


Depuis belle lurette, ils ont modifié le vieil adage qui disait "En bien ou en mal, l’important, c’est qu’on parle de moi" en un truc qui pourrait être "Quoi que tu en penses, l’important, c’est que tu regardes le programme".


Mais que leur reprocher, si ce n’est d’exploiter la bêtise des autres ?



Même si, à titre personnel, je n’avais jamais regardé non plus, j’en connaissais le principe, et c’est pourquoi je lui posais la question :


  • — En admettant que ce ne soit pas complètement bidon, tu irais, toi, dans ce traquenard ?
  • — Non, bien sûr. Cela dit, il faut reconnaître qu’ils sont mignons, les mecs…
  • — En effet, les filles aussi, d’ailleurs.

Elle pouffa de rire.


  • — Quoi que si, en fait, j’irais. Juste pour essayer tous ces types et établir un classement sur celui qui baise le mieux… Ça pourrait être drôle !

Même si j’éclatais de rire, quelque chose me dit que si elle en avait eu l’occasion, elle en aurait été largement capable…



Deux heures plus tard, nous étions attablés sur la terrasse, et son attitude m’intriguait.


  • — On peut savoir à quoi tu penses ?
  • — À cette émission à la con. Tu crois qu’on pourrait s’inscrire, tous les deux ?

Il y avait quelque chose d’incongru entre le ton de sa voix et le contenu de la question. Je pris le parti d’en rire.


  • — Tu as vraiment envie de te faire tous ces beaux gosses ?
  • — Non, pas du tout, je suis sérieuse… À ton avis, si on s’inscrivait, ils vérifieraient que l’on est vraiment ensemble ?
  • — C’est probable, c’est ce qui se dit en tout cas.
  • — Tiens donc… Bon, si tu veux toujours vivre avec moi, je t’annonce que je suis prête à vivre avec toi seul pour les trois prochains mois, à la condition que tu me laisses nous inscrire. Ça marche ?

Entre le fait que je savais qu’il n’y avait pas une chance sur un million que nous soyons retenus et que j’étais prêt à tout pour rester avec elle, même si ce n’était que trois mois, je n’allais naturellement pas refuser.


Just one year of love / is better than a lifetime alone… disait Freddie Mercury. Mais j’étais loin de penser que ces trois mois de vie commune allaient nous emmener aussi loin.



---oooOooo---



La suite avait été tout aussi délirante que le début.


Véro nous avait inscrits sans y croire vraiment, nous nous étions rendus au casting sans y croire davantage, c’est toujours en n’y croyant pas que nous avions eu droit à l’enquête de voisinage où tous les locataires de l’immeuble avaient juré, la main sur le cœur, que nous étions en ménage depuis deux ans – le fait que Véro ait couché avec la plupart des célibataires et qu’elle leur ait donné ces consignes n’y était sans doute pas étranger – et c’est toujours sans y croire que nous nous étions retrouvés, après douze heures de vol, sur le tarmac de l’aéroport d’un de ces pays tropicaux qui nous font tant rêver.


La production avait réservé deux hôtels de standing sur deux îles situées l’une en face de l’autre, de part et d’autre d’un atoll.


Cette fois, nous ne pouvions plus reculer, le jeu allait commencer.



---oooOooo---



Cela fait donc deux jours que nous sommes en situation. Nous avons eu à peine le temps de nous acclimater, au sens propre comme au figuré, à ce qui a tout des vacances de rêve que déjà le jeu bat son plein.


C’est assez drôle, d’ailleurs, de voir toutes ces donzelles plus jolies les unes que les autres et toujours en petite tenue qui passent leur temps à nous tourner autour.


Ça minaude, ça discute, ça tourbillonne, cela en est même carrément irréel. Deux filles par candidat, ça fait un peu maison close du temps jadis, avec les filles qui défilent sur une estrade en attendant de t’emmener dans leur chambre.


Mais si toute ressemblance avec un claque n’est pas complètement fortuite, deux détails font toute la différence : dans un bordel, tu couches avec les filles et ta femme n’en sait rien. Tout le contraire d’ici, en quelque sorte…


Du coup, moi, je la joue discret. Je me balade un peu partout dans l’hôtel et ses jardins, je profite de la plage, je discute un peu avec les filles mais sans jamais m’éterniser à leur grand désarroi, un peu plus avec les autres candidats afin de savoir qui ils sont.


Pour eux, d’ailleurs, cela semble le statu quo. Ils s’amusent de les voir minauder, tortiller du croupion, faire semblant de s’intéresser à leurs conversations, bref, de les voir jouer leur rôle.


Quant aux caméras, même si elles ne sont pas vraiment dissimulées, nous avons eu tout le temps de nous habituer à leur présence, même dans les endroits les plus improbables. Très vite, nous avons appris à les oublier, et c’est tant mieux, puisque c’est précisément pour cela que nous sommes ici.



La toute première émission n’a été qu’une longue suite de présentations, et a recueilli un nombre de téléspectateurs quasiment identique à celui des autres années. Par contre, en ce qui concernent les quotidiennes de 19h45, il n’y avait pas de statistiques, mais il semble que cela ait bien démarré.


Pourtant, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne se passe pas grand-chose, on se demande bien comment ils peuvent réussir à faire tenir en haleine quelques millions de téléspectateurs avec un regard vaguement appuyé, avec un fou-rire, avec une histoire vaguement drôle ou avec les plastiques, certes splendides mais toujours en bikini, des tentatrices.


Reste à venir l’émission du samedi, qui sera retransmise en direct. Là, cela devrait devenir un peu plus intéressant, avec interviews, premières impressions, évaluation des uns et des autres, peut-être les prémices du début du commencement d’une éventuelle histoire entre deux êtres. La routine de ce genre d’émission, quoi…



Mais pour l’instant, nous sommes vendredi soir, et je suis avec Cynthia.


Enfin quand je dis que je suis avec, je m’efforce tout le temps d’être à plus de cinquante centimètres d’elle, bien qu’elle cherche visiblement à me coller bien davantage, et franchement, j’ai beaucoup de mal à ne pas me laisser faire…


Parce que mon souci, c’est que Cynthia, ce n’est pas une fille : c’est un fantasme avec deux jambes.

Elle mesure assurément une bonne dizaine de centimètres de plus que moi, sans compter ses talons vertigineux. Bon, d’accord, sur n’importe quelle fille, porter ce genre d’escarpins avec un bikini aurait un effet contraire à celui recherché, mais avec elle, il y a de quoi tomber à la renverse. Imaginez un corps splendide, doré à souhait et sans l’ombre d’un défaut, des jambes interminables, une poitrine pas franchement volumineuse mais que l’on devine de marbre, des yeux d’un bleu profond à faire pâlir le lagon derrière nous, et surtout, surtout, une crinière blonde, ondulée, chatoyante sous les projecteurs, qui lui tombe jusqu’au milieu des reins.


Dire qu’elle est ravissante n’est qu’un doux euphémisme, mais elle a quelque chose qui m’a presque surpris lors de nos discussions : elle n’est pas qu’un physique.


Alors que l’on s’attend, émission oblige, à se retrouver face à une "sois belle et tais-toi" je me suis retrouvé face à une fille sympa, intelligente et drôle, à des années-lumière des échos que l’on a de ce genre d’émission et qui tournent souvent autour du QI d’huître des tentatrices.



À ce moment, l’avertir de ce qui va se passer me semble une évidence, malgré les risques encourus si d’aventure elle vendait la mèche. Comme les moindres de nos faits et gestes sont épiés et enregistrés, une serviette en papier, un crayon oublié par un serveur et trois minutes plus tard, elle a le message en main.


J’ai besoin de te parler sérieusement et sur un sujet qui n’a rien à voir avec le jeu.

Rendez-vous dans dix minutes à l’extrême droite du lagon, derrière la cabane des pêcheurs, il n’y aura pas de caméras. Fais attention de ne pas être suivie.

En attendant, avant d’aller aux toilettes et de détruire ce papier, prends un air contrarié.

Merci d’avance, à tout de suite.


Elle lève aussitôt les yeux vers moi, vaguement surprise, me sourit avant de prendre subitement l’air préoccupé et, sans un mot, file vers les toilettes. Personne ne semble le remarquer, mais il faut dire qu’à quelques dizaines de mètres de nous, derrière la haie de camélias, Michel est dans son grand numéro de raconteur d’histoires drôles et capte l’attention de tout le monde.


Dix minutes plus tard, nous sommes derrière la fameuse cabane. L’air est tiède et embaume l’ylang-ylang, la lune brille dans le ciel, l’endroit est parfaitement idyllique. Logiquement, j’ai vérifié de jour, il n’y a ni caméras ni micros à cet endroit, mais c’est à voix basse que j’explique à Cynthia ce que je compte faire.


Bien entendu, elle est surprise – estomaquée serait plus juste – mais, comme je l’avais remarqué, elle est loin d’avoir un petit pois dans le citron et comprend très vite à la fois où je veux en venir et surtout, quel intérêt elle a dans l’affaire.


  • — Moi je dis que même s’il y a beaucoup de fric en jeu, ils vont t’envoyer paître, te virer grand style ou arrêter l’émission. Mais ça ne marchera pas, même en direct…
  • — Si, parce quoiqu’il arrive, le public sera témoin, et c’est ça qui devrait faire pencher la balance de notre côté.
  • — Bon, comme tu veux. Mais quoi qu’il arrive, moi, je ne sais rien, et ne compte pas sur moi pour te tirer de ce merdier si ça ne marche pas.
  • — C’est bien comme ça que je l’entends. À tout à l’heure et excuse-moi par avance.


---oooOooo---



Une demi-heure plus tard, le prime du samedi bat son plein. Certes, l’appellation est erronée puisque nous ne sommes pas réellement en première partie de soirée, mais c’est tout comme.


Chaque candidat est interviewé sur la façon dont s’est passée sa semaine, et cela se passe alternativement une fois chez nous, une fois chez les filles.


Cette fois, c’est mon tour, et mon cœur bat la chamade.


Parler en public ne m’a jamais posé de problèmes, mais savoir qu’on parle à quelques millions de téléspectateurs, même s’ils sont invisibles, cela fait quand même quelque chose. De plus, même si ce moment, je l’ai répété des centaines de fois dans ma tête, je sais qu’il n’y aura pas de deuxième prise et qu’il me faudra donc être clair, ne pas bafouiller surtout, dire exactement ce qui a été prévu de longue date, et aléa jacta est.


Ah, la lumière rouge s’allume, c’est parti. Après deux ou trois banalités, nous entrons dans le vif du sujet.


  • — Nous vous avons vu tout à l’heure donner un message à Cynthia, dont vous aviez l’air très proche. Après l’avoir lu, elle semblait contrariée. Il est possible de savoir ce que vous lui avez écrit ?
  • — Tout à fait. Je lui ai dit qu’elle était ravissante, enivrante même, mais que je lui demandais d’arrêter de me tourner autour si elle ne voulait pas que je l’envoie paître vertement.

Dans la grande salle juste derrière moi où toute l’équipe de candidats et de tentatrices est réunie et suit l’interview sur un écran géant, le silence vient de se faire.


  • — Pourquoi ? Elle ne vous plaît pas ?
  • — Si, bien sûr, comme tout le monde, mais soyons clairs, si vous le voulez bien. Cynthia et les autres filles sont payées par la production pour nous faire craquer et, ne m’en voulez pas, mais des filles que l’on paye pour vous séduire, en d’autres lieux, cela s’appelle des putes…

Un bourdonnement de surprise vient d’éclater en provenance de la salle.


  • — Et même si nous, les candidats, nous ne valons pas mieux puisque nous sommes ici, il faudrait être vraiment bête pour prendre le risque de perdre la nana que l’on aime pour les beaux yeux d’une prostituée !

Derrière moi, ce n’est plus une clameur, c’est une véritable bronca. Le présentateur, quant à lui, ne sait plus trop quoi dire.


  • — Et donc, vous comptez quoi faire ?
  • — Moi ? Mais c’est très simple, et j’invite les autres candidats à faire de même. Je vais tranquillement continuer de profiter de mon séjour ici, mais vous pouvez d’ores et déjà dire aux filles d’aller se faire voir ailleurs, elles ne m’intéressent pas…

La tronche du gars face à moi vaut à elle seule son pesant de cacahuètes. Comme il ne trouve décidément rien à répondre, je continue.


  • — Et un détail encore : à moins que votre chaîne soit prête à assumer un procès pour proxénétisme, ces filles-là ne coucheront jamais. Et ne m’en veuillez pas, mais j’ai passé l’âge des bisous à la sauvette dans les couloirs du lycée !

Laissant le "journaliste" la bouche ouverte, je me lève, et je retourne dans la grande salle où toute l’équipe, qui n’a rien perdu de la discussion, se trouve toujours.


De nouveau, j’ai une pétoche phénoménale. Comment va être l’accueil ?


Lorsque j’en franchis le seuil, un silence de mort y règne. Toutes les filles, y compris Cynthia qui était pourtant au courant, n’en croient pas leurs oreilles, tandis que les candidats me regardent d’un air amusé, le sourire en coin.


Le silence se poursuit quelques instants ; le premier à se lever est Michel, mon partenaire de belote. À ma grande surprise, il est suivi par tous les autres, et un tonnerre d’applaudissements à faire trembler l’immense paillote retentit. Tous viennent vers moi, me serrent la main, me félicitent…


De ce côté-là, j’ai réussi mon coup.


Pour ce qui est de la production, là, l’avenir nous le dira…



Lorsque je retourne dans ma chambre, seul bien évidemment, je découds le double-fond de mon sac de sport et allume le portable qui s’y trouve.


Bien entendu, c’est formellement interdit, mais cela faisait partie du plan, et j’appelle Véronique qui est naturellement du côté des filles. Si je flanchais ou si cela se passait mal, c’est elle qui serait intervenue pour dire la même chose. Comme cela n’a pas été le cas, je lui demande ce qu’elle a pensé de ma prestation.


  • — Extraordinaire ! Et je viens d’appeler ma mère, je peux te dire que c’est la France entière qui l’a vue et qui n’en a pas perdu une miette ! Ils viennent même d’en parler au journal des chaînes concurrentes, c’est pour te dire ! C’est formidable !
  • — Et tu as parlé aux autres filles, de ton côté ?
  • — Bien sûr ! Et en fait, depuis que je leur ai expliqué que tout cela fait partie d’un plan et ce que nous espérons, elles sont toutes d’accord pour laisser les bellâtres là où ils sont…


Lorsque je me couche, j’ai grand-peine à trouver le sommeil. Je m’attends à chaque instant à voir débouler les types de la sécurité ou un comité de tentatrices en colère, mais rien, pas un bruit.



Le lendemain matin, rien ne semble avoir changé, à ceci près que les douze filles sont à une table, et les candidats sont à l’écart, à l’autre bout du hall. C’est Michel qui prend la parole :


  • — On a vraiment bien aimé ta petite prestation d’hier soir, et à l’unanimité, on a décidé de suivre ton conseil. Après tout, comme tu l’as dit hier, aussi belles soient-elles, ce ne sont potentiellement que des putes…


Et là, pendant deux jours, l’impensable se produit. Les filles ont beau tortiller du popotin ou essayer de s’immiscer dans nos conversations, elles se font toutes inexorablement renvoyer dans leurs dix-huit mètres. À chaque fois, c’est aussi ferme que poli, et personne ne transige à la règle. Et comme désormais, l’ensemble des candidats sait que j’ai un portable qui leur permet de s’assurer que du côté des filles, cela se passe de la même façon…



C’est à la veille du second prime du mercredi que les choses prennent un tour nouveau. Alors que je suis tranquillement en train de me dorer au soleil, plongé dans un bouquin, un membre en chemise badgée aux couleurs de la production m’interpelle :


  • — Claude, s’il vous plaît, nous aimerions vous voir…

Tiens, le coup de pied dans la fourmilière semble avoir porté ses fruits. Reste maintenant à espérer que je ne vais pas servir de déjeuner aux locataires de la fourmilière en question…


Grande voiture, grand bureau, je me retrouve être le seul en short et en tongs dans une assemblée de costumes impeccables.


  • — Parlons peu mais parlons bien, Claude. Votre petite intervention de l’autre jour a fait la une de tous les médias confondus d’Europe, ce qui nous a semblé sur le moment une excellente nouvelle.

Et pour cause, cela s’appelle de la publicité gratuite.


  • — Seulement, depuis votre coup d’éclat, il ne se passe plus rien sur les deux îles, et notre audience est en chute libre.

En fait, j’apprendrais plus tard qu’ils avaient perdu les deux tiers de "notre" part de marché en une semaine.


  • — Cela ne peut plus durer. Nous avions pensé à vous évincer du jeu mais le peu de public qui nous reste vous réclame. Nous devons trouver une solution pour que le jeu reprenne normalement, et nous n’avons pas de temps à perdre…

Je souris. Le plan semble avoir fonctionné au-delà de ce que nous espérions.


  • — La solution est toute trouvée, mais elle ne concerne pas que moi. Nous allons donc en parler devant tous les participants…
  • — C’est hors de question !
  • — Oh que si, vous n’avez pas le choix. Vous savez aussi bien que moi qu’il y a beaucoup trop d’argent en jeu. Je vous laisse, ne réfléchissez pas trop longtemps…

En y repensant plus tard, je me dis que c’était un sacré coup de bluff.


Là-dessus, je me lève, mais je n’ai pas franchi la porte du bureau que déjà les deux malabars de l’entrée me stoppent. Une voix glaciale rompt le silence :


  • — C’est entendu, dans deux heures, à la salle de conférence.

Pour qu’ils acceptent cela, il faut vraiment qu’ils aient le couteau sous la gorge.



À l’heure prévue, la salle est pleine, j’aperçois même Véro de l’autre côté de salle, puisque nous n’avons évidement pas été mélangés. Pourtant, dans ces îles où il est presque impossible de trouver un endroit qui ne soit pas filmé par douze caméras, cette fois, rien n’a filtré.


  • — C’est à la demande insistante de Claude, ici présent, que nous vous avons tous réunis.

Après quelques banalités, la phrase que j’attendais tant tombe enfin.


  • — Nous n’avons pas de temps à perdre, l’émission doit rependre au plus vite sans quoi vos contrats seront caducs.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est la stupéfaction dans l’assistance. D’ailleurs, quelque chose me dit que si je ne reprends pas très vite le contrôle de cette affaire, je vais me faire lyncher. Je prends donc la parole :


  • — Puisque vous n’avez pas de temps à perdre, je vais faire simple. J’ignore quel est le salaire des tentateurs et tentatrices, mais puisque vous leur faites faire un travail de prostituées, vous allez les payer comme tels. Vous allez donc tripler ce cachet pour chacun d’eux…

L’étonnement parcourt alors la salle.


  • — Mais c’est impossible ! hurle un responsable.
  • — Oh que si, c’est possible, reprends-je calmement, surtout quand on connaît le prix d’un spot de 30 secondes dans vos programmes. D’ailleurs, vous ajouterez à cela 15 000 euros net par semaine et par candidat…

De nouveau, la stupeur parcourt la salle. Toujours aussi calmement, j’ajoute :


  • — C’est à prendre ou à laisser…

Le coup a porté en plein cœur, tout près du portefeuille. Mais cela va-t-il marcher ?


En attendant, ils se concertent sur leur estrade, subitement nettement moins à l’aise dans leurs beaux costumes. Visiblement, la sueur qui coule sur leurs fronts n’est pas due qu’à la chaleur, et sur la table, les calculettes, elles aussi, semblent chauffer quelque peu.


L’un des deux calculateurs prend alors la parole :


  • — C’est, euh… délicat. Rendez-vous dans une heure, ici même.


Si, quelques heures auparavant, les candidats et les tentatrices ne se parlaient plus, les premiers esquivant soigneusement les secondes, le moins que l’on puisse dire, c’est que d’une part plus personne n’évite personne et que les discussions vont bon train devant le grand bar de l’hôtel.


Et là, il n’est plus question de minauder ou de séduire qui que ce soit, le ton est certes jovial mais le propos est extrêmement sérieux.


  • — Trois fois notre cachet ? Tu imagines ? Tu crois que ça va marcher ?
  • — Je n’en sais rien, mais qu’est-ce que ce serait chouette… Et vous, 15 000 roros par semaine ? C’est pas mal non plus… J’espère que pour ce prix-là, on pourra vous approcher ?
  • — Tu parles ! Pour ce prix-là, je veux même bien t’épouser !
  • — Ah ? Et ta copine ?
  • — Ah, ben là, on verra…

L’immense éclat de rire qui clôt cette conversation en dit bien plus que tous les discours du monde. Mais pour l’instant, rien n’est gagné…



Une petite demi-heure plus tard, tout le monde est de retour dans la grande salle. L’atmosphère est tendue, mais après quelques nouvelles minutes de baratin, de nouveau la phrase tant attendue tombe enfin :


  • — Après délibération, nous avons décidé d’accepter vos exigences…

Une immense clameur brise le silence de mort qui régnait jusque là, suivie d’un tonnerre d’applaudissements. L’orateur nous fait toutefois signe de nous calmer.


  • — D’ici deux ou trois jours, vous aurez vos nouveaux contrats, avec les chiffres correspondant à vos demandes.

Nouvelle salve d’acclamations, jusqu’à ce que l’orateur nous fasse de nouveau signe de bien vouloir l’écouter.


  • — Cependant, nous avons ajouté quelques mentions supplémentaires à ces contrats : vous êtes désormais reclassés comme animateurs, avec en détail tout ce que l’on attend de vous. Il est notamment désormais spécifié que si l’un ou plusieurs d’entre vous décide d’avoir des rapports sexuels, il le fera sous sa propre responsabilité, aucun dédommagement supplémentaire d’aucune sorte ne sera accordé ultérieurement. Dernier point, ces rémunérations sont conditionnelles à ce que le taux d’audience soit au minimum de 10% supérieur à celui des autres années.

Quand une telle augmentation est demandée, il n’est pas foncièrement anormal que l’employeur s’assure qu’il en aura pour son argent, tout le monde en conviendra. En attendant, il s’agit d’un sacré challenge.


Comme l’ensemble des regards se porte désormais sur moi, en tant que fouteur de merde en chef, je me dois donc de prendre de nouveau la parole :


  • — Je pense que nous sommes tous d’accord pour reprendre l’émission sur ces nouvelles bases…
  • — Très bien. Je vous invite à prendre connaissance au plus vite de vos nouveaux contrats, ils vont vous être distribués d’un instant à l’autre.

Comme si nous allions signer sans vérifier…


  • — Cela dit, vous verrez à l’alinéa 22 qu’à titre exceptionnel, vous pourrez vous entretenir avec votre conjoint avant de prendre votre décision, si vous le désirez.

Mais de quelle décision parle-t-il ? La réponse vient sans attendre, mais elle est faite à l’oral.


  • — Sachez que même si, je le répète, nous n’obligeons personne à quoi que ce soit, il nous semble souhaitable que vous alliez "un peu plus loin" que les autres années si vous voulez rattraper votre taux d’audience. Maintenant, à vous de décider ce que vous voulez faire…

À ce moment précis, mais nous ne le découvrirons qu’une fois rentrés à Paris, le but de la production était très certainement d’essayer de briser l’alliance entre les candidats et les tentatrices, alliance qui risquait de devenir dangereuse pour leurs intérêts.


Ils spéculaient sur le fait que, devant cette quasi-exigence, certains candidats allaient claquer la porte. Las, la tentative s’avérera être un fiasco total, personne ne se désistera.


  • — Encore une chose, si vous le voulez bien, ajoute-t-il. Demain, c’est le prime. Nous vous serions infiniment reconnaissants si vous parveniez à faire remonter l’audience sans attendre la semaine prochaine…

Là-dessus, nous sortons de la salle.


Cette fois, si ce le contenu des tractations est resté confidentiel, le fait qu’il y a eu négociations ne l’a pas été. C’est donc sous le feu des projecteurs que nous sortons, filmés par toute une horde de caméramans.


À peine ai-je fait quelques mètres que Cynthia m’attrape par le bras, et sans un mot, me colle sur le mur et sans me prévenir le moins du monde, me roule une gamelle en m’enfonçant sa langue jusqu’aux amygdales. Même si cela n’est pas foncièrement désagréable, cela me semble une éternité avant qu’elle ne relâche son étreinte.


  • — Ça, c’est fait, ajoute-telle, le sourire jusqu’aux oreilles.

Puis, elle me prend par la main, et clame à l’attention de l’assistance :


  • — Allez, tous au bar, on va arroser ça !

Au bar, j’ai droit à tous les remerciements possibles et imaginables. Cynthia ne me quitte plus, et il y belle lurette que la barrière des cinquante centimètres a été franchie. Je sens que les commentaires sur nous deux vont aller bon train, et pas uniquement sur l’île.


  • — Et donc, c’était pourquoi, ce baiser ?
  • — Pour trois raisons : la première, c’est parce qu’on vient toutes de toucher le jackpot grâce à toi. La deuxième, c’est que parce que le jeu recommence et que ce simple baiser va faire remonter le taux d’audience en flèche. La troisième, c’est parce que je sais que je te plais et que je t’aurai…

Ça, c’est une déclaration de guerre. En dentelle certes, mais quand même…


L’après midi se passe sans encombre, tantôt allongé sur la plage, tantôt sirotant un de ces jus de fruits aux noms inconnus, tantôt barbotant dans l’onde limpide de ce lagon. Pendant tout ce temps, Cynthia ne me quitte pas, mais elle ne tente rien, pas un petit bisou, pas une main dans la mienne, et encore moins des mains baladeuses.


En fait, je ne sais pas ce que je veux, si j’ai envie qu’elle passe à l’acte ou qu’elle reste tout au contraire à distance.


L’Enfer au Paradis, qu’ils disaient ?



Là-bas, dans le lointain, le soleil tombe doucement dans la mer. Ses reflets rouges se perdent dans la nuit naissante, la torpeur semble doucement envahir l’île, même les oiseaux semblent vouloir ne pas rompre le silence tout juste perturbé par le clapotis des vagues.


Il est temps de revenir à la réalité, à la téléréalité plus exactement.


Sur le fronton du hall, le compte à rebours avant l’heure du prime est à H moins 14 minutes lorsque l’on m’appelle à la visio.


Je sais très bien de quoi il en retourne, de l’autre côté, ils ont les mêmes avantages que nous, et les exigences de résultats sont donc les mêmes, et comme je connais le chaudron magique qu’est Véro, elle n’a sans doute pas eu beaucoup à se forcer pour honorer son contrat.


J’avoue que cela, nous ne l’avions pas prévu dans notre plan. Mais à l’instant où je signais mon nouveau contrat, je savais que les règles du jeu venaient subitement de changer et qu’elle n’allait pas rester les mains dans les poches, si j’ose dire. On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et la crémière, tant qu’on y est…


Sur l’écran de télé, les images sont prises de loin, les parties gênantes sont floutées pour les téléspectateurs, mais il m’est impossible de ne pas reconnaître ma chère Véro qui est en train de toute évidence se faire prendre en levrette par un grand brun plutôt baraqué, ce qui comme par hasard est plutôt son type d’homme.


Si c’est du bidon, c’est quand même sacrément bien imité.


Je ne sais quoi dire. C’était prévisible, la seule chose de surprenant là-dedans, c’est peut-être que ce soit allé si vite.


Même pas la peine de faire croire que je suis triste ni de me mettre dans une fausse colère puisque la régie ne s’attarde pas sur moi, trop occupée qu’elle est à diffuser d’autres images d’une petite brune qui elle aussi a l’air très occupée sous les coups de boutoir d’un grand gaillard. Là encore, c’est pris d’assez loin, les parties intimes sont floutées, la lumière n’est pas excellente mais de la façon dont elle se tortille, hurle de tout son saoul même s’il n’y a pas de son, il n’y pas de doute possible…


Et le type qui regarde sa nana en train de se faire ramoner, je le connais désormais plutôt bien. Un sacré joueur de billard, qui m’a d’ailleurs collé un nombre incalculable de raclées, mais avec qui j’ai quand même sympathisé. Il avait beau s’y attendre, cela lui fait quand même un choc.


  • — Bon, ajoute-t-il, j’ai joué, j’ai perdu. Je sais maintenant ce qu’il me reste à faire…

Tiens, voilà le temps des interviews. Je sais que Cynthia va être interrogée, je ne sais pas ce qu’elle va dire, mais mon petit doigt me dit qu’il va sans doute être question de moi, surtout que de la même manière que mon interview avait fait les gros titres, son baiser a également fait le tour de tous les médias.


Coté audience, ça doit cartonner !


  • — Cynthia, la semaine dernière, Claude disait que vous étiez une prostituée. Là, tous nos téléspectateurs vous ont vu l’embrasser à pleine bouche au sortir de la salle de réunion. Qu’avez-vous à répondre à cela ?
  • — Pas grand-chose, en fait, sourit-elle. La vérité est que lorsque l’on vient ici, même s’il s’agit d’un jeu entre adultes consentants, on prend quand même le risque de briser des couples qui s’aiment, et fondamentalement, ce n’est pas très reluisant.
  • — Pourtant, vous le saviez en arrivant…
  • — Certes… Mais j’avoue que je n’y avais pas vraiment réfléchi…
  • — Donc, vous ne lui en voulez pas ?
  • — Non, pas vraiment…

En attendant, c’est son regard plein de sous-entendus qui clôt l’émission. Exactement le genre de truc qui va assurer une audience maximale à l’édition de samedi prochain…


Lorsque nous avons rendu l’antenne, les bons chiffres de l’audimat qui sont tombés à peine quelques minutes plus tard nous ont donné envie d’arroser ça, et au final, personne ne s’est couché avant six heures du matin.


Du coup, ce matin-là, je ne suis pas le seul à me reposer, mais j’ai soigneusement choisi mon endroit, à l’écart de tout le monde. Emporté par l’ambiance de la vieille, j’ai un poil trop forcé sur le Daiquiri et du coup, le pivert que j’ai dans le citron continue encore et encore à me picorer l’espèce de fromage blanc qui me sert de cerveau. J’ai donc demandé qu’on me laisse tranquille et je suis tout seul, à la lisière de la plage, à l’ombre des cocotiers, peinard de chez peinard, à attendre que les douze aspirines que j’ai prises fassent leur effet.


Et jusque-là, on m’a foutu une paix royale. De temps en temps, j’aperçois le voyant rouge des petites caméras fixées un peu partout s’allumer, probablement juste pour vérifier que je ne suis pas complètement endormi.


Tiens, c’est curieux, elles viennent de toutes s’allumer en même temps… Pourtant, il n’y a aucun bruit, juste le clapotis des vagues un peu plus loin, et les cris feutrés des oiseaux multicolores. Ma tête va mieux, mais ça m’apprendra à jouer les héros contre le rhum local. De toute manière, on a beau savoir que c’est toujours lui qui gagne, faut toujours qu’on essaye de se mesurer à lui.


En attendant, tous ces voyants allumés m’intriguent. Je me retourne, juste le temps de voir arriver quatre filles en furie, parmi lesquelles Cynthia et une superbe black, Naomie. Comme il s’agit de la seule fille de couleur sur l’île, il était difficile de ne pas la remarquer…


En fait, la veille, tandis que je discutais avec ma blonde favorite, je l’avais aperçue et j’en étais arrivé à la conclusion que si Cynthia est un fantasme avec deux jambes, Naomie en est un autre, même si elles n’ont rien en commun.


Ce que l’on voit en premier chez elle, outre sa peau d’ébène, c’est cette paire de pare-chocs hallucinants, presque digne des héroïnes de Russ Meyer, et ses longs cheveux crépus. Après coup, l’on remarque deux yeux d’un noir de jais quasiment liquide, un visage admirablement dessiné, des dents de nacre à décroisser la lune. Et puis, comme si cela ne suffisait pas, elle a un cul à tomber raide…


Mais pour le moment, je n’ai pas le temps de la détailler. Les deux inconnues viennent de s’asseoir sur mes bras et empêchent le moindre de mes mouvements, tandis que Naomie a pris place sur mes jambes. Incapable de me dégager, je vois alors Cynthia, tout sourire, s’attaquer à la cordelette de mon caleçon de bain, et d’un geste précis, en sortir l’objet du délire. Sa main fait un ou deux allers et retours sur ma queue, puis un coup de langue, toujours sans avoir prononcé un mot, elle m’embouche, sa langue est une vraie tornade… En une seconde et quasiment à mon corps défendant, Popaul se retrouve dans un garde-à-vous impeccable.


Quand je pense que rester de marbre veut dire être indifférent…


Et Popaul, là, ce n’est pas l’indifférence qui le laisse de marbre, c’est plutôt Cynthia, qui vient justement de se mettre à califourchon sur moi. D’une main, elle écarte vivement le bas de son maillot, le temps pour moi de voir que si son abricot est totalement lisse, le reste de sa fourrure est bien celui d’une vraie blonde, et sans autre forme de procès, elle s’empale jusqu’à la garde sur ma queue dressée, et se met aussitôt à me chevaucher.


En plus de monter et de descendre sur mon membre, elle serre et desserre son sexe à l’envi, j’en vois régulièrement trente-six chandelles…


La chevauchée fantastique continue encore quelques instants, puis elle se calme un peu, arrêtant son va-et-vient, mais restant profondément embrochée sur ma queue.


  • — C’est bon maintenant ? J’ai gagné ? Elles peuvent te lâcher ?

Tu parles d’une question… J’acquiesce de la tête.


  • — Nan nan, je veux t’entendre dire que tu as perdu…

Je ne sais pas bien où elle veut en venir, mais j’ai l’impression que sa chatte est électrifiée de l’intérieur tant elle me fait de l’effet. Au point où j’en suis, on me demanderait de signer mon arrêt de mort pour continuer que j’accepterais sans sourcilier.


  • — C’est bon, tu as gagné. Je me rends…
  • — C’est tout ce que je voulais entendre…

Et là, en l’espace d’un instant, elle reprend son petit trot sur ma verge tandis que les deux filles qui étaient sur mes bras se lèvent et disparaissent aussitôt derrière les magnolias. Naomie, quant à elle, semble hésiter à lever le camp. Elle s’adresse à Cynthia.


  • — Tu m’en laisseras un peu, tout de même. Il n’est pas qu’à toi…

Drôle d’impression que d’être la part de flan que se partagent deux copines. Même si elle vient de tourner les talons, quelque chose me dit qu’elle a fermement l’intention de jouer aux dominos avec moi très prochainement. Tout à fait entre nous, il est des perspectives nettement moins désagréables.


En attendant, profitant de ma nouvelle liberté, j’attrape Cynthia par la taille, et la voilà repartie pour une nouvelle chevauchée qui, de nouveau, me fait voir des étoiles. En même temps, elle a réussi à complètement faire glisser l’avant de son maillot sur le côté, et tandis son trot se change lentement en galop, je la vois fourailler entre ses lèvres intimes, à la lisière de cette fourrure dorée absolument délicieuse. Tandis qu’elle accélère encore la cadence, à la fois sur ma queue et entre ses lèvres, ses traits se durcissent quelque peu, elle a le regard dans le vague, la bouche ouverte mais complètement silencieuse. Seuls les sifflements de son souffle rauque, ceux d’une athlète en plein effort, trahissent ce qu’elle est en train de ressentir.


Quant à moi, résister n’est pas une mince affaire. Oh, si je le voulais vraiment, je pourrais me dégager de son étreinte, mais je suis beaucoup trop bien dans cet antre brûlant, à tel point que mon problème immédiat est de ne pas exploser dans son ventre trop précocement.


Alors, pour essayer de retarder l’inéluctable, j’essaie de penser à quelque chose de désagréable, et j’avoue que la tâche n’est pas simple. Je suis allongé en bordure d’une plage tropicale, à l’ombre des cocotiers, le souffle des alizés parvient jusqu’à moi, et une superbe blonde est en train de me chevaucher. Dans le genre situation déplaisante, j’ai connu pire…


Mais il faut absolument que je tienne…


J’ai beau penser à n’importe quoi, rien n’y fait, je ne vais plus tenir longtemps, je vais jouir. Cela fait deux ou trois fois que je demande à ma cavalière de réduire son rythme, mais elle ne semble pas entendre, lancée qu’elle est sur le chemin du plaisir. Soudain, alors que l’inévitable allait se produire, elle s’arrête brusquement, le sourire jusqu’aux oreilles.


  • — Je t’avais bien dit que je me vengerais… chuchote-t-elle, mutine.

J’avoue que comme vengeance, celle-ci n’est pas piquée des vers.


  • — Alors, elle va dire quoi, ta chère Véro ? ajoute-t-elle, le sourire en coin.

Ma chère Véro, elle s’en fout. Mais comme je ne peux pas le dire, j’essaie de dévier la conversation.


  • — Tu parles, ça ne compte pas, c’est un viol, je n’ai pas pu résister…
  • — Ah oui, et là, tu résistes ? Tu crois qu’elle va y croire ?

En vérité, à ce moment précis, ce n’est pas que je m’en fous, c’est plutôt que je m’en tape complètement. Et de toute façon, de la manière dont elle vient de reprendre avec ce petit trot certes tranquille mais toujours aussi diablement efficace, cela ne va pas s’arranger.


Tout cela dure quelques minutes, sans qu’elle semble fatiguer le moins du monde puis, sans raison apparente, elle s’effondre soudain sur moi. Elle reste immobile quelques secondes, puis se remet à bouger très doucement, serrant et desserrant sa chatte autour de mon dard avec une telle force que j’en suis de nouveau instantanément à deux doigts de la rupture. Les yeux mi-clos, la poitrine collée à mon torse, elle se délecte de l’instant, toute au plaisir qu’elle ressent, ivre de son pouvoir sur moi. Histoire d’essayer de retarder l’échéance, je risque :


  • — Tu as pensé aux caméras ?

En fait, ce que je dis est complètement débile. Évidemment qu’elle y a pensé, puisqu’elle vient de me parler de Véro qui, naturellement, sera au courant quasiment en temps réel.


En attendant, Cynthia, elle, en profite pour de nouveau accélérer la cadence, montant et descendant de plus en plus vite, avec une ampleur impressionnante, soufflant de plus en plus fort, de façon de plus en plus désordonnée. Cette fois, les dés sont jetés, je sens la sève monter en moi, j’essaie de repenser à Véro mais rien n’y fait, mon sexe enfle encore un peu, et alors que mon ciel s’obscurcit, Cynthia, que la jouissance vient de submerger, hurle comme une possédée tandis que je me vide dans son ventre au moment précis où elle retombe sur moi, dans un second cri à peine moins puissant que le premier et qui fait s’envoler tous les oiseaux.


Un long silence s’ensuit, personne ne semble avoir entendu.


Quelques instants plus tard, le souffle retrouvé, tandis que nous nous rhabillons, elle m’explique ce qui s’est passé.


  • — Me faire traiter de pute ne m’a pas fait plaisir, et même si je dois reconnaître que ça en valait la peine, il était hors de question de ne pas te le faire payer.
  • — Ah ? Si toutes les vengeances étaient aussi agréables que celle-ci, les vendettas seraient plus populaires…
  • — Crois-moi, dans d’autres circonstances, cela aurait été moins agréable pour toi…
  • — Je n’en doute pas…
  • — Bon, cela dit, ça t’a plu ?
  • — J’aurais peine à dire le contraire…
  • — Tant mieux, parce qu’à moi aussi. Et comme il parait que nous deux, nous faisons exploser l’audience, faudra qu’on recommence…
  • — Bonne idée. Mais cette fois, ce sera plus simple de me le demander…



Trois jours se sont passés. Chaque fois que l’un de nous est appelé à la visio, c’est pour voir –apercevoir serait plus juste - son conjoint en train de faire l’amour avec un autre.


Enfin, pas tout à fait, il y en a qui résistent encore, la palme revient d’ailleurs à Rébecca, une fille d’en face.


Par trois fois, on la retrouve, nue dans les bras d’un tentateur différent, prête à céder à son propre désir, et par trois fois, ils sont à un simple coup de rein de la pénétrer quand elle se refuse subitement. On peut d’ailleurs saluer leur sang-froid, que peu d’hommes auraient en pareil cas. Mais aussitôt après, à l’écran, on la voit appeler, larmoyante, son homme pour qu’il la sorte de là… Dans le genre fille qui n’assume pas ses pulsions…


Mais pour les autres, tous ou presque ont craqué. Naomie, me croyant bien accroché avec Cynthia, a laissé tomber et est allée s’attaquer à Greg, le seul black de notre équipe. Cela n’a pas traîné, le transat du bord de la piscine en porte encore les stigmates, à tel point qu’il a fallu le remplacer.


Et si vous demandez à Jessica, l’une des filles qui était venue s’asseoir sur mes bras, pourquoi elle porte un énorme pansement au coude, elle vous répondra que lorsque vous décidez de faire l’amour sur une desserte roulante, il faut s’assurer que les roues en sont bloquées et éviter d’être trop près du bord de la terrasse, sinon l’accident est à craindre. Le meilleur est qu’après leur chute, ils ont continué ce fougueux assaut sur la pelouse, et ce n’est qu’à la fin elle ne s’est rendu compte qu’elle était blessée.


Sur l’autre île, comme c’était prévisible, Véronique en est à son troisième ou quatrième tentateur. Le plus surprenant venant peut-être que la majorité des autres filles l’ont suivie sur ce chemin qui pourtant n’était pas évident, et là encore, on a des choses assez amusantes, comme cette nana qui, entre deux assauts fougueux de son amant, regarde la caméra et, tout en se retenant difficilement de crier son bonheur, s’adresse à celui qu’elle a laissé de l’autre côté pour lui dire que quoi qu’il arrive, il est le seul qu’elle aime, et que c’est pour la vie.



Cela fait désormais une petite semaine que l’île, au sens propre comme au figuré, est devenue un gigantesque n’importe quoi. Il ne se passe pas une matinée sans que l’on apprenne qu’untel a couché avec unetelle, ou mieux encore, que l’on en découvre deux en pleine action dans un recoin à peine caché.


Même si, pour tout dire, l’on rigole au moins autant qu’on baise, tout le monde ici sait bien que cela ne pourra pas durer. À un moment ou à un autre, la production va sortir les pouces et nous renvoyer chez nous.


C’est d’ailleurs la certitude que nous partageons lorsqu’un panonceau annonçant un briefing à 11 heures avec présence obligatoire est accroché dans l’immense hall.


Là, cette fois, nous en sommes persuadés, nous sommes allés trop loin.


Et d’ailleurs, la tête de nos chers producteurs le reflète bien, même si cette fois, ils ont troqué les costumes trois pièces pour des pantalons de toile et des chemises nettement plus adaptés au climat. Après quelques banalités d’usage, l’orateur entre dans le vif du sujet.


  • — Bon, pour faire simple, nous avons de gros problèmes. Nous allons donc vous les expliquer, ensuite vous soumettre nos solutions, et ensuite, nous parlerons gros sous.

En fait, l’émission qui, depuis plusieurs saisons, était en train de perdre peu à peu des parts d’audience, a cru totalement tomber dans un gouffre sans fond suite à mon intervention. Mais, grâce aux accords qui ont été signés par la suite et, surtout, aux mille et une âneries que nous passons notre temps à faire, elle est remontée au-delà des prévisions.


D’après les chiffres officiels, le taux d’audience, notamment pour chaque diffusion de 22h30 puisqu’il a été décidé d’en créer une quotidienne, n’est tout bonnement pas loin de celui d’une finale de coupe d’Europe de foot.


  • — Pour ce qui est de celle de 19h45, l’audience est bonne, mais sans plus. Et pour cause, à cette heure-là, nous ne pouvons rien montrer de compromettant, les enfants sont encore potentiellement devant les postes.

Ce qui, on s’en doute, est quelque peu gênant.


  • — Pour celle de 22h30, soyons clairs, c’est exceptionnel. L’ennui, c’est que nous sommes obligés de flouter toutes les parties intimes et tous les actes tendancieux que vous faites.

Ben oui, on se doutait bien qu’ils n’allaient pas nous montrer à poil et en train de forniquer à une heure où l’on passe certes des films prétendument érotiques, mais où l’on ne voit en réalité pas le début du commencement d’un poil pubien.


  • — Et nous sommes submergés de courriers et autres mails divers qui nous demandent d’en finir avec ce floutage… Nous en recevons presque autant que de personnes qui se plaignent d’atteintes aux bonnes mœurs !

Un éclat de rire parcourt la salle.


  • — L’autre problème, c’est le CSA. Ils veulent à tout prix faire cesser l’émission, et sont tout près d’y parvenir. À la moindre erreur de notre part, au moindre détail oublié, ils peuvent tout arrêter.

Puisque l’on m’avait bombardé l’équivalent de délégué syndical, je me permets de lever la main pour prendre la parole :


  • — Tout à l’heure, vous nous parliez de solutions. Quelles sont-elles ?
  • — J’allais y venir. Nous sommes en train d’évaluer la faisabilité d’une création, en urgence, d’une chaîne cryptée, adulte et payante, pour pouvoir enfin répondre à la demande du public qui veut davantage d’images croustillantes. Pour l’instant, nous manquons de données, mais l’accueil semble tout à fait favorable.
  • — Admettons que vous y parveniez, qu’attendez-vous de nous ?

Il avale sa salive, visiblement ennuyé.


  • — Pour vous, pas grand-chose que vous ne faites déjà. Peut-être, pour nourrir la chaîne à venir, accepter d’être filmés de près par une équipe complète, et de respecter certaines mises en scène. Je répète, vous êtes tout à fait libres de refuser.
  • — Et vous parliez d’argent, il me semble ?
  • — Tout à fait. L’idée est, en plus du traitement que vous connaissez déjà, de vous faire participer aux bénéfices de l’émission sur la chaîne que nous projetons de créer et sur le futur DVD qui sortira.
  • — Ah ? Et à combien s’élèvera cette participation ?
  • — Nous sommes partis sur la base de 10% du bénéfice à vous partager en parts égales.
  • — Et pourquoi 10% et pas plus ?
  • — Ecoutez, pour être francs, si le CSA nous coince ou si nous ne parvenons pas à créer cette chaîne payante, nous aurons bien du mal à vous donner un sou de plus. Par contre, si nous y arrivons, ce pourcentage peut très bien être revu à la hausse et pour tout dire, cela voudra dire que notre opération est un succès. Mais nous ne pouvons nous y engager formellement tant que tout cela n’est pas en place…
  • — J’imagine que tout cela peut s’écrire et se signer ?
  • — Aujourd’hui, faute d’éléments probants, cela ne servirait à rien. Par contre, dès demain ou au plus tard après-demain, nous en saurons plus. En attendant, j’aimerais un vote à main levée, sans engagement formel, pour savoir qui serait d’accord pour tourner dans les conditions d’un film pour adultes.

Au point où nous en sommes, cela ne changerait pas grand-chose. Cela semble être d’ailleurs l’avis général puisque, à l’exception de deux filles que d’ailleurs l’on n’a que très peu vues depuis le début de l’aventure, et de notre indécrottable Joffrey qui ne veut rien entendre et qui reste toujours chaste et pur, tout le monde semble d’accord pour accepter. L’appât du gain n’est sans doute pas étranger à l’affaire.


  • — Je vous remercie. En attendant d’autres informations, je vous demande simplement d’être un peu plus calmes - ou plus discrets – tant que rien n’est définitif. Essayez d’être un peu moins trash pour ces deux jours à venir, histoire que le CSA nous lâche un peu la grappe…

Si le vocabulaire utilisé à la fin de ce petit discours étonne tout le monde, il n’en demeure pas moins que c’est sous les applaudissements que les producteurs quittent la salle. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça n’a pas toujours été le cas.



Alors, pendant ces deux jours, puisqu’il faut absolument calmer le CSA, nous nous y efforçons. Cela dit, vu la bande de déconneurs que nous nous sommes découverts, cela ne veut pas dire que nous sommes pour autant plus calmes…


Ça commence avec Cynthia qui renverse intentionnellement sa coupelle de fruits dans le décolleté de Naomie, ça continue avec Marc qui poursuit Camille à grands coups de jet d’eau, c’est ma pomme qui se retrouve propulsé par deux filles au milieu de la piscine, et tant d’autres âneries diverses et variées, plutôt dignes d’une bande de sales gosses que d’adultes théoriquement réfléchis.


En attendant, à la fin du deuxième soir, les chiffres sont sans appel : le taux d’audience ne baisse pas. Cela dit, si cela devait s’éterniser, le public risquerait sans doute de se lasser.




Les résultats de la réunion avec nos producteurs, vous les connaissez déjà.


Création d’une chaîne payante dédiée à l’Île, le résumé quotidien de 22h30 pérennisé mais dans une version nettement plus "tous publics" et un CSA qui ne décolère pas, bien conscient de s’être fait avoir dans les grandes largeurs. Et pour tous les participants, un contrat avec des chiffres potentiels qui laissent rêveurs, et qui donnent, si besoin était, du cœur à l’ouvrage.


À la fin de l’entrevue, j’interroge l’un des responsables de la production :


  • — Vous allez dire que je m’en fous, mais après nous, comment cela va-t-il se passer ?
  • — Eh bien, pour parler franchement, nous avions peur que toute l’équipe du mois d’août se désiste devant la tournure que prenaient les choses. Or, il n’en est rien, bien au contraire, puisque nous croulons sous les demandes de participation, au point que nous prévoyons une session au mois de septembre.

J’apprendrais, quelques semaines plus tard, qu’il avait même été question de sessions ethniques, d’une version 100% gay, d’une autre avec des personnes de plus de 40 ans…

Il n’en sera rien, mais qui sait, peut-être un jour…



  • — En passant, c’est dans trois jours que notre chaîne cryptée va réellement prendre son allure de croisière. Alors, si vous et vos collègues aviez une idée pour rendre cette soirée vraiment mémorable…


En attendant, tout se déroule comme prévu. Après quelques cafouillages au tout début, les responsables de l’émission ont très bien compris au final que nous ne sommes quand même pas des hardeurs et que, quelle que soit notre bonne volonté, il nous est impossible d’assurer comme le font les pros de la baise.


En même temps, ils se sont aperçus que s’il est bien agréable pour eux de nous donner un scénario que nous essayons de respecter, il est encore bien meilleur de ne pas nous guider et de nous laisser faire à notre guise, et le côté imprévu des différentes âneries que nous faisons entre nous sont, au final, bien plus excitantes pour les téléspectateurs.


Et d’ailleurs, le plan qui est en train de se jouer sur la plage n’a été écrit nulle part…


Lorsque j’arrive, il y a un attroupement mais rien ne brise le silence. De dos, et il semble ne pas s’être rendu compte de notre présence, il y a Joffrey. Ce grand gaillard n’a toujours pas craqué pour aucune des filles, bien que sa copine, là-bas, de l’autre côté, l’ait fait depuis un bail et pas qu’avec un seul.


Rien ne lui a été épargné, ni les mains baladeuses des filles, ni les propositions indécentes, ni le foutage de gueule en règle de notre équipe.


Mais là, elles ont fait fort, les donzelles. Dans la position où elles sont, il devrait m’être impossible de les identifier, et pourtant, au premier coup d’œil, je sais qui elles sont. Une jolie rousse à la peau de lait, et une non moins jolie black à l’imposante poitrine.


Là, à même la pelouse, devant nous et surtout devant Joffrey, Camille est tout simplement en train de doigter Naomie, laquelle a bien du mal à s’empêcher de hurler son bonheur, son bassin s’agite frénétiquement à la rencontre des doigts fureteurs de la rousse. Nue, ses très longs cheveux étalés sur le sol tels un soleil noir, le coup d’œil vaut le déplacement.


Pour Joffrey, la situation est quelque peu gênante, mais il n’en perd pas une miette. La grande Black, toujours allongée à même le sol, vient de se redresser sur ses coudes et le regarde de nouveau avec un air provocant, silencieuse mais pourtant terriblement expressive à son égard. Camille, elle, toujours à genoux entre les jambes de sa collègue, se redresse et, elle aussi le regarde avec un air qui en dit long.


Comme en plus, elle a tout simplement l’index gauche dans l’intimité de Naomie et le majeur droit dans la sienne, le spectacle est à la limite de l’irréel. La façon dont elle doigte son amie et qu’elle se caresse elle-même est le summum de la provocation, mais il reste de marbre malgré le concert de gémissements, ce qui n’empêche pas sa mâchoire d’être à deux doigts de se décrocher.


De là où je suis, mon angle de vision n’est pas excellent et puis, accessoirement, je suis debout. Le temps de trouver une chaise sans faire de bruit, la position des filles a changé.


Naomie est désormais allongée sur le dos, les jambes largement écartées, et Camille est à genoux au-dessus de sa bouche, ses lèvres sur ses lèvres. Sa langue visiblement experte fouille l’intimité de la rouquine, et à entendre la façon dont elle gémit, elle y met de l’enthousiasme, tournant, pressant, suçant, léchant, s’introduisait dans sa caverne intime.


Devant tant de sollicitude, Camille a manifestement quitté ce monde. Elle a du mal à trouver sa respiration, son corps est agité de soubresauts et elle ouvre régulièrement la bouche comme si elle était à la recherche d’oxygène. Ses réactions sont désormais totalement désordonnées, elle y prend tellement de plaisir qu’elle en oublie de continuer à fixer Joffrey dans les yeux.


Par contre, pour Naomie, ce plaisir qu’elle prodigue à sa partenaire est de toute évidence le fruit d’un long entraînement, la formidable technique qu’elle emploie pour lui provoquer désormais orgasme sur orgasme en est la preuve. Elle a d’ailleurs abandonné les seins de Camille et ses doigts tournent désormais autour de l’anus de sa partenaire, qu’elle humecte régulièrement de salive comme si elle préparait un mauvais coup.


Dans l’assistance, il n’y a toujours pas un bruit mais tout le monde retient son souffle. Soudain, comme par défi, et surtout sans l’avoir prévenue le moins du monde, Naomie enfonce deux doigts dans le fondement de la rousse dont les gémissements montent soudain d’un ton. À ce moment précis, Joffrey est certainement devenu le cadet de leurs soucis et ce qu’elles essaient de provoquer chez lui n’a plus aucune importance.


Mais nous, de là où nous sommes, nous venons de le voir blêmir. Ses mains se sont mises à trembler, son regard est devenu fixe, cette fois, c’est sûr, il va craquer.


Il se lève brusquement, juste au moment précis où Camille s’envole vers son énième orgasme, son corps lui aussi s’envole, juste assez pour que Naomie voie l’homme arriver vers elle comme une furie, la queue à l’air, il bouscule Camille qui s’écroule sans rien avoir compris, et d’un trait, il embroche Naomie qui n’avait pas changé de position depuis le début.


Le hurlement qu’elle pousse ne doit rien à la pénétration, elle était de toute manière si ouverte et si trempée qu’elle n’a pas dû réellement ressentir quelque chose à ce moment-là, mais il est digne de celui d’une championne d’athlétisme qui vient de remporter la médaille d’or olympique, et faire craquer Joffrey était une tâche presque aussi difficile.


Camille a glissé sur le coté, abasourdie à la fois de la collection d’orgasmes qu’elle vient de subir et de la façon dont elle vient d’être projetée, ce qui laisse le champ libre à l’homme qui pistonne désormais Naomie comme si sa vie en dépendait.


Si la première pénétration n’a certainement pas été le moment de bravoure, ce qu’il fait là ne la laisse pas indifférente, et le regard qu’elle nous lance n’est plus celui, taquin, qu’elle avait quelques secondes auparavant.


Les gémissements qui sont désormais les siens, tandis qu’il la besogne à une cadence infernale, en sont la preuve tangible. Cela ne dure tout au plus qu’une minute ou deux, jusqu’à ce que, totalement couvert de sueur et parfaitement hagard, il se relève brusquement, éjaculant instantanément une quantité impressionnante de semence, d’un blanc de lait, sur la peau noire.


Camille, elle, a repris ses esprits depuis belle lurette et n’en a pas perdu une miette. Toujours par provocation, elle se glisse, toujours à genoux, près du corps de Naomie, et commence tout bonnement à lécher la semence que Joffrey vient de lâcher sur le ventre de son amie. De temps à autres, elle redescend jusqu’à sa chatte, recommence le petit manège là où elle l’avait laissé.


Seulement, et ce n’est sûrement un hasard, elle s’est mise à quatre pattes, le cul en l’air face à Joffrey qui vient simultanément de se rendre compte de notre présence et de ce qu’il vient de faire.

Son regard passe du cul offert de Camille à notre assemblée, puis revient au cul de Camille, puis à nous, puis à ce cul qui ne cesse de se tortiller devant lui…


Et pendant ce temps, son sexe qui ne s’était qu’à peine dégonflé après sa longue éjaculation vient de reprendre fière allure. Il se place alors derrière Camille, écarte d’une main ferme les fesses de la rousse qui ne fait rien pour l’en empêcher, et il présente sa queue dressée non pas devant la chatte dégoulinante mais bel et bien quelques centimètres plus haut.


Elle ne peut pas ne pas savoir ce qu’il veut faire, mais ne bronche pas. Alors, avec une infinie douceur qui n’avait rien d’évident quelques instants plus tôt, il pousse doucement sur la petite porte de la rousse qui s’ouvre doucement, et il s’enfonce lentement dans le cul offert.


Elle, pendant ce temps, ne s’arrête pas pour autant de lécher Naomie qui vient de légèrement changer de position pour essayer de voir ce qui se passe du côté du cul de sa copine.


Comprenant ce qui se passe, elle sourit, et les yeux mi-clos, essaie de se re-concentrer sur cette langue qui court et court encore le long de sa chatte, s’attarde toujours aussi délicieusement sur son bouton d’amour, fouillant ses recoins les plus intimes.


Le sang bat désormais aux tempes de Joffrey, profondément enfoncé dans le cul de la rousse, c’est si serré et si inhabituel pour lui qu’il en manque plusieurs fois de défaillir…


Et comme si cela ne suffisait pas, il y a désormais les cris de Naomie, qui clame son bonheur à tous les vents, tandis qu’il lime, lime, et lime encore…


Pour les trois protagonistes, l’heure est grave. De toute évidence, Naomie va jouir d’un instant à l’autre. Pour Joffrey, et son regard en est la preuve, ce n’est plus qu’une question de secondes, la sève monte de ses reins, l’explosion est imminente. La seule pour qui cela n’a rien d’évident, c’est Camille, qui continue d’un côté de lécher son amie, et qui, pendant ce temps, se fait profondément sodomiser…


Ces quelques secondes nous semblent, à nous spectateurs, une éternité. Puis, soudain, à notre grande surprise, c’est Camille qui, tremblant de tous ses membres, ouvre le bal avec un hurlement digne d’une bête sauvage, suivie une milliseconde plus tard par Naomie qui jouit à en faire trembler les frondaisons, tandis que Joffrey, dans un feulement rauque, lâche de nouveau un demi-litre de semence sur le cul de la rousse. Tout ce petit monde s’écoule, luisant de sueur, complètement extenué, sous une salve ininterrompue d’applaudissements.


Quelques heures plus tard, dans une formulation digne de celle qui n’a été utilisée que lorsque l’homme a marché pour la première fois sur la lune, la première vraie soirée de la chaîne cryptée annonce que le dernier bastion de chasteté vient de tomber.


Des millions de téléspectateurs vont grimper aux rideaux, au même rythme que celui des comptes en banque des producteurs, et par voie de conséquence, des nôtres.


On a vu de bien plus tristes nouvelles…



---oooOooo---



Voilà, l’Île de la Tentation, c’est fini pour nous.


Tandis que, par le hublot, je regarde les deux îles et le lagon s’éloigner, je repense à tout ce que nous avons vécu. À toutes les bêtises que nous avons faites, à tous ces moments de plaisir, à tous les cris que nous avons poussés, à toutes les étoiles que nous avons vues, aux hectolitres de semence et de cyprine déversés.


Aucun participant n’est parti vivre avec un tentateur ou une tentatrice comme cela s’était vu les autres années, peut-être justement parce rien n’est pire que l’hypocrisie, peut-être parce tout le monde a réussi à dissocier amour et plaisir charnel.


Bien que ma chérie soit à côté de moi, je repense aussi aux autres filles et à ce qu’elles vont devenir. Pour Véro, c’est assez simple, elle rêvait d’agrandir son salon de coiffure avec ce qu’elle aurait gagné dans l’Île ; le contrat qu’elle vient de signer avec une grande boîte de cosmétiques va la bombarder responsable d’une quinzaine de salons portant son nom. Elle rêvait de faire bâtir une demeure bien à elle, un spot de 30 secondes pour un constructeur de maisons individuelles va lui permettre d’avoir sa villa avec piscine.


Clara n’a rien prévu de particulier, si ce n’est d’inviter toute sa famille et celle de son copain à leur mariage à Las Vegas.


Quant à Naomie, elle va enfin concrétiser son rêve et celui de son père : acheter un voilier et faire le tour du monde.


Dommage, nous aurions bien aimé l’avoir avec nous.


Parce que j’ai oublié de vous dire : les producteurs veulent expressément reformer le trio infernal que Cynthia, Camille et moi formions sur l’Île. Nous participerons à la mise en place des éditions étrangères de "notre" version de l’émission ainsi qu’à un rendez-vous bimensuel qui traitera de l’actualité des salons de l’érotisme partout dans le monde.


Et si Véro m’a annoncé qu’elle désirait désormais arrêter de batifoler pour enfin vivre avec moi, ses aventures sur l’Île lui ayant fait l’effet d’une overdose, je me suis souvenu de ce qu’elle m’avait dit, il y a quelques mois, qu’elle serait à moi et rien qu’à moi si je savais être patient.


Mais avec le programme qui m’attend, j’ai bien peur que cette fois ce soit elle qui doive faire preuve de patience…




Copyright © 2009
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Erotisme torride

Tendre Amour

Bon Scénario

Belle Ecriture

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n° 13249Michel 316/04/09
Bambou et la tentation
critères:   fh fhhh hplusag jeunes couplus inconnu nympho poilu(e)s parking voir fellation légumes uro portrait -voyeuract -boitenuit
12391 caractères
Auteur : Michel 3      Collection : Les filles du drugstore

Ma femme est exagérément mince. Un corps long, anguleux de partout. À l’image de ses doigts effilés, élargis aux articulations. Sa frêle silhouette lui vaut le surnom de « Bambou. » Ce qui frappe aussi, c’est la pâleur de sa peau, seulement colorée çà et là de veinules. Ses lèvres sont châtaines, assorties aux cheveux et à l’iris de ses grands yeux. Grands yeux qui lui donnent l’air ingénu des femmes qui ouvrent de grands yeux. Avec ça de longs cils, qui jettent dessus une ombre de fausse pudeur. Bref, vous l’avez compris, Bambou n’est pas une beauté de magazine pornographique. Mais émane d’elle la trouble séduction du bizarre, qui subjugue bien des connaisseurs.


On s’entend bien. Depuis quatre ans qu’elle vit chez moi, Bambou n’a de cesse de me faire plaisir. Le matin, c’est elle qui se lève la première. Elle sort de la chambre toute nue, comme elle a dormi. Je profite pour lui mater l’anus. Ses fesses sont maigres, la raie n’est pas profonde. Je lui vois très bien l’anus, fleur de chair brune dont l’éclosion matinale me ravit. Quand elle revient, j’observe la touffe. Je déteste les chattes rasées, avec leur pseudoérotisme de volaille déplumée. Je préfère l’ébouriffement de ses poils bruns, sur l’ossature pelvienne. Pour moi, les poils du sexe figurent la nudité authentique. Comme sur ces photos anthropométriques de sauvages, qui posaient en genuine nudity pour les explorateurs britanniques du XIXe siècle.


Entre-temps, Bambou prépare le petit-déj. Elle grille mes toasts, passe le café. Puis dans la bonne odeur du pain chaud, elle me sert amoureusement au lit, sur un plateau. Elle ajoute toujours une touche personnelle de grivoiserie : une langue de chat dans les grandes lèvres, ou bien une banane épluchée qu’elle fiche à demi dans le vagin, en évocation marrante de la ceinture de bananes de Joséphine Baker. Ainsi, la journée commence par un instant de délice, qui ne sera pas le dernier. Bambou sait que la vie est courte et que je dois en profiter un max. Je n’ai pas le souvenir de virulentes bagarres entre nous, bien qu’on ait des problèmes. Par exemple, avec les sorties en boîte.


C’est par rapport à la tentation… Comment expliquer ? Quand Bambou revient du travail, elle voudrait qu’on baise. Mais comme je dis, d’un autre côté, il faut nettoyer la maison, préparer le dîner. Puis il y a la vaisselle et le linge à repasser. Moi, je suis crevé ! Je suis chômeur. C’est pénible ! Comparé à Bambou, qui a la chance d’être technicienne de surface. Je lui laisse les tâches ménagères pour me coucher tôt. Quand elle me rejoint au plumard, je la laisse me sucer. Elle pompe goulûment, ses joues creuses se gorgent de salive. Ses tétons deviennent tout durs, alors que ses nichons sont petits et plats, ce qui prouve bien son excitation. Pourtant, elle dit que ce n’est pas assez. Elle oublie la différence d’âge, j’ai quand même 36 ans de plus.


D’où le problème de la tentation, vous comprenez ? En fait, Bambou ne peut pas me cocufier, sauf si j’y consens. Il n’y a qu’à son boulot qu’elle pourrait baiser, mais c’est impossible : les horaires sont trop durs. Pour lui rappeler son devoir de fidélité, je lui ai acheté une laisse, avec un collier. C’est un collier qu’elle ne peut pas ôter. Un ornement très chic en cuir, clouté de pics d’acier. Avec un anneau central pour passer le mousqueton de la laisse… au cas où ! Elle le porte jour et nuit autour du cou, sans la laisse évidemment. C’est surtout symbolique. C’est pour remplacer l’alliance, puisque nous ne sommes pas mariés.


Ce samedi, c’est l’anniversaire de Bambou. Bien obligé de la sortir en boîte ! On va au drugstore, en banlieue. Avant 19 heures, l’entrée est gratuite pour les couples. Moi, m’agiter sur une piste surchauffée au bruit d’une musique de dégénérés, ce n’est pas ma tasse de saké. Mais à 24 ans, Bambou est jeune. Elle a le besoin physique de se défouler. Tant pis pour la tentation… Qu’est-ce que j’y peux ?


Comme elle n’a rien de sexy à se mettre, elle prend dans sa valise des vêtements d’avant… D’avant 2005, l’année de son placement en maison pour jeunes délinquantes. C’est un truc important que j’ai oublié de vous dire : c’est en maison que j’ai connu Bambou. J’étais éducateur spécialisé. Après on m’a licencié, à cause des rumeurs. Je n’aime pas trop qu’elle porte ces anciennes fringues. En plus, ce soir, elle choisit une robe qui se met sans soutif. Un modèle pailleté d’argent très échancré sur le devant. Quand elle s’habille avec, les mecs la matent presque jusqu’à la culotte et je vois bien qu’ils bandent comme des malades, même si Bambou dit que je fantasme.


Au drugstore, j’offre des coupes de mousseux à Bambou pour fêter l’événement. Moi, je me passe de consommation. C’est trop cher. J’ai une bouteille de whisky dans le coffre de la bagnole. J’irai boire sur le parking en cours de soirée. Les murs de la boîte sont couverts de miroirs. C’est pratique ! Je peux me carrer dans un coin et surveiller la piste. Bambou y va danser, la flûte de mousseux à la main. Elle boit, crie, piétine sur place. On dirait un truc africain, avec des tambours. La fente qu’elle a sur le côté de sa robe s’ouvre jusqu’à la fesse. On a du mal à ne pas la remarquer. Qu’est-ce qu’il m’a pris de la laisser sortir dans cette tenue ?


Au bout d’un moment, j’observe que la poitrine androgyne de Bambou excite terriblement un jeune gars qui se remue devant elle. Ses mains lui effleurent les cuisses comme par inadvertance, mais je suis certain que ce fils de pute le fait exprès. Je me lève de la banquette et vais sur la piste de danse pour mettre en garde Bambou. « Ne fais pas attention, il n’ira pas plus loin… » qu’elle me dit avec un drôle d’air. Je lui fais à demi confiance. En tout cas, assez pour sortir boire un coup de whisky.


Ceux qui boivent dehors, c’est la clientèle qui n’a pas de thunes. Ça picole pas mal, des bières machin-chose. Les jeunes croient tenir l’alcool, résultat : ils ont tout de suite la gueule de bois. Même ceux qui dégueulent sont capables de dire qu’ils ne sont pas bourrés. J’aime bien rôder par là, sur le parking surtout. Par rapport aux pisseuses qui se mettent entre les bagnoles. On peut se rincer l’œil sans trop de difficulté. Hélas ! À cause de l’épilation intégrale, deux tiers des chattes ne sont plus que des orifices coïtaux. Hygiéniques, fonctionnelles et puis c’est tout.


N’empêche que ça me donne envie… Je me place donc entre deux voitures et tandis que j’ouvre la braguette, une grande blonde en robe pervenche vient s’accroupir à côté. Je fais semblant d’être gêné. Je m’excuse. Mais la blonde répond qu’il n’y a pas de mal, avec un beau sourire de quenottes blanches qui brillent dans la pénombre. Puis elle se trousse jusqu’à la taille, écarte légèrement les jambes et inonde le bitume d’une flaque qui me coule jusqu’aux pieds. C’est un spectacle qui me ravit ! L’arrivée d’un autre homme rompt le charme. Du coup, je remballe, en jetant un dernier regard sur la flaque d’urine : elle est vraiment immense !


Revenu au drugstore, je réintègre la banquette et cherche Bambou des yeux. Je ne la vois plus ! Une pétasse m’apostrophe :


  • — Votre copine, elle a dit que vous vous fassiez pas de souci. Elle est sortie avec le type, juste pour un moment.
  • — Sortie ? Avec le type ? Quel type ?

La voisine hausse les épaules, avant de se concentrer sur son Coke.


  • — Le jeune type qui était là avec elle…

Je ressors de la boîte. J’inspecte le parking et ses abords. Je finis par dénicher Bambou. Ça y est : elle a recommencé ses conneries ! Éducateur, j’avais cru qu’après une période de sevrage, les dépravées sexuelles se désaccoutumaient, ou du moins qu’elles rechutaient rarement. Quelle erreur ! Elles sombrent dans une dépendance qui ne les quitte plus. Non seulement cette dépendance ne disparaît pas, mais avec l’âge elle devient de plus en plus cruelle. Même quand elles sont ménopausées, la débauche leur reste chevillée au corps.


Bambou a de qui tenir… Gamine, elle traînait souvent dans les rues parce que sa mère s’envoyait en l’air avec plein d’hommes, la porte de l’appartement dûment verrouillée. De l’extérieur, elle entendait les grognements, les gémissements et des vociférations de plaisir. Devenue lycéenne, elle devait se faufiler entre les amants de sa mère pour rejoindre sa chambre. À sa majorité, il était clair qu’elle couchait avec, tant son look arachnéen les fascinait. La première fois, ç’avait même été avec deux d’un coup ! Je lui ai demandé comment elle s’y était prise : est-ce qu’elle s’était fait pénétrer par les deux à la fois, tout ça ? Au lieu de répondre, je me souviens qu’elle m’a embrassé en gardant ses grands yeux ouverts. C’est son style.


Sur le parking du drugstore, les choses ont vraiment dégénéré. Même pas dissimulé par le local à poubelles, le jeune type de tout à l’heure a le falzar sur les genoux. Sa bite s’érige droit vers le nombril. Prérogative de l’adolescence ! Bambou lui caresse la queue avec une joie qui m’emplit de regrets. Sans que j’aie le cœur à réagir, je vois Bambou qui commence à pourlécher. Le gars en est tout con. Déjà, son méat sourd de sécrétions qui forment un fil glaireux entre le gland et les lèvres de Bambou lorsque celle-ci recule la tête pour prendre son souffle. Puis la voilà qui suce carrément, en pétrissant les couilles. C’est vraiment de la dégueulasserie. Je finis par intervenir :


  • — Tu vas quand même pas remettre ça ? dis-je à Bambou.
  • — Qui c’est ce bouffon ? coupe le jeune.
  • — C’est mon mari, répond Bambou.
  • — Ah ! fait le type. Eh bien… Bonsoir m’sieur ! Bonsoir ! Putain, elle est chaude ! poursuit-il. Quelle chance vous avez m’sieur, pas vrai ! Ça vous dérange pas que je la nique ? C’est juste pour tirer un coup… dit-il encore par précaution. Si vous voulez qu’on la baise à deux… y a pas de problème m’sieur. C’est votre femme après tout…

Le pauvre croit qu’on est deux sur l’affaire, mais je vois qu’arrivent d’autres amateurs. C’est toujours comme ça que ça se passe au drugstore. Ce sont des habitués, des connaisseurs. Leur intérêt pour Bambou ne faiblit pas. Sous l’impulsion des regards qui convergent, Bambou accélère la fellation, les lèvres retroussées. Puis elle marque un temps d’arrêt et reprend de plus belle. Je deviens nerveux, j’ai la tête qui s’échauffe, les jambes qui tremblent. Cette diablesse, quelle manipulatrice ! Finalement, la jeunesse ne m’apporte que des soucis…


  • — M’sieur… vous n’avez pas envie ? continue le type sur son idée.
  • — Alors ? Tu te décides ? finit par lâcher Bambou. C’est ce que tu voulais, non ?
  • — Écoute, ma chérie…

Bambou empoigne fortement le sexe turgescent de son bellâtre et l’agite à mes yeux, avec les grosses couilles qui ballottent à droite et à gauche.


  • — C’est toujours pareil avec toi… Tu me conduis au drugstore, exprès pour me mettre la pression. Et quand forcément je succombe à la tentation, parce que tu sais bien que je vais succomber… tu viens faire ta tournée d’inspection avec tes « Écoute, ma chérie »… J’en ai rien à foutre, monsieur l’éducateur ! Ce qu’il faut, c’est que tu me sortes de là ! Que tu me passes la laisse dans ton foutu collier ! Et que tu me baises tout de suite ! Comme une chienne ! Là, devant tout le monde ! Sinon, sinon… je jure sur la tête de ma mère que…

Bambou désigne d’un geste du bras la demi-douzaine de voyeurs qui profitent de la scène. Elle est super excitée maintenant.


  • — Tu vas voir ! Tu vas voir ! éructe-t-elle dans l’énervement de son bras tendu.

C’est la phase ultime. Bambou est devenue d’une rare beauté. Exacerbée, elle se démène, vocifère, affole l’un et l’autre de ses gestes décharnés. Sa robe tournoie à l’entour de son corps fluet, exhibant dans le mouvement les seins menus et le ventre creux. Les spectateurs l’enserrent de plus près. L’aventure commence ! Un peu à l’écart, je ne distingue pas très bien les détails. Mais l’animation, la fièvre, le tourment, ça oui ! L’agitation des ombres, les râles gutturaux, l’étrange célébration des vices et des viscères… Bambou est l’incarnation du bizarre qui corrompt. Qu’y puis-je ?


Demain, Bambou se lèvera la première, les grands yeux fatigués. Toute nue, telle qu’elle se sera couchée. Elle sortira de la chambre. À cet instant, je lui materai l’anus. Ses fesses sont trop maigres, la raie n’est pas profonde. Je lui verrai très bien l’anus. Quand elle reviendra, c’est la sauvageonne que j’examinerai, dans la brousse des poils. Excusez-moi, j’en bave… C’est que je savoure déjà ce bonheur !




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n° 13260Patrick D26/04/09
Ma chère Henriette
critères:   humour
7665 caractères      
Auteur : Patrick D

Une sodomie !


Vous m’entendez bien Henriette ! Voilà la nouvelle toquade de Charles : une sodomie !


Eh bien, figurez-vous ma chère que c’est à peu de choses près la même tête que vous que j’ai faite !


Ça vous gêne que je vous en parle ? Comment cela, ça vous gêne ? Vraiment ? À qui voulez-vous que j’en parle sinon à vous ? Depuis combien d’années sommes-nous amies ? Trente-cinq ans ? Au bas mot, oui certainement. Vous êtes la seule personne à qui je puis m’ouvrir de ces choses-là, Henriette.


Trente-cinq ans, si, si, souvenez-vous. Notre amitié date de ce jour où vous m’avez sollicitée pour votre association caritative Blanches Colombes. Oh, ma chère Henriette, vous m’avez immédiatement plu. Cet investissement, ce dévouement dont vous faisiez preuve, et dont vous ne vous êtes pas départie d’ailleurs, m’avaient réellement bouleversée ! Se démener ainsi pour permettre à des jeunes filles miséreuses de s’offrir un mariage digne de ce nom… Vous aviez fait vibrer ma corde la plus sensible. Je peux bien vous l’avouer aujourd’hui.


Allons, ne rougissez pas comme ça, c’est moi que vous allez mettre mal à l’aise, Henriette. Eh bien oui, cela fait trente-cinq ans maintenant ! Et deux ans plus tard, j’épousais Charles. Tout cela ne nous rajeunit pas…


Vous souvenez-vous de mon mariage, Henriette ? Quel beau mariage, ce fut ! C’est vous qui m’aviez renseigné ce château, n’est-ce pas ? Quel endroit somptueux ! Et cette robe que je portais ! Quelle merveille ! Savez-vous qu’il m’arrive encore de regarder les photos de ce jour ? Parfois, le dimanche après-midi lorsque Charles travaille, je m’installe dans le boudoir, derrière la fenêtre, au soleil et j’ouvre mon album. Croyez-le ou non, Henriette, il m’arrive de verser une larme. Tout ce faste, tous ces gens présents, ma robe merveilleuse… ça me gonfle encore le cœur.


Charles aussi était très élégant ? Euh, oui, aussi, bien entendu…


Voilà plus de vingt ans que cette fantaisie de travailler le dimanche lui a pris. Depuis la mort de papa, pour tout vous dire. Il prétend qu’il règne un calme sans pareil à l’usine ce jour-là, qu’il peut enfin se concentrer sur ses nombreux dossiers, expédier l’administratif. Soit. Mais plus jamais il ne s’est rendu à l’office. Ça me chagrine un peu. Encore heureux que vous m’y accompagniez Henriette, sans cela, j’aurais du mal à soutenir le regard de monsieur le curé. Je suis convaincue d’y lire le reproche de cette absence de Charles…


Ce travail l’accapare, c’est peu de le dire. La semaine, je ne le vois pratiquement pas, il dîne avec ses clients au moins trois soirs sur cinq. Le samedi, il golfe pour entretenir ses relations qu’il entraîne ensuite dans d’interminables discussions au club-house ; et le dimanche, il se prépare comme s’il avait rendez-vous avec un ministre puis, dès dix heures, pfuit, il file comme s’il avait le diable aux fesses ! Je me demande d’ailleurs pourquoi il s’échine à se raser, à se pomponner de la sorte. Il n’y a que lui à l’usine ce jour-là.


Parfois, vous savez Henriette, je me demande s’il ne m’a pas épousée par intérêt. Non, non, je ne pleure pas, j’ai une poussière dans l’œil, voilà tout. Mais vous avez raison, je ne dois pas penser de la sorte. Il est vrai qu’il n’est absolument pas responsable du fait que papa l’ait engagé dans son équipe. Encore moins du fait que papa soit décédé prématurément et qu’il ait dû reprendre les rênes de l’attelage. Fort bien, de surcroit. Il s’y entend en affaires, le patrimoine familial est entre de bonnes mains.


Si seulement, il n’avait pas de ces toquades ! Avant la dernière en date, celle dont je vous parlais tout à l’heure, voilà qu’il s’était mis en tête d’élever des araignées exotiques ! Ma chère Henriette, je me suis retrouvée avec des terrariums, des bocaux en verre, des plantes ad hoc comme disait Charles, tout un fatras innommable ayant coûté une petite fortune, partout dans la cave de la maison ! Et des bestioles immondes, effrayantes, poilues, grotesques, gigantesques ! À n’en plus finir ! Charles tentait de me convaincre que cet élevage était absolument sans risques mais je ne dormais plus tranquille ! Jusqu’au jour où en me maquillant dans la salle de bain, je suis tombée nez à nez avec une de ces créatures répugnantes !


J’ai tellement hurlé dans le téléphone, cette malencontreuse rencontre m’ayant pratiquement rendue hystérique, que Charles a tout lâché sur-le-champ et est revenu à la maison à toute vitesse. Dans l’heure qui suivait, des spécialistes sont venus nous débarrasser de toute cette ménagerie, j’avais été catégorique !


Et je ne vous parle pas de la fois où il avait rêvé de s’adonner à la cuisine chinoise. J’en ai contracté une intoxication alimentaire carabinée. Je suis restée clouée trois jours au lit, à boire des potions infâmes et à m’appliquer des onguents graisseux sur des éruptions cutanées hideuses. Et tant d’autres lubies encore… Je pourrais vous en parler des heures durant.


Et voilà que maintenant, monsieur a rêvé de pratiquer la sodomie !


Prenez encore un peu de ce gâteau, Henriette. Il est fait maison, au bon beurre, pas une saleté de grande surface. Pourquoi souriez-vous ? Ah non, je n’ai pas vu Le dernier tango à Paris. Je ne suis pas cinéma, vous le savez bien.


Non mais Henriette, vous vous rendez compte ? Une sodomie. Je n’en reviens pas. Et vous verriez les trésors d’ingéniosité qu’il déploie pour me rallier à sa cause : « des sensations sans pareilles, ma chérie, je ne vous dis que ça » ou autres « une fois que vous y aurez goûté, vous ne pourrez plus vous en passer, je vous le garantis ! » Sans relâche ! Il tente de m’avoir à l’usure mais je ne cèderai pas, ça c’est moi qui le garantis ! Et puis après, il tente aussi de me rassurer : « vous ne ressentirez aucune douleur, vous verrez, nous serons prudents, délicats, nous procèderons par étapes. » Par étapes ?


Et pourquoi pas une fellation tant que nous y sommes ? Excusez-moi Henriette, je suis consciente d’être un peu grossière mais c’est que cet énergumène me met pratiquement hors de moi, voyez-vous ? Parce qu’il faut bien vous dire, tant que je suis dans les confidences, que la fellation, ce rustre a aussi tenté de m’y amener ! Eh oui, je vous assure ! Mais cela, c’était au début de notre mariage, j’étais encore jeune et un peu inconsciente alors j’avais consenti à tenter cette expérience lubrique. Mais quand j’ai eu ce… cet attribut malodorant, veineux en bouche, j’en ai attrapé le hoquet, des haut-le-cœur ! Et je l’ai recraché à une vitesse fulgurante !


Je pensais pourtant avoir été claire cette fois-là. Je pensais réellement m’être bien fait comprendre. « Plus de perversions malsaines d’aucune sorte mon ami » lui avais-je dit. Sous peine de divorce. Je reconnais qu’il a pu se tenir coi près de trente ans, mais voilà qu’il remet ça à présent.


Oh, ma très chère Henriette, je vous demande pardon de m’être montrée si familière, si vulgaire avec vous mais il fallait que j’en parle à quelqu’un. Et vous êtes ma seule vraie amie. Merci de m’avoir écoutée, je me sens un peu soulagée.


Vous êtes vraiment une amie, une femme exceptionnelle ! Je ne comprends pas que vous ne vous soyez jamais mariée. Oui, je sais, vous êtes extrêmement occupée par vos bonnes œuvres mais tout de même, une perle comme vous. Enfin, j’espère que nous aurons encore longtemps l’occasion de déjeuner ensemble le dimanche.


Oui, oui, je sais, ne vous mettez pas en retard, allez, filez, je vous embrasse.


Quelle femme merveilleuse cette Henriette ! Et courageuse. Oh oui ! Voilà aussi plus de vingt ans qu’elle travaille le dimanche. Quelle dévotion ! Et puis, elle est toujours tellement soignée, tellement élégante. Quelle chance j’ai d’avoir une amie comme elle !






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n° 13272Introduire le fantastique dans la vie courante02/05/09
Les pensées d'autrui
critères:   fh couple médical fellation cunnilingu fantastiqu -h+medical
64957 caractères      
Auteur : Louvilneau

Je m’appelle Victor Debucq mais tous ceux qui m’aiment m’appellent Vic. J’ai 56 ans et je suis marié depuis 34 ans à Sophie que j’aime profondément. Nous avons quatre enfants maintenant tous autonomes. Je suis professeur dans un lycée technique.

Après plus de deux années de bouleversements divers dus à la ménopause de Sophie et au départ du petit dernier, tout allait pour le mieux dans notre couple. Nous avions retrouvé la sérénité et même, au-delà de la tendresse, un renouveau de sexualité dans notre amour.


C’est arrivé un mardi soir. J’étais rentré fatigué d’une suite de conseils de classe, épuisants de cas difficiles, et je me détendais, avachi devant la télé, en attendant le repas du soir.

Quand, tout à coup, je ressens une violente migraine. Je veux me redresser pour aller prendre un cachet mais ma jambe gauche se dérobe sous moi. Je retombe à grand bruit dans le fauteuil et Sophie, alertée, accourt pour voir ce qui se passe.

J’ai des difficultés à ouvrir la bouche. Je vois double, mon œil gauche semble avoir pris son autonomie !

Sophie est affolée. J’essaye péniblement de balbutier :


  • — Appelle le SAMU. Y a quelque chose qu’a pété dans ma tête. Reste calme !

Je l’entends parler au téléphone. Le ton est pressant mais elle a réussi à se maîtriser et ses indications sont claires.


Je n’ai pas perdu conscience, mais la suite des événements est un peu nébuleuse dans mon esprit.

L’auscultation du médecin, la sirène de l’ambulance, l’arrivée à l’hôpital, tous les examens… tout cela se mélange comme sorti d’un mauvais rêve.

Je me souviens quand même du médecin urgentiste : un jeune homme brun au teint blafard qui me disait :


  • — Vous avez fait une rupture d’anévrysme sur la partie supérieure droite de votre cerveau. C’est la compression de l’encéphale qui vous donne tous ces symptômes ; l’hémorragie est importante mais elle s’est arrêtée pour le moment. Le professeur D. que je viens de contacter va vous opérer demain matin. Vu où c’est placé, ça va être aisé. Il faut éliminer le caillot et surtout cautériser votre artère.

Je suis incapable de dire où j’ai passé la nuit mais j’ai dû dormir abruti par des somnifères. Sophie n’a pas eu le droit de rester avec moi.


Je n’ai aucun souvenir de l’opération. On m’a dit que j’avais passé quelques heures en salle de réanimation puis que l’on m’avait transporté dans une chambre.


À mon réveil, Sophie est à côté de moi. Dès que j’ai ouvert les yeux elle s’est levée et m’a embrassé en m’effleurant les lèvres.

Ce simple contact m’a laissé une impression étrange : tout à coup Sophie m’est apparue nimbée d’une lumière très douce de couleur chair nacrée et j’ai entendu comme une superposition de voix incompréhensibles mais toutes remplies, m’a-t-il semblé, de soulagement et d’amour.

Cette hallucination n’a duré que le temps du baiser et je l’ai vite oubliée pour répondre aux questions de Sophie et d’une infirmière qui venait d’arriver dans la chambre.


  • — Oh oui, je me sens bien ! Non, je ne ressens aucune douleur.
  • — Pouvez-vous soulever votre main gauche ?

Je soulève la main facilement.


  • — Pouvez-vous bouger vos doigts ?

Là encore, je bouge mes doigts sans problème.


Et les tests ont continué : tous mes membres fonctionnent et obéissent au cerveau, mes yeux suivent correctement les doigts que l’infirmière fait aller lentement d’un côté à l’autre de ma tête.


Sophie rayonne de bonheur… et moi donc !

J’ai alors voulu me redresser mais, d’une main ferme, l’infirmière m’en a empêché.


  • — Restez sagement allongé, me dit-elle, le professeur D. va venir tout à l’heure. C’est lui qui va décider si vous pouvez vous asseoir.

Durant tout le contact de sa main, j’ai encore eu cette impression de halo, bleu pâle cette fois-ci, et j’ai cru entendre au travers d’un brouhaha :


« … il ne faut pas qu’il bouge ; c’est beaucoup trop tôt… »


Encore une fois, étant sans doute toujours sous l’effet de tranquillisants, je n’ai pas réagi.


En sortant l’infirmière appelle ma femme et elles discutent quelques instants à voix basse près de la porte.

Sophie revient à côté de moi.


  • — L’infirmière, elle s’appelle Emmanuelle, vient de me dire qu’il ne fallait surtout pas que tu bouges la tête.
  • — Mais je me sens en pleine forme, je suis sûr que tout va aller très bien…
  • — Écoute, je t’en prie, reste tranquille ! Tout semble s’être passé parfaitement, l’opération a réussi. Ça serait dommage de tout gâcher pour un tout petit caprice !
  • — Oui ma chérie, je vais être bien sage.

Je ferme alors les yeux et murmure :


  • — Je vais essayer de dormir encore un peu. S’il te plait, rapproche-toi de moi et donne-moi ta main.

Je sens Sophie se lever et placer doucement son fauteuil contre le lit, puis elle me prend la main dans les siennes.


Immédiatement, derrière mes paupières baissées, m’apparaît cette magnifique couleur nacrée ; en même temps je perçois la cacophonie de nombreuses voix qui, toutes, parlent en même temps, tout à fait comme dans une salle de spectacle juste avant l’ouverture du rideau.

Un peu moins surpris que la première fois, j’essaie de comprendre ce qui m’arrive. Dans ma torpeur, je ne bouge pas, j’attends.


De plus en plus détendu, j’écoute et je réussis à séparer les voix les plus « présentes ».


« … Oh mon Vic, repose-toi mon amour. Ça a dû être dur… »

« … on dirait que l’opération a vraiment réussi. Quelle chance on a… »

« … est-ce que ça va encore durer longtemps ? Quand est-ce que l’on va pouvoir rentrer à la maison ? … »


Emportée par la fatigue, Sophie se met à sommeiller. C’est vrai que ce fut très dur pour elle aussi : attendre sans savoir, c’est souvent plus douloureux que subir.

La couleur nacrée s’assombrit peu à peu et vire au rouge pâle. Les voix redeviennent incohérentes ; je m’assoupis aussi.


Une voix très claire me réveille. J’ouvre les yeux pour voir qui parle. Personne…

La tête de Sophie est sur le lit, entre ses bras. Ses mains entourent toujours la mienne mais elles sont totalement relâchées. Sophie dort profondément.


Et je réentends la voix :


« … Oui, ce soir c’est moi qui commande ! Toi, tu te laisses faire… »

« … oh ! le joli petit escargot… je l’avais jamais vu si petit, si mignon… »

« … pourvu que l’opération ne l’aie pas rendu impuissant ! … »

« … hum ! Attends, ma bouche va te réveiller… »


Et je vois la bouche de Sophie esquisser le mouvement de téter.

Je réalise enfin que j’« entends » le rêve de Sophie. Je suis abasourdi !


Le mouvement de ses lèvres a sans doute été suffisant pour la réveiller. Elle relève la tête, voit que j’ai les yeux ouverts et alors me sourit tendrement. Elle me dit tout doucement :


  • — Je t’aime.

En même temps, j’entends au fond de ma tête :


« … Oh oui, je t’aime, tu ne pourras jamais savoir combien je t’aime… »


J’ouvre la bouche pour lui expliquer tout ce que je ressens quand la porte s’ouvre devant le professeur D. et toute sa cour d’assistants et d’étudiants.


  • — Bonjour monsieur Debucq, comment vous sentez-vous ?
  • — Mais très bien docteur, tellement heureux de retrouver mon intégrité, je me sens prêt à gambader.
  • — Holà ! Comme vous y allez ! Votre tête est encore fragile. Il ne faut surtout pas la bousculer.

Il se tourne vers Emmanuelle, l’infirmière de tout à l’heure :


  • — Ce soir, monsieur Debucq pourra s’asseoir pendant quelques instants mais il faudra que quelqu’un vienne l’aider à se redresser puis à se recoucher.
  • — Bien, monsieur.

Je reprends la parole :


  • — Est-ce que je peux boire un peu d’eau, j’ai soif ?
  • — Oui, mais avec une pipette. Pour le moment, pas question de bouger. Ce soir, si vous le voulez, vous pourrez prendre un bol de bouillon.

À ce moment-là, il s’est retourné vers les étudiants et a commencé un cours sur l’opération qu’il avait pratiquée.


Emmanuelle est sortie puis revenue avec l’un de ces petits récipients fermés d’un couvercle avec une mini tétine.

Elle sourit à Sophie, s’assoit sur le bord du lit et me présente la tétine.

Je bois à toutes petites gorgées. Quel bonheur ce petit filet d’eau dans ma bouche desséchée ! Et puis, d’un geste presque maternel, elle pose sa main gauche sur mon front.

Immédiatement, le voile bleu réapparaît :


« … il n’a pas de fièvre… »

« … mais quand l’autre emmerdeur va-t-il quitter la chambre ?

Il pourrait faire ses cours ailleurs que chez mes malades… »


Moi, je la regarde droit dans les yeux. De magnifiques yeux sombres, presque noirs, remplis de vie.


« … quels beaux yeux il a… »


Ses lèvres esquissent un sourire. Le bleu tourne au rose :


« … il est bien conservé pour son âge, s’il me le demandait, je ne dirais peut-être pas non… »


J’ai du mal à garder mon sérieux, je lâche la tétine :


« … bon ! Ça y est, il a fini… »


  • — Vous n’en voulez plus, monsieur ?
  • — Non merci. Vous êtes gentille.

Elle se tourne vers Sophie :


  • — Vous avez vu, madame ? Vous pouvez le faire boire autant de fois qu’il le désire, mais toujours par petites quantités. N’hésitez pas à m’appeler si vous avez le moindre problème.

Et elle sort. Pris par mes pensées (par ses pensées…), je ne m’étais pas rendu compte que le professeur était déjà parti, entraînant tout son petit monde.


Sophie me sourit :


  • — Tu as vraiment de la chance dans ton malheur. Elle est charmante. Tu aurais pu tomber sur un dragon !
  • — Tu ne vas pas être jalouse de mon infirmière ?
  • (Avec un grand rire) Mais non. D’ailleurs elle va bientôt terminer son service. Et le dragon… tu vas voir, ça va être la suivante !

Ça me fait plaisir de la voir retrouver son humour et se détendre. Elle a dû avoir très peur…

Je ferme les yeux à nouveau. Elle se lève et me dit :


  • — Je vais faire un tour à la cafétéria, tu vas pouvoir te reposer tranquille. À tout à l’heure.

C’est le moment de faire le point : je viens de subir une opération du cerveau qui semble avoir réussi. À part une lourdeur due sans doute à l’anesthésie, je n’ai plus mal nulle part ; tout mon corps fonctionne parfaitement.


Mais il y a un « plus ». Cette impression que j’ai de percevoir les pensées des personnes qui me touchent. Est-ce une hallucination ou une réalité ?


C’est décidé, pour le moment il vaut mieux ne rien dire. Si ça se savait… plus personne ne voudrait m’approcher ! Ma vie pourrait devenir un enfer.


Là-dessus, j’ai dû m’endormir.


C’est cette troublante lumière nacrée qui m’a réveillé. Sophie est en train de m’embrasser délicatement sur le front.


  • — Oh, je t’ai réveillé ! Pardonne-moi mais il faut que je rentre à la maison, tu sais j’ai tout laissé en plan, il y a du rangement et du nettoyage à faire ; et puis, c’est l’heure de la fin des visites…

« … Ça me fait mal au cœur de le laisser tout seul… »


La lumière vire au bleu :


« … en rentrant, je vais prendre un bon bain. Ça va me délasser

mais avant, il faut que je m’arrête au supermarché :

il faut des packs d’eau, des produits pour le lave-vaisselle… »


Elle coupe le contact en se redressant.

Je la regarde tendrement et je lui dis :


  • — En rentrant, tu devrais te faire couler un bain, tu as l’air harassé.
  • — C’est drôle, j’y pensais justement. À demain mon amour…
  • — À demain…

Maintenant j’en suis sûr, ce sont bien ses pensées que je capte. Et la couleur doit avoir un rapport avec l’état d’esprit de la personne. À étudier…

Pour le moment je suis seul. Je n’ai pas le droit de bouger et je n’ai pas l’intention de braver les consignes.

Je ne sais pas l’heure qu’il est ; on a retiré ma montre, il va falloir que je la réclame : j’aime bien savoir où j’en suis quand je me réveille.


Le couloir qui mène à ma chambre doit être assez long car j’entends au loin des conversations de femmes affairées et des bruits métalliques. Il doit certainement s’agir de la distribution du repas du soir.

Je vais donc voir du monde ; attendons !

Les bruits se rapprochent, on frappe :


  • — Entrez !

C’est une jeune femme d’origine antillaise, avec un petit accent charmant :


  • — Bonjour monsieur. Vous êtes nouveau, je n’ai pas de fiche menu pour vous. Vous voulez quelque chose ?
  • — Le docteur a dit que je pouvais prendre un bouillon, mais il me faudra de l’aide pour me redresser.
  • — Vous inquiétez pas, je préviens une aide-soignante.

Et elle sort en chantonnant.


Quelques instants après, une autre jeune fille apparaît toute guillerette avec un bol.


  • — Monsieur Debucq, bonjour. Emmanuelle vous a confié à moi, vous auriez pu tomber pire (elle rit). Bon ! On va se redresser. Attendez, je vais chercher ce qu’il faut.

Elle va dans le placard et revient avec une sorte de dossier sans siège.


  • — Vous allez voir, ça va aller tout seul. Vous allez me prendre par le cou, je vais vous redresser puis glisser le dossier derrière vous avec un oreiller.

Ce qui fut dit fut fait. Dès que j’attrapai son cou je la vis dans un nimbe orange-rouge et j’entendais :


« … Sacré Éric, qu’est-ce que tu ne me fais pas faire !…»

« … Hier tu me demandes de ne rien mettre sous ma blouse, et tu n’es même pas là… »

« … Attention, j’ai le bras du monsieur qui m’écrase le sein droit… »

« … Ah ! Il me regarde drôlement. Il a senti… »

« … sais-tu, mon cochon, que ça me fait de l’effet ?… »

« … Éric, si c’est ça que tu voulais, c’est gagné ! … »


  • — Ça y est monsieur, vous pouvez me lâcher…

Dommage, ça commençait à devenir croustillant. Si je n’avais pas « entendu » tout cela, sans doute que je ne me serais rendu compte de rien. La blouse verte n’est pas transparente et la poitrine bien ferme tremble peu.

En observant bien, sous prétexte de lire son nom sur son badge – Kitty, aide-soignante – je remarque deux petites pointes qui essaient de percer l’étoffe.


Elle me donne le bol et une cuillère :


  • — On est bien installé ? Ça va aller ? … Bien, je vous laisse. Je reviendrai tout à l’heure. Prenez tout votre temps.

Cuillère après cuillère je vide tranquillement le bol. Je devais avoir faim car ce simple bouillon me semble être un nectar.

Mais, bien avant la fin du bol, une sensation nauséeuse me monte dans la gorge. J’arrête de manger. Non ! Je ne vais pas vomir ! Ouf ! Ça se calme.

Maintenant, c’est ma tête qui tourne ; je tends le bras pour poser le bol sur la tablette à côté du lit, je rate mon coup et le bol tombe par terre. Il n’est pas cassé mais tout le reste du bouillon s’est répandu sur le sol. Je vais tomber, j’ai le réflexe d’attraper la sonnette et d’appeler.


Kitty arrive en courant :


  • — Oh là là ! J’aurais jamais dû vous laisser tout seul, c’est ma faute, je vous croyais plus vaillant… Accrochez-vous, je vous allonge.

Elle m’attrape, voile violet et :


« … Zut, quelle conne ! Pourvu qu’il dise rien… »

« … tout ça pour aller me faire un doigt, vite fait dans les toilettes, en pensant à Éric… »

« … j’étais excitée… »

« … je vais rester un peu avec lui… il a l’air sympa… »


  • — Je reviens tout de suite, je vais prévenir une femme de ménage, une seconde…

Elle revient presque tout de suite et s’assoit à côté de moi.


  • — J’ai vu votre alliance, vous êtes marié ? Vous avez des enfants ?
  • — Oh oui ! Vous avez loupé ma femme de peu, vous avez dû arriver juste après son départ. Nous avons quatre grands enfants. Il y a une fille qui doit avoir à peu près votre âge.
  • — Vous en avez encore chez vous ?
  • — Non, ils sont tous partis aux quatre coins de la France : Bordeaux, Paris et Grenoble. Mais parlez-moi de vous. Vous avez un copain ?

Elle rougit un peu et sourit :


  • — Oui, il s’appelle Éric et il est brancardier, ici, à l’hôpital. Mais on n’arrive pas toujours à avoir les mêmes horaires.

Je lui tends la main ; elle la prend doucement. C’est maintenant une couleur orange qui prédomine :


« … il est sympa le papy, j’aurais bien aimé avoir un papa comme ça… »


Je lui dis :


  • — C’est donc vrai cette légende qui dit que les infirmières sont toutes nues sous leur blouse ?

« Ah ! Il est gonflé ! Je ne peux pas lui mentir, il a bien senti… Je vais piquer un fard… »


  • — Vous me faites rougir. C’est la première fois vous savez. C’est Éric, ce vicieux, qui me l’a demandé hier soir.
  • — Et vous, vous lui avez obéi…

« … s’il savait comme c’est excitant.

Là, sous ma blouse, je me sens encore plus nue que sous la douche.

Je suis toute remuée… »


  • — Ça avait l’air de lui faire tellement plaisir. Et puis, c’est pas déplaisant !

« … Tiens, excite-toi là-dessus, mon bonhomme… »

« … Oh ! je suis vraiment trop conne ! C’est un malade, il faut qu’il se repose et je suis là à l’exciter… »

« … Kitty, ma fille, reprends-toi et calme-le gentiment… »


Elle lâche ma main, me sourit avec tendresse :


  • — Maintenant il faut vous reposer, dormir si vous pouvez. Vous n’êtes pas vraiment en état de penser à ces choses-là. Tout à l’heure je vous apporte des calmants pour la nuit.

À la fin de ses pensées, je suis passé par toute une série de couleurs : de l’orange c’est passé au rouge puis au violet et enfin au bleu.

Je commence à avoir quelques points de repère : orange-rouge = sexe, bleu = boulot, violet = colère ? (pas vraiment sûr) et chair nacrée, ma Sophie et tout son amour.

Je constate aussi que non seulement je perçois les pensées, mais aussi les sensations. Tout à l’heure, quand elle pensait à sa nudité je sentais vraiment le frottement du tissu sur les pointes de seins et aussi un trouble confus dans le bas-ventre.


Il faut que je me calme. Je suis en convalescence, il faut éviter de bouger.


Ah ! Qu’est-ce que ça va être quand je vais faire l’amour !


Voilà la femme de ménage qui arrive avec son chariot. Elle doit en avoir gros sur la patate ! Elle ne lève pas la tête, fait son boulot, range ses outils et s’en va sans dire un mot. Quel travail ingrat !


Et revoilà Kitty qui me met deux gélules dans la main et me donne un verre d’eau pour les avaler. Elle me soulève mais je suis trop absorbé pour « écouter » ses pensées.


Peu de temps après, je m’endors…


C’est le raffut d’une machine de nettoyage dans le couloir qui me sort du sommeil. Il fait déjà plein jour – c’est vrai, j’ai oublié de dire que l’on était au mois de mai –, il est donc plus de 6 h. Je n’ai pas vu la nuit passer.


Je me réveille l’esprit clair et j’ai l’impression d’être en pleine forme ; les événements de la veille me semblent lointains et j’ai du mal à y croire…


Après le nettoyage du couloir, c’est le chariot du petit déjeuner. Je m’assois tout seul, sans problème, bien calé avec mon oreiller. Avec beaucoup de patience j’arrive à beurrer les deux biscottes que l’on m’a servies et à répartir la confiture de fraise du petit pot en plastique sans en mettre partout. J’avale le tout avec un énorme appétit. Le café me semble délicieux.


On débarrasse, je me rallonge. Humm ! Je me sens bien…


Mais je gamberge, j’ai de plus en plus de mal à croire aux sensations que j’ai eues hier : certainement des hallucinations dues à l’anesthésie. De toute façon, c’est impossible ! La transmission de pensées n’existe pas, ça se saurait !


Toc ! Toc ! Deux jeunes femmes en blouse blanche. Pas de fantasme, elles ont bien des sous-vêtements !


  • — Bonjour monsieur. Température, tension (grand sourire plaqué). Vous avez bien dormi ?

Sans attendre ma réponse, on me met au bras le garrot gonflable du tensiomètre et, dans l’oreille, une sorte de téléphone portable : le thermomètre. Ça gonfle, ça clique, ça bipe…


  • — 36,9 et 12-8. C’est très bien monsieur, vous vous portez comme un jeune homme…

Et elles repartent, le sourire toujours collé aux lèvres. À aucun moment l’une ou l’autre ne m’a touché. Je reste dans l’expectative…


Zut ! J’ai oublié de leur demander si je pouvais me lever. Il faudrait que j’aille aux toilettes. Hier Sophie m’a passé un urinal. Il est là, à côté du lit mais ce matin, ce n’est pas vraiment ce qu’il me faut. Ça me gêne de sonner pour demander le bassin, alors que je me sens très bien.


Tant pis, je me lève. J’essaie de rester bien détendu, de n’avoir que des gestes lents.


Je porte une sorte de chemise en non-tissé bleu, ouverte dans le dos. En dessous, je suis totalement nu, c’est bien pratique pour les toilettes ! Mais pas très seyant pour recevoir des dames…


Je n’ai pas présumé de mes forces. Tout se passe bien. J’en profite pour me passer un peu d’eau sur la figure et pour me coiffer.

Et c’est tout frais que je retourne dans mon lit.


Le problème à l’hôpital, c’est de passer le temps. La télé, non, vraiment pas ; surtout le matin ! Il n’y a pas de radio dans la chambre et je n’ai rien à lire… Il va falloir que je téléphone à Sophie de me rapporter un ou deux polars et quelques revues…


On frappe. C’est Emmanuelle avec l’une des deux jeunes femmes de tout à l’heure qui tire un chariot couvert de boîtes et de flacons :


  • — Bonjour monsieur Debucq. On vient refaire votre pansement. Oh, je vois que vous vous êtes levé… Vous n’êtes pas sérieux !

Je lui explique mon embarras de tout à l’heure et puis aussi ma pleine forme. Elle sourit :


  • — Si tout s’est bien passé, n’en parlons plus…

Elle regarde sa compagne :


  • — Élodie est élève infirmière et elle est en stage dans le service. C’est elle qui va refaire votre pansement. Vous allez vous assoir. Attendez que je vous aide…

Je m’accroche à son cou, comme avec Kitty, mais elle a des cheveux mi-longs qui m’empêchent de toucher sa peau. J’ai une vague impression de bleu mais rien de plus… Je n’ai vraiment pas de chance ce matin !


Toutes deux se rincent les mains avec un antiseptique et Élodie enfile des gants stériles. Emmanuelle fait le tour du lit et regarde sa compagne retirer l’espèce de filet qui retenait mon pansement. Elle se penche en avant pour mieux suivre les gestes d’Élodie et pour ce faire, elle appuie ses deux mains sur le lit.


Comme si j’étais un peu affolé, je lui prends le poignet. Immédiatement le brouhaha de ses pensées me parvient. La couleur est indéfinissable, sautant sans arrêt du bleu à l’orange avec des éclairs de jaune et de vert. Il faudra que j’y réfléchisse plus tard.


C’est assez confus, les pensées défilent à toute vitesse et sautent du coq à l’âne :


« … on va pouvoir faire confiance à Élodie, elle s’y prend bien!… »

« … non, mais… ce grand bonhomme qu’a peur d’avoir mal… »

« … et puis, hier soir Xavier, qu’est-ce qui lui a pris ?… »

« … Attention ! Surveille bien Élodie… »


Je sens que la plaie est à l’air et qu’Élodie la tamponne tout doucement. Je ne vois rien de ce qu’elle fait. Je serre un peu le poignet. Le regard d’Emmanuelle se tourne vers moi :


  • — Ça vous fait mal ?
  • — Oh non, c’est juste la surprise du contact, c’est froid… et un peu d’appréhension, ajouté-je avec un sourire.

« … il est sympa… quels beaux yeux il a ! … »

« … pourquoi Xavier s’est-il saoulé en regardant son foot ? … »

« … j’aurais dû rester avec lui… mais le foot, beurk ! … »

« … qu’il est mignon ce monsieur… et douillet, comme tous les hommes… »

« … mais il a l’air tout doux lui… »

« … non mais Xavier qu’a voulu me violer quand il s’est couché ! Il puait la bière… »

« … j’ai bien fait de me débattre… »


Elle sourit.


« … je l’ai fait tomber du lit… »

« … quelle gueule il avait ce matin quand il s’est réveillé sur le canapé… »

« … Holà Manue, pense un peu au boulot… »


Elle pose une fesse sur le lit et regarde Élodie qui continue à s’occuper de moi.

Elles échangent quelques paroles sur la façon de plier les compresses sur les pansements.

Emmanuelle a pris ma main et l’a posée négligemment sur sa cuisse.


« … il a l’air vraiment très gentil, on aurait bien envie de le câliner… »


Encore un sourire :


« … oh, la tête de Xavier tout à l’heure… il devait avoir sacrément mal aux cheveux… »

« … j’ai accepté ses excuses mais il ne faut pas qu’il recommence ! … »

« … c’est la première fois mais y a intérêt à ce que ça soit la seule ! … »

« … mais le monsieur… il caresse ma cuisse ! … »

« … gonflé ! Mais je l’ai un peu cherché… »


Elle me bloque la main.


« … ça suffit ! Ça commence à me faire de l’effet… »


Et puis avec un regard complice et un vrai sourire, elle pose ma main sur le lit et interrompt le contact.

Elle se lève et aide Élodie à mettre en place le bonnet-filet qui tient mon pansement.


  • — Et voilà monsieur. C’est fini pour aujourd’hui. Avez-vous besoin de quelque chose ?
  • — Si je pouvais avoir une bouteille d’eau, vous seriez gentille. Et puis, comment fait-on pour téléphoner ? J’ai décroché mais il n’y a pas de tonalité.
  • — Je vous fais envoyer une bouteille d’eau. Pour le téléphone, il faut s’adresser au bureau en bas. Votre femme pourra s’en occuper cet après-midi. En attendant je vais vous apporter celui du service… Ce n’est pas pour téléphoner en Amérique ?
  • — Vous êtes vraiment très gentille, non c’est juste à ma femme pour qu’elle me rapporte quelques bricoles. Merci beaucoup.

C’est Élodie qui pose une bouteille d’eau à côté de moi et me donne un combiné sans fil :


  • — Emmanuelle a demandé que vous sonniez quand vous aurez fini.
  • — Merci mademoiselle…

Sophie est toute surprise de m’entendre. Je lui demande ce dont j’ai besoin : mes affaires de toilette, tee-shirt et caleçon pour être un peu plus à l’aise dans la chambre et de la lecture. Elle m’explique qu’elle a réussi à s’arranger avec son patron qui la libère pour toute la fin de la semaine.


Et la journée se passe sans événement notable. Le train-train hospitalier, puis la longue visite de Sophie avec son amour (couleur nacrée), ses préoccupations journalières (bleues et vertes) et tous ces petits riens qui remplissent la vie.

La visite du professeur D. n’apporte rien de nouveau sinon que, si tout se passe bien, je pourrai sortir après-demain samedi. Sophie rayonne de joie et se fait gronder gentiment par le professeur parce qu’elle s’est jetée à mon cou :


  • — Attention, madame, il est encore convalescent…

Elle rougit puis blanchit de peur rétrospective. Le professeur la rassure : je ne suis pas fragile à ce point-là, mais il faut quand même me ménager.


Le soir, tôt, je m’endors comme une masse et je me réveille deux heures après !

Plus moyen de me rendormir. Je lis longuement. J’allume la télé… Rien n’y fait.

Je me tourne, me retourne, m’énerve…

De guerre lasse, je sonne pour demander un cachet pour dormir.


L’infirmière de nuit arrive. C’est une grande femme, la quarantaine, avec une figure lasse. Je lui explique mon cas et elle me répond qu’elle va chercher ce qu’il me faut.

Elle revient après quelques minutes, me tend une gélule et me verse un verre d’eau :


  • — Tenez, ça va vous faire du bien. Avec ça vous devriez dormir…

Je commence par m’excuser de la déranger en plein milieu de la nuit.


  • — Vous savez, je suis là pour ça… Et puis, il ne faut surtout pas que je m’endorme, j’ai le sommeil tellement lourd que je n’entendrais pas les sonnettes ! Au contraire, comme la nuit est très calme, je suis contente de me bouger. Si vous voulez, je peux rester un peu avec vous, le temps que le produit agisse.

Sans même attendre ma réponse, elle prend le fauteuil, le retourne pour que l’on puisse se voir en face et s’assoit à côté de moi.


Elle a l’air épuisée, des cernes bleuâtres entourent ses yeux et sa peau est grise, blafarde. Elle me sourit mais son sourire est rempli de chagrin. Elle s’accoude sur le lit et je peux lui prendre la main.


C’est un déferlement. Dans une lumière jaune sale, presque caca d’oie, un embrouillamini de pensées fulgurantes. Il me faut quelques instants pour reprendre pied et essayer d’y voir clair. En même temps, de façon presque autonome, ma bouche avait dit :


  • — Vous avez l’air exténué. Il y a longtemps que vous faites le service de nuit ?

C’est bizarre d’entendre ma voix en écho dans son esprit. Je perçois sa réponse avant qu’elle ne la prononce :


  • — Ça fait quatre mois, depuis que mon mari est au chômage. On a la maison à payer…

« … et depuis, il glande… il cherche plus… »


Éclair jaune vif (jalousie ?) :


« … et là, je suis sûre que Jean-Marc est avec la voisine… »

« … il me regarde même plus… »

« … c’est vrai que je suis moche ! … »


Un silence. Il ne faut pas que ça se prolonge :


  • — Qu’est-ce qu’il faisait comme métier ?
  • — Dépanneur en électroménager et en hi-fi.

Tiens, j’ai formé des élèves dans ce métier !


  • — Et c’est quel nom ?

Elle me montre son badge :


  • — Thuyez, comme moi.

Je lis : Mélanie Thuyez, infirmière.


  • — Attendez, j’ai eu un Jean-Marc Thuyez comme élève en cours du soir.
  • — C’est lui, certainement. Il a suivi des cours il y a 8 ans à peu près.
  • — Ça alors, le monde est petit ! Et vous dites qu’il est au chômage ?

Elle regarde mon nom sur la fiche au mur et je perçois tout un mélange de pensées. Je ne saisis pas tout :


« … Debucq, oui je me souviens qu’il en parlait… »

« … comme c’est drôle… »

« … et ce connard qui couche avec cette salope de voisine… »

« … je vais devenir folle… »


Il faut que je coupe ces pensées le plus vite possible :


  • — Dites-lui de venir me voir demain. J’ai peut-être quelque chose qui pourrait l’intéresser.

En effet, l’un des professionnels chez qui je place des élèves en stage m’a téléphoné la semaine dernière pour me demander si je connaissais un ancien élève à lui conseiller…


  • — Un boulot immédiat. Même si ça ne dure pas très longtemps, ça lui remettrait le pied à l’étrier.
  • — Oh ! Ça serait formidable… Je pourrais reprendre l’horaire de jour. Comment vous remercier ?

Je suis toujours surpris d’« entendre » ses paroles avant qu’elle ne les prononce.


« … qu’est-ce qu’il est gentil… »

« … comme il a l’air mignon… »

« … qu’est-ce que je pourrais faire?… »

« … il est là, allongé. Il peut pas dormir… »

« … et si je lui faisais un petit câlin ? … »


Avec un sourire intérieur, ses pensées tournent un instant autour du câlin qu’elle pourrait me faire.

Je la regarde. Elle est belle malgré sa fatigue et ses yeux brillent d’espoir. Je ramène sa main sur ma poitrine et je la serre à deux mains.


  • — Mélanie, le cachet commence à faire de l’effet, je crois que je vais bientôt m’endormir. Rappelez-vous, dites bien à Jean-Marc de venir me voir demain. Merci de m’avoir tenu compagnie… Vous allez voir, ça va aller mieux.

Elle me fait une bise sur la joue, remet le fauteuil en place et sort. Je m’endors enfin…


Le lendemain, c’est la routine de l’hôpital qui recommence. Heureusement que je sors demain !

Je revois Emmanuelle et Élodie pour le pansement et puis tous ces gens qui passent pour le ménage, les repas et tout le reste.


À 13 h 20, voilà mon Jean-Marc qui arrive avec un grand sourire :


  • — Bonjour monsieur Debucq. Je suis content de venir vous voir. Mélanie m’a raconté ce qui vous est arrivé et m’a dit que vous vouliez me voir…
  • — Bonjour Jean-Marc. Comment vas-tu ?

Il esquisse un geste vague.


  • — Oui, je sais… Hier soir elle m’a appris que tu avais perdu ton emploi…

Je lui explique comment le hasard d’une insomnie nous a mis en relation. Il me raconte alors ses dernières années de vie professionnelle et puis tous ses déboires depuis son licenciement économique.


Il s’est assis sur la chaise, au pied du lit. Il est trop loin pour que je puisse le toucher.


Je lui parle enfin de la conversation téléphonique que j’ai eue la semaine dernière et je l’incite à aller se présenter le plus vite possible si ça l’intéresse. Il connait bien la boîte en question, et ça l’intéresse !


Il n’était pas loin du découragement total :


  • — Vous savez, j’ai toujours travaillé depuis l’âge de 16 ans. J’ai bossé dur pour apprendre. Suivre des cours le soir et le week-end, c’est pas toujours facile mais Mélanie a toujours été merveilleuse. Elle n’a pas arrêté de m’aider. Elle n’a pas voulu d’enfants pour que je puisse continuer à étudier. Elle est formidable mais là, j’ai l’impression que ça ne va plus…
  • — Mais, depuis que tu es chez toi, tu l’aides ?
  • — Au début oui, je faisais tout. Je me faisais même attraper parfois, parce que je faisais des choses de travers mais c’était pour rire… J’étais sûr de retrouver très vite du boulot ; j’avais un peu l’impression d’être en vacances. Et puis, ça a duré, duré… je me suis écœuré… et je ne fais pratiquement plus rien à la maison !
  • — Tu ne fais pas de conneries quand même ?

Il me regarde de travers, rougit et secoue la tête :


  • — Oh non ! Quand même pas…

Les gens honnêtes ne savent vraiment pas mentir !


  • — Peux-tu me passer le petit carnet, là-bas dans le placard, la planche du haut ?

Il me le tend :


  • — Je vais téléphoner pour prendre rendez-vous pour toi ; si tu es d’accord bien entendu.

Bien sûr qu’il est d’accord ! Au téléphone, je tombe tout de suite sur le chef d’entreprise qui me dit qu’il n’a toujours trouvé personne et que ça l’arrangerait bien si mon « client » pouvait venir tout de suite ; il ne bougeait pas de l’après-midi.

Je recommandais Jean-Marc en faisant mousser ses nombreuses qualités (devant lui, comme cela ça l’obligerait à aller de l’avant !).

Je raccroche après les congratulations d’usage.


  • — Voilà Jean-Marc, tu peux y aller dès maintenant. Vends-toi bien et essaye de négocier un bon salaire. Que Mélanie puisse se reposer un peu ! Tu as vu la tête qu’elle a ?

Il me remercie chaudement et me tend la main.


C’est la première fois que je capte les pensées d’un homme. Ça a une couleur, un « parfum » différent. Non, les couleurs sont les mêmes mais plus affirmées, plus « pétantes ». À cet instant c’est un bleu bien franc que je vois. Les pensées sont claires et linéaires : il cherche comment me remercier, il réfléchit à l’itinéraire le plus simple pour aller à son rendez-vous puis à ce qu’il va dire. Mais il me lâche avant que j’en sache plus.


Au cours de notre conversation, sa figure s‘est transformée et c’est tout joyeux qu’il quitte la chambre en me remerciant encore.


Quelques secondes plus tard, c’est Sophie qui arrive :


  • — Dis donc, c’est d’ici que sortait ce monsieur hilare ? Il sautait dans le couloir ; c’est tout juste s’il ne s’est pas mis à danser. Il a embrassé une infirmière qui passait… Remarque, il avait l’air de la connaître…

J’explique à Sophie tout ce qui s’est passé ; elle me fait remarquer que, même à l’hosto, il fallait que je m’occupe de mes élèves ! Mais elle est contente que j’aille de mieux en mieux.


Je me lève, m’habille et nous descendons à la cafétéria pour prendre un café.


Je n’ai plus aucun symptôme. Plus de mal de crâne, plus de tête qui tourne, plus de nausées et j’ai même retrouvé un solide appétit !


De temps en temps, je prends la main de Sophie rien que pour percevoir cette lumière nacrée qui la nimbe. Je capte quelques pensées mais je n’y prête plus beaucoup d’attention. Ce sont souvent des pensées toutes simples, triviales : la vie de tous les jours mais aussi le bonheur de savoir que je vais bien et que je rentre demain à la maison.


L’après-midi se passe ainsi tranquillement. Sophie me quitte.

En l’embrassant, je me rends compte que mon absence lui pèse, surtout sensuellement. Nous ne sommes plus des jeunes mariés mais nous dormons toujours l’un à côté de l’autre et les petits câlins de tous les jours nous sont devenus nécessaires.


Après mon repas du soir, je rêvasse en attendant que Mélanie prenne son service. J’en arrive même à fantasmer sur ses dernières pensées qui m’avaient marqué la nuit précédente.

Quelle pourrait être ma réaction si elle entreprenait le petit câlin auquel elle pensait ? C’est une belle femme, avec une sacrée silhouette ! Et mon petit démon me souffle que ce ne serait pas vraiment tromper Sophie que de me laisser faire une petite gâterie…

Pour mettre fin à ces divagations, je prends un bouquin et je me plonge dans une sombre histoire de serial killer.


Il est 22 h 15 quand elle passe la tête à la porte, me sourit puis rentre et vient m’embrasser :


  • — Ça y est, il est embauché… Vous vous rendez compte : un CDI ! Il a même commencé cet après-midi. Il est rentré à la maison fou de joie. Il n’a pas osé vous téléphoner tout de suite et il m’a demandé de venir vous prévenir. Il veut que vous veniez manger à la maison dès que vous irez mieux… Bon ! Il faut que je fasse ma tournée. Quand tout sera calme je reviendrai voir si vous ne dormez pas… À tout à l’heure.

Comme si j’allais dormir ! Je n’ai plus du tout sommeil ! Elle est ravissante. Elle n’a pas encore enfilé sa blouse et elle porte une petite robe d’été toute fraîche avec un décolleté très prometteur.


Je me replonge dans mon polar mais mon esprit vagabonde pas mal et j’ai beaucoup de mal à suivre une intrigue bien compliquée.


J’ai dû dormir un peu. Quand j’entends le frôlement de la porte qui s’ouvre doucement, il est minuit et demie.

C’est elle qui passe la tête. Elle me voit les yeux ouverts et entre. Je me redresse et tapote le matelas à côté de moi. Elle vient s’y assoir en riant.


J’ai l’impression que ce n’est plus la même personne qu’hier soir. Sa figure est détendue et elle s’est légèrement maquillée. Ses cheveux auburn sont tirés en chignon et ses yeux pétillent.

Je lui dis tout ça en lui prenant la main.


C’est un arc-en-ciel de couleurs vives et joyeuses :


  • — Je ne sais pas quoi vous dire ni comment vous remercier. Je suis tellement heureuse.

« … j’ai envie de l’embrasser… »

« … tout à l’heure, c’est venu naturellement mais maintenant j’ose plus… »


Je me penche vers elle, pose la main sur sa nuque et l’attire vers moi. Elle ferme les yeux et me tend ses lèvres.


La sensation est extraordinaire : mes lèvres embrassent et, dans mon cerveau, je me sens embrassé. Je ressens le baiser des deux côtés ! Ses lèvres s’ouvrent et sa langue vient me caresser les dents. Je réponds à sa caresse. Notre baiser devient profond, enflammé. J’ai rarement vécu un tel plaisir pour un simple baiser.

Elle m’entoure de ses bras et se serre contre moi.


Je/elle sent sa poitrine s’écraser contre la mienne, la pointe de ses seins qui durcit. C’est dans son esprit que je découvre cette sensation délicieuse car nous avons trop de tissus entre nous deux pour que je puisse le sentir directement.


Je lui caresse le dos, lentement, savamment et nos lèvres se séparent. Je garde une main sur sa nuque pour ne pas perdre le contact mental.


  • — Tu n’as pas peur que l’on nous surprenne ?
  • — Oh non, je suis seule à l’étage à cette heure-ci.
  • — Et si on t’appelait ?
  • — J’ai laissé les portes ouvertes, on entend très bien et puis, j’ai mon bip dans ma poche… À cette heure il y a rarement des appels… C’est plus tard que ça arrive.

Pendant ce temps son esprit faisait défiler les incidents possibles et se tranquillisait en n’en trouvant pas. Et, en toile de fond, il y avait déjà cette envie profonde, viscérale qui fait serrer les cuisses convulsivement et aussi l’excitation directe des bouts de seins dressés.


Ses pensées explosent en surface, comme des bulles de champagne :


« … comme c’est bon… »

« … il y avait longtemps… »

« … Mélanie, où est-ce que tu vas ? … »

« … comme il est doux… »

« … et mes seins, ils vont exploser ! … »


Je me pousse tout au bord du lit et je la tire pour qu’elle s’allonge à côté de moi. Doucement, je déboutonne le haut de sa blouse.


Elle est là, devant moi avec un joli soutien-gorge de dentelle blanche. Délicatement je pose ma main sur sa peau, au niveau du plexus ; en écho, je ressens la chaleur du contact. L’impression est sidérante : caresser et, en même temps, ressentir la caresse !


En réponse à son appel mental, ma main remonte doucement vers sa poitrine. De la paume de la main j’effleure la dentelle. Je tourne lentement autour d’un sein, glissant sur le bonnet en pressant légèrement. Je fais plusieurs fois le tour puis je monte vers le mamelon turgescent qui cherche à percer le fin tissu. Ce frottement sur la dentelle est délicieux à ma main, mais je sens une légère frustration chez elle. Un peu sadiquement et pour augmenter son désir, je glisse jusqu’à l’autre sein où je recommence la même caresse.


Le plaisir irradie dans tout son corps mais c’est un contact direct qu’elle désire. Elle se tend en arc, glisse ses mains dans son dos et dégrafe le soutien-gorge. Il ne me reste plus qu’à soulever le sous-vêtement pour découvrir sa merveilleuse poitrine.


Ses seins sont petits mais bien marqués, fermes et en forme d’obus. Malgré la position allongée, ils pointent glorieusement vers le plafond.

Leur peau est blanche, très fine et laisse entrevoir par transparence quelques fins vaisseaux bleus. Les aréoles sont petites et très foncées et les tétons, rouge sang, se tendent vers mes lèvres.


Je suis trop occupé à découvrir ces merveilles pour « écouter » consciemment les pensées de Mélanie mais mon corps s’est synchronisé sur le sien et les ondes de plaisir m’envahissent tout comme elles l’envahissent. J’ai le sentiment de me dédoubler.


J’aspire entre mes lèvres son téton droit tandis que, d’un doigt, je parcours très lentement son aréole gauche.

C’est un raz de marée de plaisir qui me traverse. Je n’imaginais pas qu’il puisse exister une telle relation entre les seins et le sexe. J’ai le bas ventre en ébullition ! En même temps que mon pénis s’est dressé, je sens son sexe devenir très présent par sa chaleur, gonfler ? (Une sensation bizarre qui m’est inconnue), se remplir d’humidité. Comme pris par des vagues de jouissance, son ventre se met à onduler sous la blouse et elle serre les jambes pour amplifier son désir.


Je suis en train de vivre deux plaisirs en même temps, c’est fou !


Je mordille à petits coups légers et, à chaque fois, c’est un éclair de plaisir qui lui/me traverse le corps. En contrepoint, je fais rouler l’autre téton entre le pouce et l’index et là, c’est un roulement continu de jouissance qui se propage partout.


Je sens son désir se concentrer de plus en plus sur son sexe. Sans que je cesse de la téter, ma main quitte sa poitrine, descend et atteint les derniers boutons de la blouse que j’ouvre entièrement découvrant une petite culotte blanche coordonnée avec le soutien-gorge.


Ma main va se poser sur son sexe par-dessus la culotte. Ses hanches se soulèvent pour se coller plus étroitement à ma main. Je sens sur les doigts son humidité qui a traversé le tissu. Je donne alors un léger mouvement d’avant en arrière, sans glisser, simplement pour masser son intimité en douceur.


Jamais je n’ai ressenti une telle accumulation de plaisirs. D’un côté mon plaisir d’homme de caresser, de diriger la jouissance d’une partenaire et la sensation d’un sexe gonflé, tendu à l’extrême et, de l’autre, la découverte bouleversante des plaisirs d’une femme au bord de l’orgasme.


C’est absolument affolant et j’ignore si je vais pouvoir longtemps continuer à supporter cela.


À ce moment-là, Mélanie se redresse et, avec autorité, retire la main que j’avais entre ses cuisses.

Perdu dans mon bonheur, je n’ai rien « écouté » de ses pensées et j’ignore ce qu’elle veut faire.


  • — Attends, me dit-elle.

Elle se lève, retire sa blouse puis son soutien-gorge. Avec beaucoup de grâce, elle fait glisser sa culotte à ses pieds, puis remet sa blouse :


  • — Il faut que je sois prête à partir si l’on m’appelle…

En femme organisée, elle range son soutien-gorge et sa culotte dans une poche de la blouse qu’elle laisse ouverte et elle se rallonge en me tendant les lèvres.

Nous nous embrassons passionnément, profondément et aussi avec beaucoup de tendresse.


Sans la lâcher, je bascule mes jambes hors du lit et je me mets debout ; je dispose ainsi de mes deux mains pour mieux la caresser.


Pendant cet intermède, l’excitation presque douloureuse de tout à l’heure est retombée. Mélanie est devenue très sereine. Je perçois chez elle ce plaisir essentiellement féminin de s’abandonner à l’autre en toute confiance, de s’offrir totalement.


Remué par cette découverte, je me redresse et je la regarde.

C’est la première fois que je la vois vraiment.


J’ai gardé sa main droite dans les miennes et à travers elle, je sens le poids de mon regard qui caresse son corps.


Ses yeux sont verts, parsemés de pépites d’or, ils pétillent de joie et d’espoir en me regardant. Sa figure est détendue, les grands cernes d’hier sont maintenant bien estompés. Ses pommettes sont hautes et forment chacune un joli pli mutin ; elles entourent sa petite bouche rieuse comme pour la mettre entre parenthèses.


Comme elle s’est mise légèrement sur le côté, je vois que ses seins ne sont pas du tout petits, comme je l’avais pensé tout à l’heure. Malgré leur volume, ils continuent à résister fermement à la pesanteur. Et, sous mon regard appuyé, les mamelons recommencent à se dresser, comme sous l’effet d’une caresse.


Elle a le ventre bien plat d’une femme sportive et des hanches larges et « moelleuses ».

Au sommet de deux cuisses robustes, son mont de Vénus est couvert d’une toison épaisse et très sombre chatoyante de reflets cuivrés. Ses jambes élégantes sont fines et musclées : elle a sans doute fait de la danse dans sa jeunesse.


Pendant cet examen très rapide, je sentais son plaisir de s’offrir et une fierté certaine de montrer son corps ; il est bien loin le « c’est vrai que je suis moche » d’hier soir !


Après les yeux, ce sont mes mains qui partent en exploration. En même temps, au hasard, je pique des petits bisous sur sa peau : sur l’épaule, sur une côte, sur l’estomac, sur un sein, sur le nombril…


Je découvre alors ce plaisir, souvent méconnu des hommes, des caresses sur tout le corps en dehors des zones érogènes.

Ce n’est pas une vague qui déferle comme tout à l’heure, c’est une marée de bonheur qui monte lentement mais inexorablement. Sans cet « accident » qui me permet de pénétrer les sensations des autres, jamais je n’aurais imaginé l’immense pouvoir de ces caresses.


Cependant, les préliminaires ont une limite. Le désir de Mélanie devient de plus en plus précis. Ma bouche mordille doucement son ventre ; une main titille un sein et l’autre, glissée entre ses cuisses remonte lentement vers sa fourche.


L’attente mêlée d’impatience s’ajoute à son désir.


J’atteins enfin le périnée et mes doigts parcourent ses grandes lèvres en les effleurant. C’est une décharge électrique que je reçois ; tout son corps fait un bond et retombe bien à plat sur le dos.


Au travers de ses poils soyeux, ma bouche déguste son mont de Vénus. Je respire son odeur, son parfum véritable chaud, poivré, très légèrement musqué. Et ma langue part explorer les muqueuses secrètes que les grandes lèvres, légèrement écartées laissent entrevoir.


Je n’ai pas besoin de chercher, je sais, je sens où se situe son petit bouton déclencheur de jouissances. Ma langue l’évite, passe sur le côté des petites lèvres déjà gonflées qu’elle caresse tendrement au passage. Elle continue vers l’entrée du vagin qu’elle explore en provoquant des spasmes incontrôlés dans nos deux ventres !


Je continue mes caresses, de plus en plus appuyées. Je goûte sa liqueur d’amour si parfumée mais je n’ose toujours pas toucher son petit bouton. Vu l’intensité de ce que je ressens déjà, j’ai peur d’une jouissance que je ne pourrais pas maîtriser ; or c’est moi qui conduis le jeu et il faudrait bien que je puisse le mener jusqu’au bout !


Ivre de désir, c’est elle qui m’attrape la tête et dirige ma bouche là où son plaisir va enfin pouvoir exploser.


C’est un immense éclair quand ma langue entre en contact direct avec le petit gland gonflé à l’extrême. Je suis ébloui, presque assommé par la décharge nerveuse. Ma langue le relâche puis, tout de suite, presque involontairement, revient au contact. Le coup est encore rude, mais je commence à m’habituer. Au-delà des flashs aveuglants je commence à percevoir l’orgasme qui monte dans le corps de Mélanie.


Pendant que ma langue poursuit ses titillements, mon majeur puis mon index se sont introduits dans son puits d’amour débordant de cyprine et s’agitent avec douceur. C’est une sensation douce, une impression de plénitude, un contrepoint velouté et grave à l’intensité aigüe du plaisir clitoridien.


Ses hanches se mettent à rouler, ses cuisses se resserrent sur mes joues, son corps se soulève et l’orgasme déferle.

Comme une tornade, il balaye tout.


Pendant un long moment, c’est le néant des sens mais aussi une explosion de bonheur dont on ressort vidé, flasque, rompu !


Tout au moins moi… C’est mon premier orgasme féminin ! Jamais je n’aurais pu imaginer ! J’ai encore tout à apprendre sur les femmes.


Tendrement je la caresse et nous repartons dans un long baiser enflammé.


Au loin une sonnette. On appelle l’infirmière de nuit.


Les femmes sont extraordinaires ; en quelques secondes elle était debout, reboutonnait sa blouse, vérifiait son chignon, remontait une mèche et courait dans le couloir.


Encore bien secoué par l’orgasme que je venais de vivre, je me rallongeais pour l’attendre.


Je rêvassais quand j’ai senti sa bouche sur la mienne. J’ouvre les yeux, elle est là, debout à côté de moi, le regard rempli de tendresse. Elle pose sa main sur ma poitrine :


  • — Ne bouge pas, reste allongé, maintenant c’est moi qui m’occupe de toi.
  • — C’était grave ?
  • — Oh, non ! Une vieille dame, un peu plus loin, qui n’entendait plus respirer sa voisine. Elle a cru qu’elle était morte… Je l’ai tranquillisée et comme je parlais, l’autre dame s’est retournée dans son sommeil. La vieille dame était rassurée. Je suis restée avec elle un petit peu jusqu’à ce qu’elle soit presque endormie et me revoilà ! Si tu retirais tes vêtements…

Je fais passer mon tee-shirt par-dessus la tête et, en me cambrant, glisse mon caleçon jusqu’aux genoux. C’est elle qui prend le relais pour lui faire passer les pieds.


Elle aussi se met à m’embrasser partout pendant que ses mains parcourent tout mon corps. Un délice !

Je ferme les yeux pour goûter mon plaisir et pour mieux me concentrer sur ses pensées. Tout à l’heure, pris par mes caresses et par l’excitation je recevais ses sensations mais je ne faisais aucune attention à ses pensées ; tout le monde sait bien qu’un homme n’est capable de faire qu’une seule chose à la fois !


Et ses pensées me parviennent au travers d’une lumière rouge vif :


« … quel bonheur ! … »

« … mais qu’est-ce qu’il va penser de moi, après ? … »

« … que je suis une pute… faire tout ça alors qu’on ne se connaissait pas… »

« … je ne comprends pas ce qui m’arrive… »

« … j’ai jamais fait ça… »

« … Mmm ! Qu’est-ce que c’est bon ! … »

« … il ne dit rien… »


  • — Tu aimes ?
  • — Oh, oui ! Continue, c’est délicieux !

J’ai l’impression que ses mains et sa bouche sont partout. Ça fourmille dans tout mon corps.


Je découvre qu’inconsciemment, elle se crée son plaisir en imaginant sur elle-même l’effet de ses caresses.


Insensiblement, elle se dirige vers ma verge qui se dresse fièrement. Ses ongles éraflent le scrotum qui se contracte et devient tout dur. Je sens la chaleur de sa respiration sur le pénis puis une multitude de petits baisers pointus qui en font le tour. Le contact de sa langue sur mon gland me fait relâcher en un immense soupir tout l’air que j’avais bloqué inconsciemment dans mes poumons.


Je la sens excitée par cette réaction. Elle me prend entre ses lèvres et sa langue virevolte. La superposition de mes propres sensations et de ce qu’elle ressent : la douceur et le goût de ce gland qu’elle flatte avec tendresse, tout cela m’amène au bord de l’explosion.

Elle le sent et comprend qu’elle est trop rapide.

Elle relâche le gland, pose la tête sur mes cuisses et mordille la peau du scrotum qui se détend. Tout doucement, elle prend chaque testicule dans sa bouche et le fait rouler avec sa langue, sensation à la limite de la douleur mais tellement exquise ! Puis elle remonte sur la hampe et, finalement, fait glisser toute la verge dans sa bouche.


Mes dimensions honorables mais malgré tout assez modestes lui permettent de l’enfourner presque totalement.


Encore une fois, je vis cette double sensation de pénétrer jusqu’au fond de sa gorge et de sentir ce petit pieu envahir toute sa bouche. Elle commence un lent mouvement de va-et-vient et je lis en elle sa volonté de m’entraîner jusqu’à la jouissance complète.


Celle-ci monte doucement. Je m’entends souffler bruyamment. Sa langue s’active de plus en plus vite. Ça y est, j’explose !


À travers elle, je goûte mon propre sperme, cette amertume un peu sucrée qu’elle avale avec délice.

En même temps que mon orgasme, j’ai senti chez elle un plaisir intense qui lui a fait serrer les cuisses et vibrer tout son corps. Elle me lèche doucement et accompagne tendrement la détumescence.


Elle me sourit et vient s’allonger à côté de moi.


Nous nous embrassons et je la caresse tendrement. Je vois ses pensées redevenir bleues. Elle regarde sa montre :


  • — Il va falloir que je te laisse, les femmes de ménage vont bientôt arriver et je dois me rendre présentable.

Elle rit et continue :


  • — Il faut absolument que l’on se revoie bientôt.

Elle ajoute brusquement en rougissant :


  • — Oh ! Ne crois surtout pas que je suis toujours comme ça. C’est la première fois que je tombe aussi vite dans les bras d’un homme. Je ne sais vraiment pas ce qui s’est passé, elle rit encore, les atomes crochus peut-être… Et puis je devais bien ça à Jean-Marc qui me trompe depuis plus d’un mois !

Et, voyant que je ris aux éclats :


  • — Non, ne crois pas que j’ai fait ça par vengeance. C’est pas vrai, j’avais vraiment envie de toi…

Je suivais sans effort le cheminement de ses pensées :


  • — Ne t’inquiète pas, je sais que tu es sincère. Nous avons passé un bon moment ensemble et ça n’engage à rien ! Tu sais, j’aime ma femme et je ne voudrais surtout pas lui faire du mal. Bien sûr que l’on va se revoir, nous avons encore tellement de choses encore à découvrir… Mais, tu le sais sûrement, je sors demain ; ce n’est plus à l’hôpital que l’on va pouvoir se rencontrer.
  • — Et moi, j’ai mes quatre jours de repos. Donc, même si tu étais resté… Mais c’est sûr, dès que tu iras mieux, je vous invite à manger. Jean-Marc y tient beaucoup. D’après ce que je vois, ça sera rapide… Tu as l’air en pleine forme.
  • — Tu y es un peu pour quelque chose…

On s’embrasse encore longuement puis elle s’en va.


Quelle drôle de situation ! Même moi je me suis lancé tête baissée dans cette « folie ». Pas un instant je n’ai songé aux conséquences qui pourraient en découler, pour elle comme pour moi. Mon nouveau « pouvoir » et l’appel des sens ont été plus forts que la raison. Et c’est tant mieux !

Nous n’avons fait de mal à personne et nous nous sommes fait beaucoup de bien. Vive la vie !


Là-dessus, je m’endors comme une masse. C’est la dame du petit déjeuner qui me réveille. Il me faut quelques minutes pour émerger ; je n’ai pas dormi longtemps !


Je fais une bonne toilette pour me réveiller entièrement puis c’est le pansement. Élodie est hilare : elle raconte à Emmanuelle comment, tout à l’heure, elle a pris ma tension et ma température sans que je me réveille.


Elles m’expliquent que la plaie est très belle et que, puisque je rentre chez moi, elles vont la laisser à l’air.

Il faudra faire retirer les fils dans une huitaine de jours. Mais, dès demain je pourrai prendre une douche en faisant attention de ne pas trop mouiller la plaie.


Avec deux miroirs, elles me montrent la cicatrice au-dessus et en arrière de l’oreille droite : je suis surpris, elle est toute petite, moins de deux centimètres et ne va plus se voir dès que mes cheveux auront repoussé.


Emmanuelle m’explique que je vais pouvoir sortir un peu avant midi. Elle repassera juste avant avec tous les papiers. Elle me demande aussi si je veux une ambulance. Je la remercie : c’est ma femme qui va me ramener.


Après leur départ je téléphone à Sophie pour lui demander de venir me chercher à onze heures et demie. Elle saute de joie.


Je range toutes mes affaires et me replonge dans mon polar pour attendre le départ.



oooOOOooo



Nous voilà à la maison.

À la sortie de la voiture la fatigue m’a fait un peu tituber. Sophie m’a vite pris le bras mettant cela sur le compte de l’opération. Je m’écroule dans un fauteuil :


  • — Détends-toi un peu pendant que je prépare un petit repas.
  • — Oh, j’espère qu’il sera suffisamment copieux, j’ai une faim d’ogre…
  • — Mais oui, mon chéri, je ne t’ai jamais laissé mourir de faim…

Je songe à tout ce qui m’est arrivé depuis quatre jours. L’accident vasculaire, l’opération, mon nouveau « pouvoir » et Mélanie. Que d’événements, quels bouleversements !


L’hôpital m’a signé un arrêt de travail de huit semaines. Je suis donc en vacances jusqu’en septembre. Pas de corvée d’examens cette année, quelle chance !

Malgré ma fatigue je bouillonne de projets d’aménagements pour notre maison. Toutes ces petites choses que l’on remet de mois en mois sans pouvoir s’y mettre.


Et mes nouvelles capacités, il va falloir que j’analyse cela, que je m’habitue, voire que je m’entraîne pour les développer.


Une délicieuse odeur d’oignons frits arrive de la cuisine, j’en ai l’eau à la bouche. À l’hôpital, la nourriture n’était pas mauvaise mais plutôt insipide. On s’y nourrit, on ne mange pas.


Sophie vient s’assoir sur l’accoudoir de mon fauteuil :


  • — Ça va être bientôt prêt.

Elle se penche et regarde ma cicatrice :


  • — Oh, elle est toute petite…
  • — Oui, les infirmières me l’ont montrée ce matin avec un miroir. Il faut la laisser à l’air.

Elle m’embrasse. Quel bonheur : douceur de ses lèvres, suavité de cette couleur nacrée qui m’envahit. Je suis à nouveau au paradis. Et elle me quitte, dresse le couvert et nous mangeons.

Après le repas je vais m’allonger sur notre lit pour faire la sieste et je m’endors presque instantanément.


C’est sa douce lumière nacrée qui me réveille. Elle m’embrasse sur le front.


  • — Réveille-toi mon chéri. Ça fait déjà plus de trois heures que tu dors. C’est Véronique qui vient d’arriver pour te dire bonjour.

Véronique est notre troisième enfant et elle habite tout près. Elle est mariée à Jean-Philippe qui est entrepreneur en maçonnerie et ils ont un garçon : Hugo.


Je me lève, un peu abruti. Sophie est à côté de moi prête à me rattraper.


  • — Tout va bien ? me demande-t-elle.
  • — Oui, oui, je vais passer par la salle de bain pour me rafraîchir.
  • — Bon, je vais rejoindre Véronique. On t’attend.

Je me passe de l’eau sur la figure, me donne un coup de peigne et les rejoins.

Véronique me prend par les épaules et me détaille ; enfin elle m’embrasse.


J’ai le temps d’« entendre » :


« … il n’a même pas pris un coup de vieux… »

« … il a quand même l’air fatigué… »

« … ouf ! Il est revenu… Maman va être plus tranquille… »


  • — Bonjour mon papa, tu as l’air en forme. Fais voir ta cicatrice…

Je tourne la tête pour lui montrer :


  • — Oh, mais c’est tout petit ! Alors… Raconte… L’hôpital, c’était comment ?

Ça, c’est tout Véronique. Depuis toute petite elle a voulu qu’on lui raconte tout, qu’on lui donne tous les détails.


C’est ce que j’ai fait en omettant bien évidemment certains « épisodes » plus ou moins scabreux.

Autour d’une tasse de thé, préparée par Sophie, je les ai bien fait rire en narrant certaines petites anecdotes concernant l’hôpital et son personnel.


De temps en temps Sophie me donnait la main et, à chaque fois, je replongeais dans la douceur de son amour.

Véronique est sur le départ :


  • — Je reviendrai un peu plus tard avec Hugo, quand tu seras bien reposé. En ce moment il n’arrête pas de demander : « Alors Papyvic, il a un trou dans la tête ? », mais il est infernal. C’est pour ça que je préfère attendre un peu pour l’amener.

Sophie la raccompagne jusqu’à sa voiture. C’est déjà la fin de l’après-midi.

Je vais mettre un CD, des sonates de Beethoven, et je m’installe avec mon bouquin dans un fauteuil.

La vie est belle…


J’entends Sophie qui s’active dans la cuisine : elle doit préparer le repas du soir. Elle arrive à la porte :


  • — Veux-tu que je te prépare un bon potage aux légumes ? Et après, deux œufs à la coque, une bonne laitue toute fraîche, un dessert et au lit !
  • — Oui pour tout. Ton programme me va à merveille. Tu es un ange…

Nous mangeons puis j’aide Sophie à débarrasser et à charger le lave-vaisselle.


Nous nous asseyons devant la télé pour regarder le journal : depuis quelques jours j’avais complètement perdu contact avec les infos. C’est toujours la même succession d’attentats, de crise financière, de prises de position, de catastrophes…

Ah ! On peut louper quelques épisodes, on ne perd pas le fil du récit !


Sophie se lève :


  • — Je vais me coucher. Tu ne traînes pas ?
  • — J’arrive tout de suite…

Dès que je l’entends dans la chambre, je rejoins la salle de bains pour me laver les dents et me rafraîchir le corps. Elle est déjà sous la couette quand je rentre dans la chambre. Je finis de me déshabiller.

Depuis notre mariage nous dormons toujours nus tous les deux.


Elle soulève la couette pour que je me couche et l’envoie à nos pieds.


  • — Mon chéri, ce soir tu ne bouges pas. C’est moi qui m’occupe de toi.

Ça me rappelle son rêve à l’hôpital. Elle a dû fantasmer dessus pendant mon absence.


J’ouvre les bras et elle vient se coller contre moi. Je sens la chaleur de son corps, la douceur de ses seins et, dans le nimbe nacré, qui devient de plus en plus rouge, je perçois son désir de se fondre en moi, de marier chacune de ses cellules avec chacune des miennes.


Elle m’embrasse. Ses cuisses viennent enserrer les miennes. Je sens la pression qu’elle exerce sur son clitoris et le début du plaisir qui commence à l’envahir.


Et puis elle se soulève à quatre pattes et sa bouche se promène sur mon corps : le cou, les épaules. Elle vient lécher mes aisselles puis redescend sur ma poitrine.

Là, elle se recolle contre moi. Ses pieds dépassent du lit mais elle a coincé mon genou gauche entre ses cuisses et pendant qu’elle me mordille les tétons, elle presse son sexe sur ma rotule en ondulant du bassin.

Elle veut que son plaisir monte en même temps que le mien mais tient à en garder la maîtrise totale.


Chaque petit coup de dent qu’elle me donne résonne en elle et, en synchronisation, je sens ses mamelons qui durcissent. Elle essaye de ne penser qu’à mon plaisir et espère arriver à le rendre aussi intense que celui que je lui donne habituellement.


Il faut dire que, par nature, elle est plutôt passive. Moi, étant très actif, je ne lui ai pas souvent laissé l’initiative de nos caresses.


L’impression est attendrissante, à la sentir appliquée comme cela, je me retrouve une trentaine d’années en arrière, au tout début de notre union, lorsque nous découvrions nos corps.


Je lui caresse le dos et descends sur ses côtes pour attraper ses seins mais ils sont plaqués contre moi. Quand elle se soulève, je réussis à les prendre mais elle repousse mes mains :


  • — Oh ! non, laisse-moi ! Tu es gentil, mais je veux garder toute ma tête. Tu vas encore m’entraîner dans un délire… Ce soir, c’est toi que je veux rendre heureux !

Elle me caresse le torse et l’abdomen avec ses seins. La sensation est délicieuse ! Sa poitrine n’a plus l’arrogance de la jeunesse mais elle reste toujours ferme. Sophie n’a rien à envier à bien des femmes beaucoup plus jeunes, nous en avons encore fait l’expérience cet été sur une plage quand, faisant du sein nu, elle avait été le point de convergence des regards excités de certains hommes et envieux de quelques épouses.


Arrivée sur mon sexe tendu et dressé, je l’« entends » rire intérieurement : elle repensait à son rêve de l’hôpital et s’amusait de la différence.


Consciencieusement, elle entreprend une fellation. C’est très agréable mais il lui manque l’imagination, ce petit grain de folie qui transforme une caresse banale en délire des sens. Sophie n’a jamais vraiment aimé ça ; elle ne se force pas, non, mais elle exécute sans âme. Sans doute qu’elle n’aime pas le goût de mon sperme et que ça la bloque un peu.


Mais il y a tant d’amour, tellement de désir de me donner du bonheur que ce manque de « technique » m’est indifférent et que je sens l’excitation monter rapidement en moi.


Elle le sent aussi et sa bouche me quitte. Elle se rallonge sur moi et m’embrasse furieusement. Elle a besoin d’être pénétrée, c’est devenu son idée centrale.


Elle s’accroupit au-dessus de moi et, doucement, elle s’abaisse pour m’enfoncer en elle.


C’est une double explosion de jouissance que je ressens.


Ce qu’elle n’excelle pas à faire avec sa bouche, elle l’exécute comme une championne avec son périnée.

C’est chaud, ô combien ! Ça glisse, ça enserre, ça enveloppe, c’est une caresse profonde, vivante, vibrante. Et en elle, c’est la félicité : elle est remplie, comblée. Elle se sent « complète ».


Un plaisir total l’envahit. C’est presque mieux qu’un orgasme violent, c’est du bonheur à l’état pur.


Ses yeux se ferment, elle savoure !


Puis elle commence à se balancer, me faisant glisser à l’intérieur de son fourreau.


Je ne puis rester passif : mes mains effleurent les tétins roses que se balancent en rythme devant moi. Elle sursaute de plaisir. Un éclair de jouissance la fait vibrer tout entière.


Mes mains sont partout : ses seins, ses hanches, ses fesses. Elle vibre de plaisir.


Ça y est, elle a perdu le contrôle conscient de son corps. Son esprit n’est plus que lumière dorée, entrecoupée d’éclairs éblouissants. Elle ne pense plus, elle goûte, elle savoure, elle vit.


La position me permet d’aller taquiner son clitoris et, de l’autre main, d’aller exciter son anus qui se relâche et dans lequel j’introduis doucement une phalange mutine.


Elle n’y tient plus, et moi non plus. Nous explosons tous les deux d’un orgasme d’une rare violence qui nous jette essoufflés l’un contre l’autre.


Elle pleure de bonheur, nous rions, nous gémissons de plaisir rétrospectif.


Nous ne nous sommes toujours pas séparés et son bassin continue de balancer pour profiter de mes derniers spasmes. Enfin, après un long moment, le plaisir retombe doucement et les corps se détendent.


Nous sommes allongés dans les bras l’un de l’autre. Nous sommeillons. Nous allons dormir…


Après tous ces événements, nous nous sommes enfin retrouvés. Elle a exorcisé toutes les peurs des jours précédents. Nous allons reprendre une vie « normale ».


Dans la béatitude de l’après-coït, je repense à Mélanie. Je sais que je vais la revoir.

Elle ne remplacera jamais Sophie que j’aime de plus en plus mais je pressens que j’aurai besoin des jeux sexuels avec Mélanie pour éviter de tomber dans une routine qui risquerait, à la longue, de détruire notre couple.






Ami lecteur, cette chronique te parait certainement incroyable et fantastique. Comme tu as raison !


Et pourtant, si c’était vrai…


Crois-tu qu’un être doté d’un tel don irait l’avouer, même à ses proches ? Surement pas !

N’as-tu jamais été surpris par des coïncidences bizarres, des intuitions qui se révélaient exactes contre toute logique ?

Et si ta femme, ton mari, ton ami(e)…




Copyright © 2009
Demandez l'accord des Auteurs avant toute diffusion


Erotisme torride

Tendre Amour

Bon Scénario

Belle Ecriture

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Revebebe - Histoires érotiques
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n° 13223Goget01/04/09
Paul et Simone
critères:   fh extracon amour noculotte fsodo nostalgie
21081 caractères
Auteur : Goget

Paul s’était installé à la fenêtre et regardait les rayons du soleil danser à travers les feuilles des arbres. En ce début de printemps, le vert tendre de la végétation qui se découpait sur le bleu du ciel était, comme toujours, un régal à ses yeux. Une promesse de renouveau, la vie qui renaissait, l’impression que tout était possible une fois de plus…

La silhouette d’une jeune fille se découpa dans son champ de vision. Elle avait quelque chose de différent par rapport aux autres jeunes personnes qui passaient dans la rue, toutes formatées dans le même moule, toutes vêtues de jean’s et de blousons foncés et portant des baskets ridicules qu’elles semblaient ne pas oser décoller du sol.

Non, celle-ci avait attiré son regard parce qu’elle était en jupe et qu’elle marchait comme si le monde lui appartenait. Ses mollets ronds et veloutés conduisaient le regard vers des cuisses qu’il devinait fermes et galbées, et il se plut à imaginer ses fesses emprisonnées, si l’on peut dire, dans un de ces strings qu’elles affectionnaient toutes…


Paul sourit. Ses pensées s’envolèrent, en même temps que s’éloignait la jeune fille de son pas léger, inconsciente des souvenirs qu’elle avait fait naître dans le cœur de Paul, dans son cœur de septante ans qui battait maintenant un peu plus vite…



oOo



À quarante ans, sa femme et lui s’étaient séparés. Oh, rien de grave ! Ils avaient fini par perdre le contact, tout simplement, et Paul s’était senti des affinités avec Denise, une de leurs amies communes, qui était naturellement devenue sa maîtresse. Denise et lui riaient des mêmes choses, ce qui cimente un couple bien plus sûrement que les plaisirs du lit. Et ces plaisirs-là, Simone, son épouse légitime, lui en avait donné plus que son compte durant leurs dix-huit années de vie commune.

Simone avait un corps de Sud-Américaine, taille étroite et hanches larges, avec des fesses à damner un saint ; le grain de sa peau était d’une douceur incroyable et Paul savait que l’envie d’y poser la main avait desséché la gorge de pas mal de ses amis. Simone était donc ce qu’on appelle une belle plante, un fruit que l’on avait envie de croquer, toujours bronzée et aux dents éclatantes, et l’évocation de ses hanches en amphore avait dû pimenter pas mal d’étreintes amoureuses.

Denise, quant à elle, était plus réservée. Une fille gentille, pleine d’humour, mais elle ne faisait pas tourner les têtes quand elle entrait dans une pièce. Elle faisait l’amour comme tout le reste, avec retenue ; elle se livrait à Paul sans réticence mais sans enthousiasme particulier ; elle ne se refusait jamais mais Paul avait compris rapidement que Denise considérait que c’était pour elle un devoir qu’elle accomplissait, avec application mais sans les envolées qu’il avait connues auprès de Simone.



oOo



Paul avait divorcé depuis bientôt trois ans et s’était mis en ménage avec Denise. Un matin de printemps pareil à celui-ci, il était chez lui car il ne devait travailler qu’à partir de seize heures. En lisant une revue, il était tombé sur une publicité vantant les charmes des îles du Sud et où une espèce de vahiné l’invitait à goûter les plaisirs tropicaux. Ça l’avait fait penser à Simone et à ses courbes voluptueuses, et cette pensée avait fait monter une bouffée de chaleur à ses joues. Il avait hésité longuement, puis il avait décidé de se jeter à l’eau et de téléphoner à Simone. Il ne se sentait pas fier de vouloir tromper Denise mais l’appel de la chair l’avait emporté.

Ses mains tremblaient un peu en composant le numéro…


  • — Allô… Simone, c’est moi, Paul…
  • — Ah, bonjour ! Qu’est-ce qui se passe ?

Il n’avait de contacts avec Simone que quand il se rendait chez elle pour lui remettre la pension alimentaire due pour les études des enfants.


  • — Eh bien, c’est difficile à dire…
  • — Tu as des problèmes pour payer la pension des enfants, c’est ça ?
  • — Non, pas du tout, ce n’est pas ça…
  • — C’est quoi, alors ?

Elle était comme ça, toujours directe, elle n’aimait pas tourner autour du pot.


  • — Eh bien…
  • — …
  • — Voilà… J’ai envie de toi, j’ai envie de te toucher, de mettre la main sur ta peau, tu comprends ?
  • — …
  • — J’ai envie de me mettre au lit avec toi, tu vois ?
  • — Hum, hum… j’ai compris, tu as envie de coucher avec moi, c’est ça ?
  • — C’est ça, c’est exactement ça !
  • — …
  • — Qu’est-ce que… qu’est-ce que tu en penses ? Tu veux bien ? J’ai terriblement envie de…
  • — D’accord ! Ok, tu peux venir !
  • — Maintenant, de suite ?
  • — Oui, maintenant, ça m’arrange maintenant parce que tantôt je devrai partir… et, au fond, j’ai envie aussi que tu me touches…
  • — Ok, j’arrive dans dix minutes… Oh, attends… Tu sais quoi ?
  • — Non, vas-y…
  • — Ne mets pas de culotte…
  • — … Ah bon, je vais voir ! Je t’attends…
  • — J’arrive…

« Ne mets pas de culotte… ». Paul avait dit ça sans l’avoir prémédité ; jamais il n’avait demandé à sa femme de ne pas mettre de culotte, il n’y avait même jamais pensé, et en le disant il était persuadé qu’elle allait l’envoyer sur les roses. Non, après quelques secondes elle avait dit « Je vais voir… » comme si c’était la chose la plus naturelle du monde… Ses joues étaient brûlantes maintenant et son bas-ventre le démangeait. Il se demandait quelle jupe elle aura mise pour le recevoir : la gitane peut-être, taillée dans un tissu souple et soyeux, ou alors la jupe anthracite dans laquelle il l’avait troussée lors d’une soirée mémorable ? Non, il savait ce qu’elle allait porter, il en était sûr ! Elle allait l’accueillir dans la robe en coton gris-bleu, celle dont la large ceinture de cuir mettait ses hanches en valeur, celle qu’elle avait sur elle quand elle était partie toute une nuit en lui disant qu’elle aussi allait le tromper, lorsqu’elle avait appris qu’il avait une maîtresse. Elle était rentrée au petit matin et lui avait raconté avoir dragué un homme dans un bar et avoir passé la nuit avec lui à l’hôtel. C’était une vengeance classique de femme trompée et elle lui avait évidemment donné les détails sur ce qu’ils avaient fait, puis ils n’en avaient plus jamais parlé. Paul avait souvent palpé et humé cette robe qu’il appelait « la robe de l’adultère »…



oOo



Paul arrive à la maison où ils ont vécu ensemble des années heureuses. Il ne doit pas sonner, la porte est entrouverte.


  • — Simone, je suis là…
  • — Monte…

Le cœur battant, il monte l’escalier menant au living. Simone est assise à la table de la salle à manger. Elle ne porte pas la robe gris-bleu ; elle porte la jupe anthracite et un petit pull gris sans manches.


  • — Tu veux une tasse de café ?
  • — Oui, bien sûr !
  • — Assieds-toi, je te l’apporte.

Toujours les pieds sur terre, Simone, elle sait que Paul n’a jamais refusé une tasse de café et celui-ci est déjà prêt. Elle se lève et se rend dans la cuisine. Ses joues semblent quand même un peu rouges…

Paul s’assied et Simone vient jusqu’à lui pour déposer la tasse. Elle reste debout à ses côtés, à le frôler.


  • — Je n’ai pas mis de soutien non plus…

Le cœur de Paul fait un bond dans sa poitrine ! « Non plus ! », ça veut dire qu’elle n’a pas mis de culotte, comme il l’avait demandé ! Et, si lui aime lui caresser les fesses, elle aime se faire empaumer les seins, et sa tenue qui semble si sage est au fond prévue pour leurs désirs à tous deux…

Paul glisse une main sous sa jupe et lui caresse l’arrière des cuisses. Sa main retrouve le grain de sa peau, la douceur de sa chair qu’il n’a pas oubliée… Elle écarte un peu les cuisses, en une invite discrète. Il insère la main entre ses cuisses en frôlant le bas des fesses et le bout de ses doigts se pose à l’entrée de sa grotte. Sa chair est chaude et humide, comme il s’y attendait. Elle écarte encore plus les jambes et se colle contre lui, toujours assis. Elle a posé les deux mains sur la table, à côté de la tasse de café qui refroidit, et s’est penchée un peu vers l’avant. Paul lui palpe doucement l’entrejambe, il écarte les chairs et introduit un doigt dans la chatte accueillante, tandis que son autre main s’insinue sous le pull pour atteindre les seins impatients. Il s’empare d’un téton érigé et le fait rouler entre ses doigts. Elle gémit, elle attendait cette caresse qui l’a toujours excitée ; elle creuse un peu plus les reins, montrant ainsi qu’il ne doit pas hésiter à la fouiller plus avant.

Paul retire son majeur et le remplace par son pouce qu’il introduit tout entier dans le vagin brûlant, ses doigts peuvent ainsi s’emparer de la motte et jouer quelques instants dans les poils soyeux. L’air s’est chargé d’une odeur d’amour qu’ils connaissent bien, celle de la femelle en rut, et le sexe de Paul frémit déjà de savoir qu’il va bientôt posséder à nouveau celle qu’il connaît si bien…


Paul retire ses mains et se lève ; il tourne Simone vers lui et lui prend la bouche. Elle se colle contre lui et l’embrasse avec fougue, mêlant sa langue à la sienne, et chacun retrouve avec délices le goût de l’autre.


  • — Viens, dit-elle enfin, et elle l’entraîne vers le canapé du salon.

Paul croyait qu’ils allaient monter dans la chambre, mais il ne dit rien et l’accompagne. Elle se couche sur le dos et lui se met à genoux sur le tapis, comme ils le faisaient parfois lorsqu’ils étaient pris d’une petite envie au milieu de la journée…

Elle retrousse son pull jusqu’au-dessus des seins et il se met à les suçoter, il sait ce qu’elle aime, et d’une main il reprend l’exploration de ses parois intimes. Elle est toute mouillée maintenant et il la doigte avec délectation, elle se trémousse et son souffle s’accélère. Ses tétons sont tout durs et ses seins palpitent sous les caresses. Il lui agace le clitoris, car elle aime ça aussi malgré le fait qu’elle soit surtout vaginale, et il sent que son orgasme ne va plus tarder…

Rapidement, elle se contracte puis explose en arquant le dos et en pliant et dépliant les jambes, en un orgasme d’une rare violence… Enfin elle se détend et attire la tête de Paul, la posant sur son ventre parcouru de frissons…


Paul est surpris. C’est lui qui lui avait dit avoir envie d’elle, et c’est elle qui donne l’impression d’avoir été en manque de caresses et qui vient de s’offrir un orgasme si rapide et puissant. Après quelques instants de détente, elle lui dit :


  • — Lèche-moi…

Classique aussi, ça. Quand il la faisait jouir à la main, elle aimait bien qu’il la lèche et qu’ils partagent ensuite la saveur de ses sécrétions. Paul plonge la tête sous la jupe et lèche la fente gluante, et il retrouve le goût du nectar qu’il connaît si bien ; il s’en barbouille les lèvres et le menton puis il se penche sur elle et l’embrasse ; elle lui lèche le tour des lèvres et lui fouille la bouche de la langue, puis ils se donnent un petit baiser et se sourient, les yeux brillants.


  • — C’était bien, dit-elle, tu as eu une bonne idée en m’appelant…

Une bonne idée, se dit Paul, en effet, mais ce n’est pas comme ça que je voyais les choses…


Simone se redresse et regarde Paul, puis elle lui dit :


  • — Viens…

Elle se lève, lui prend la main et ils prennent la direction de l’étage. Quand ils sont dans la chambre, elle fait voler son pull et se débarrasse de sa jupe pendant que Paul se déshabille. Il est nu devant elle et son sexe est fièrement dressé. Il contemple le corps de Simone, ce corps qu’il connaît si bien et qui le met toujours en émoi. Ses seins arrogants sont dressés, sa peau brune et mate est un appel aux caresses… Elle s’approche de lui, se penche, embouche son sexe et le suce pendant quelques instants en l’enduisant consciencieusement de salive. Ensuite elle se redresse, arrache les couvertures et se couche sur le dos, jambes écartées, puis elle lui dit :


  • — Est-ce que Denise aussi aime se faire enculer ?

Paul est interloqué ! Il ne s’attendait pas à une question pareille !

Quand il était marié avec Simone, après quelques années de mariage ils avaient découvert pour faire l’amour une méthode qu’ils appréciaient tous les deux. Ils commençaient classiquement par la position du missionnaire puis, quand elle avait joui, il se retirait et elle se tournait sur le ventre ; comme elle mouillait beaucoup, son sexe à lui était bien lubrifié et il pouvait de suite s’enfoncer entre ses fesses et lui perforer la rondelle, et il ne fallait pas longtemps avant que Paul ne décharge également dans l’étroit conduit.


  • — Si Denise… ? Ben oui, si tu veux le savoir, elle aime ça aussi…

Paul ne veut pas dire à Simone que Denise et lui ne pratiquent que la pénétration anale. Avec d’autres partenaires, Denise avait toujours eu mal lors d’une pénétration vaginale, et cela avait été la même chose avec Paul. Elle était atteinte de vaginisme, et c’est ainsi qu’il lui avait proposé d’essayer la sodomie. Après quelques réticences, elle avait accepté et se prêtait avec complaisance à cette pratique qu’elle n’avait jamais essayée avec d’autres que lui. Elle se laissait donc faire, même si Paul avait eu parfois l’impression qu’elle éprouvait un certain plaisir à subir cette forme de pénétration, à cause de l’espèce de soumission cérébrale qu’elle impliquait. Mais il n’allait pas dire tout ça à Simone…


  • — Tu as envie… ? lui demande-t-elle en souriant.
  • — Évidemment que j’ai envie, tu penses bien…
  • — Il y a un tube de lubrifiant anal dans le tiroir de la commode, dans la salle de bains.
  • — Du lubrifiant anal ? Tu as un tube de… ?
  • — Mais oui, on ne sait jamais ce qui peut arriver dans la vie… D’ailleurs, tu vois bien…

Paul va chercher le tube dans la salle de bains ; il doit chercher un peu, et quand il revient dans la chambre Simone est couchée sur le ventre ; elle a placé deux oreillers sous son bas-ventre et de ses deux mains elle écarte ses fesses, présentant ainsi son œillet brun au sexe qui va la pourfendre. Cette position, cette offrande animale de la femelle à son mâle a une telle charge érotique que la verge de Paul se tend de plus belle, à lui faire mal, et ce n’est sûrement pas innocent de la part de Simone de s’être placée ainsi. Elle sait qu’il a une véritable dévotion pour ses fesses et pour les deux fossettes qu’elle a au creux des reins. Il a toujours aimé lui lécher la rosette, y enfouir sa langue ou son nez, et elle sait très bien l’effet qu’a sur lui la position qu’elle vient de prendre.


  • — Lâche tes fesses, lui dit-il
  • — Mais…
  • — Lâche tes fesses…

Elle enlève ses mains en soupirant.


  • — Pourtant…
  • — Tes fesses manquent un peu de couleur…

Ce n’est pas vrai, mais ça aussi c’est quelque chose qu’ils aimaient tous les deux, une petite fessée amoureuse de temps en temps et, si c’était plus souvent lui le fesseur, il est aussi arrivé que ce soit lui qui soit fessé, pour le punir d’une soi-disant faute.

Elle avait compris et on aurait dit que ses fesses elles-mêmes s’attendaient déjà à ce qui allait se passer.


Paul s’est assis sur le bord du lit. Simone se contracte instinctivement. Il commence à la fesser, pas trop fort, et sans qu’elle sache jamais quelle fesse va être frappée ni à quel rythme ni à quelle puissance. Ils s’étaient rendu compte que c’est ainsi que la fessée a le plus de charme.

Quand les fesses de Simone ont pris une belle teinte cuivrée, Paul termine par une bonne claque sonore sur chaque fesse, arrachant à Simone un petit cri de douleur et de surprise.


  • — Eh, doucement…
  • — C’est fini, ma belle, tu es juste à point…

Il se penche, lui écarte les fesses et dépose quelques gros baisers mouillés sur sa rondelle, puis il lui dit :


  • — Reprends ta position, en écartant tes fesses…

Elle obéit et il lui tartine l’œillet et la raie des fesses d’une noisette de lubrifiant, puis il en applique tout le long de sa verge raidie et se place à genoux derrière elle ; elle se cambre et creuse les reins, croupe levée, il s’avance et pointe le bout du gland juste contre la porte étroite en la crochant par les hanches.


  • — Enlève tes mains maintenant…

Elle lâche ses fesses et celles-ci viennent emprisonner la verge dans une prison de velours, et aussitôt Paul s’enfonce dans le conduit annelé, accentuant sa poussée à chaque seconde ; il lui semble pénétrer une motte de beurre, tant sa progression est aisée, et son pubis vient rapidement buter contre le coccyx de la belle empalée… Simone gémit doucement, elle aime cette sensation de plénitude, cette poussée inexorable, mais elle attend les allers et retours qu’elle apprécie encore plus, et Paul ne va pas s’en priver… Il s’est retiré, juste au bord de l’anus, puis il s’est enfoncé à nouveau, et chaque fois il se retire un peu plus lentement et s’enfonce un peu plus vite, comme un rameur qui cherche à atteindre son rythme de croisière. Simone gémit de plus belle et Paul la connaît suffisamment pour savoir que ce n’est pas du cinéma, elle a autant de plaisir que lui dont le souffle s’accélère. Chaque fois qu’il s’enfonce elle tend les reins à sa rencontre, elle veut l’absorber, et lui semble vouloir la perforer, c’est un corps-à-corps, une lutte dont chacun sortira vainqueur…

Enfin, Paul jouit dans un feulement rauque et Simone sent la semence brûlante tapisser les parois de son conduit huileux ; elle aussi pousse un grand cri de plaisir, pareil à celui qu’elle avait laissé échapper lors de son orgasme peu de temps auparavant.

Toujours fiché en elle, Paul se laisse doucement glisser sur le dos de Simone et lui mordille le cou en s’imprégnant de son odeur ; il lui caresse les flancs et essaie d’accéder à sa poitrine qu’il devine gonflée d’excitation, mais il peut toucher seulement le côté d’un sein écrasé, là où la peau est la plus sensible. Simone frémit à ce contact, mais c’est parce que ça la chatouille…


  • — Petit salaud, dit-elle, si je m’attendais ce matin à ce que…
  • — Et moi donc, petite garce, quand je t’ai téléphoné et que j’ai…

Ils se disent des gros mots mais qui sont des petits mots d’affection, de complicité. Oh, il sait bien qu’il ne sera pas fier d’avoir trompé Denise, mais il se dira qu’avec son ex-femme ce n’est pas aussi grave que s’il avait dragué n’importe quelle autre femme, et il s’absoudra ainsi facilement. Quant à Simone, elle se dit sans doute qu’elle a enfin pu prendre sa revanche sur celle qui lui avait pris son mari et que ce n’est que justice. Qu’importe après tout, pour l’instant ils ne pensent à rien d’autre qu’au plaisir qu’ils viennent de se donner…


Paul s’est retiré de Simone et elle s’est remise sur le dos ; il est couché sur elle, leurs jambes sont entremêlées et ils s’embrassent ; leurs lèvres ont le goût du sexe, les saveurs de l’un et de l’autre…


Ils savent déjà qu’il y aura d’autres coups de téléphone et que Paul ne devra plus demander à Simone de ne pas mettre de culotte, que Simone laissera la porte entrouverte pour que Paul puisse monter directement à la chambre et la trouver couchée sur le ventre, offerte, ou qu’il lui demandera de l’accueillir avec sa robe gris-bleu, la « robe de l’adultère » qui lui va si bien. Ils savent déjà qu’ils mélangeront encore leurs saveurs quand elle l’aura pris en bouche et qu’il l’aura léchée entre les jambes et les fesses, et que leurs salives ne feront plus qu’une… Ils feront comme avant, son orgasme à elle dans la position du missionnaire et le sien en levrette dans son fourreau étroit, et il perdra rapidement son sentiment de culpabilité tandis qu’elle oubliera tout aussi vite sa notion de revanche…


Ça a duré deux ans, puis un jour Paul et Denise se sont trouvés à une fête de famille où Simone se trouvait aussi, et elles se sont embrassées et réconciliées. Quand, une dizaine de jours plus tard, Paul a téléphoné à Simone pour la voir, elle lui a répondu :


  • — Écoute, Paul, maintenant que Denise et moi avons fait la paix, je ne tiens pas à la cocufier avec toi, tu comprends…
  • — Oh, tu sais, je m’en doutais un peu, je te connais suffisamment pour savoir d’avance ce que tu allais répondre, mais j’ai quand même…
  • — Paul, écoute, je propose que tu viennes me voir maintenant, mais ce sera la dernière fois, en souvenir de tous les bons moments que nous avons passés ensemble. Après, nous nous verrons encore, c’est évident, mais alors j’aurai toujours une culotte…
  • — Ok, j’arrive…

Paul est allé chez Simone et ils sont restés quatre heures au lit. Il a exploré les moindres recoins de son corps, il a humé la moindre parcelle de sa peau, pour faire provision de souvenirs. Elle s’est donnée à lui avec toute la fougue dont elle était capable, s’enivrant aussi des saveurs de son corps, et ce jour-là leurs esprits ont fait l’amour autant que leurs corps…



oOo



Paul émergea lentement de ses souvenirs…


Simone et lui avaient continué à se voir, mais chastement, sans qu’il soit plus jamais question de sexe entre eux. Il avait un double de ses clés, il s’occupait du chat et des poissons rouges quand elle était en vacances ; il faisait des courses pour elle, ce qui était lourd ou encombrant. Denise et elle étaient devenues des amies et Simone passait souvent lui dire bonjour, etc. Denise n’avait jamais rien su de leurs incartades et ça faisait bien longtemps que lui-même n’y avait plus pensé. Il avait fallu cette petite jeune fille et sa jupe qui laissait deviner ses hanches pour réveiller en lui ces agréables souvenirs…


Il était seul maintenant, Denise et Simone étaient décédées depuis quelques années alors qu’elles ne faisaient pas d’excès, et lui qui n’avait jamais rien fait d’autre était toujours là, avec ses souvenirs…


Paul ferma les yeux et sa tête s’abaissa sur sa poitrine… et ses souvenirs s’envolèrent pour toujours…



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